Charleville-Mézières : un questionnaire pour rencontrer la population

L’accueil est toujours sympathique devant les portes de l’hôpital Manchester, mais ce mardi il l’était encore plus que d’habitude : ce n’était pas un tract que les membres du comité distribuaient, mais un questionnaire et les personnes qui se rendaient à l’hôpital ou en sortaient étaient particulièrement contentes qu’on leur demande leur avis, pas sur l’hôpital d’ailleurs mais sur le système de santé en général, avec trois questions préalables pour les plus pressés :
– Avez vous des difficultés, vous ou quelqu’un de votre famille pour trouver un médecin traitant ? Quasiment tout le monde a répondu au moins positivement par rapport à un membre de sa famille
– Avez vous des difficultés pour avoir un rendez-vous chez un spécialiste ? La réponse est unanime : oui !
– Avez vous déjà payé des dépassements d’honoraires ? De nombreux oui, ciblant tout particulièrement la clinique de Bézannes.
L’adjoint au maire d’une commune du plateau a pris des questionnaires pour sa commune.
Fort de cette première expérience très concluante, le comité va continuer à diffuser ce questionnaire.

Le questionnaire

 

 

Communiqué : Non aux franchises médicales, à leur doublement !

Le communiqué en pdf

Non aux franchises médicales, à leur doublement !

Pas encore de ministre spécifiquement en charge de la santé dans le monstre ministériel de C. Vautrin, alliant santé et travail mais déjà un signal fort d’allégeance à Bercy, à la réduction des dépenses publiques de santé.

Après les annonces trompeuses du premier ministre à Dijon, recyclant des milliards pour la santé, déjà prévus dans la loi de programmation annuelle, c’est conjointement que le ministère des finances et celui de la santé, du travail et des solidarités ont annoncé ce lundi 22 janvier la mise en place du doublement des franchises médicales pour fin mars.

Comment concevoir que l’on demande 50 centimes en plus par boite de médicament au malade alors que les laboratoires pharmaceutiques arrosent leurs actionnaires, sans même assurer l’approvisionnement des médicaments indispensables les moins rentables ? Le gouvernement ferait mieux de reprendre le contrôle de la recherche et de la production, en allant vers un pôle public du médicament.

Comment accepter de payer un euro de plus les analyses médicales et les radios, alors que la finance gangrène ces secteurs à tel point que l’académie de médecine soulève des questions éthiques.

Et la franchise serait de 4 euros pour un transport sanitaire, alors que l’incurie des politiques gouvernementales entraîne des fermetures de services de proximité, éloigne la population des lieux de soins.

Tandis que les inégalités sociales de santé s’aggravent dans notre pays, il s’agit d’une mesure qui, comme tout forfait, pénaliserait davantage celles et ceux qui ont le moins, les étudiants, les précaires, les retraités à faible revenu. En freinant l’accès aux soins, elle laisse la maladie s’aggraver, un risque inacceptable humainement et source de dépenses supplémentaires.

Elle confirme la volonté gouvernementale de changer les principes de la protection sociale en France, d’oublier la devise de la Sécurité Sociale où chacun cotise selon ses revenus et reçoit selon ses besoins, pour aller vers une société du chacun pour soi, faisant fi de la solidarité, indissociablement liée à la liberté, à l’égalité, à la fraternité, la devise de notre République.

La Coordination Nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité s’oppose aux franchises médicales et à tous les restes à charge. Elle appelle le gouvernement à revenir sur cette mesure inique.

BERNAY – PLFSS 2024

 

La casse continue, on peut même dire qu’elle s’accélère laissant à penser que ce gouvernement met un point d’honneur à achever le démantèlement d’un service public de santé qui ne répond déjà plus aux besoins de la population.

Comment peut il prétendre comprendre et vouloir améliorer la situation actuelle en poursuivant impunément les fermetures de services et en imposant via un énième 49.3 une économie de 2 milliards d’euros dans la loi de financement de la sécurité sociale.

Il reste peu de maternités à fermer, ce sont donc des services d’urgences, des SMUR, des services de chirurgie, de médecine qui sont actuellement visés.

Notre association affiliée à la Coordination Nationale de Défense des Hôpitaux de Proximité affirme sa résistance à ce rouleau compresseur qui broie l’espoir de l’égalité des chances pour chaque citoyen à se faire soigner sereinement et durablement.

Sachez que même l’accès au service des urgences va être réglementé et que vous ne pourrez plus vous y rendre spontanément et sans en informer le 15.

Sachez que le SMUR n’est plus assuré quotidiennement avec la présence d’un médecin, d’un ou une infirmier(e)et d’un ou une ambulancier(e), seul équipage qui puisse assurer la sécurité du patient.

Sachez que le service de chirurgie traditionnelle est toujours menacé malgré des démentis de directeurs ou de politiques qui ne jouent pas carte sur table avec les usagers au prétexte de ne pas les affoler.

Sachez que les effectifs qui pour faire des économies peuvent être revus encore à la baisse ne peuvent plus permettre des soins de qualité.

 

C’est pourquoi nous devons réagir face à ce massacre.

Manifestons notre mécontentement, voire notre dégout face à cette politique méprisante et insultante pour des concitoyens dépossédés d’un système de santé correspondant à leurs besoins .