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Témoignage
Béziers, 16 Oct. « L’hôpital est assiégé par une population venue du monde entier. Nous devons supprimer l’AME ». Éric Zemmour.
Et Philippe Le Conte, médecin au CHU de Nantes, de lui répondre:
« Salut Eric,
Demain, à 00h, j’en serai à 64h de travail en une semaine en tant que senior aux urgences pédiatriques. Des urgences qui débordent, des urgences qui ont parfois l’air assiégé, des urgences où l’on se sent assiégé, nous, médecins, infirmières, aides-soignantes
Mais, ah…tu sais quoi Eric ? Y’a personne de bénéficiaire de l’AME qui assiège mon hôpital, ou bien c’est le siège le plus light de l’histoire des sièges.
Des personnes en situation irrégulière avec des enfants en situation irrégulière, j’en ai parfois, et c’est rare franchement.
D’ailleurs, tu sais Eric, la vérité, c’est que l’AME coûte environ 1 milliard…sur un budget de 200 milliards au total pour la Sécu, ce système que toi et tes copains politiques vous vous entêtez depuis des années à faire croire aux gens qu’il devrait générer des bénéfice et non un « trou », un système dont l’idée est d’être une solidarité qui ferait des bénéfices. C’est comme si demain, les restos du cœurs investissaient en Bourse.
Mais ça, Eric, t’en as rien à foutre, tu n’as jamais bossé dans un hôpital. Tu n’as jamais eu le salaire de misère d’une aide-soignante pour se casser le dos pour garder la dignité d’un malade.
Les malades pris en charge par l’AME, tu t’en fous encore plus, d’ailleurs on t’a jamais vu soigner une Tuberculose, qui pourrait faire des ravages en France si on ne prenait pas en charge ces gens qui vivent, quasi-toujours, dans des conditions que même un chien ne voudrait pas, qui sont employés au black sur des chantiers ou dans des restos, mais là, ça va, c’est cool.
J’ai déjà soigné des gens qui avaient l’AME, Eric. Pendant mon externat, en maladie infectieuse, des gens qui avaient fui et s’étaient réfugiés en France pour échapper à la mort, au viol, à la torture, à la mutilation, à la misère…
Ces gens que tu jettes en pâture aux autres citoyens que tu abuses.
J’en ai soigné aussi quelques-uns des gosses qui bénéficiaient de l’AME, dont l’un s’était enfoncé un clou dans le pied et que j’ai vacciné au passage parce qu’il avait fui son pays sans rien.
Et si demain j’ai d’autres patients qui viennent devant moi et qui ont besoin de soins en urgences, je les soignerais, même si on me l’interdit.
Et je t’emmerde, Eric.
Ce qui assiège vraiment l’hôpital aujourd’hui, c’est vous.
Les politiques, les financiers qui pensent que l’on peut monnayer une vie humaine, que l’on peut décider de laisser crever des gens sur notre sol parce qu’ils n’ont pas un bout de papier pour ça quand vous balancez des milliards d’euros pour de l’évasion fiscale (#PandoraPapers #PanamaPapers) ou des millions d’euros pour des campagnes électorales…
Ce qui assiège l’hôpital, c’est le manque de moyens, le manque de lits, les salaires de merde, le manque de personnel, les heures interminables, le manque de prévention, le manque de pédagogie médicale au grand public, le manque de médecins formés, le manque de considération d’une classe politique qui s’en bat les couilles dès qu’ils ne risquent pas leur vie ou leur mandat.
Certainement pas les quelques pauvres femmes, hommes et enfants que l’AME permet de soigner comme des êtres humains et de ne pas les laisser comme des chiens dans un caniveau.
Je fais pas de politique, Eric.
Mais toi alors, fais pas de médical, parce que t’es pas médecin.
Et fais pas d’humanité, parce que tu sais pas ce que c’est. »
Communiqué. Santé : des décrets estivaux mortifères
Santé : des décrets estivaux mortifères
Faisant fi des protestations face aux rumeurs de nouveaux restes à charge pour les malades, le gouvernement agit par décrets.
Hypocritement, il ne touche pas aux franchises comme il s’y était engagé, mais en augmente le plafond : ce sont les plus malades qui vont devoir financer le « trou » de la sécu, ceux qui ont besoin de plusieurs médicaments, de consulter souvent, alors que le prétendu déficit de la sécu n’est du qu’à un manque de recettes. Comble de l’hypocrisie, la ministre de la santé explique que les « plus fragiles », parlant, entre autre, des bénéficiaires de la CMU, sont exonérés des franchises. C’est une très mauvaise excuse, c’est le genre de mesures qui reposent sur des seuils, qui fragmentent notre société ! Une vraie bonne mesure serait de supprimer les franchises !
Il s’agit également de toute une série de transferts de l’Assurance Maladie vers les complémentaires en baissant les taux de remboursements pour des médicaments, les dispositifs médicaux, les transports sanitaires, les soins dentaires. C’est une véritable destruction de la Sécurité Sociale, de ses principes solidaires.
C’est aussi par un décret, lui déjà publié au Journal Officiel du 23 juillet, que le gouvernement met fin au débat lancé par le Premier ministre à l’automne dernier sur une réforme des Agences Régionales de Santé (ARS). Et c’est pour renforcer le caractère antidémocratique de ces agences, leur imposer un contrôle par les préfets sous prétexte d’en rapprocher les décisions des territoires, mais en ignorant la population et ses élu.es !
Moins de démocratie pour faciliter la réduction des dépenses publiques de santé, pour accroître les réductions sanitaires et favoriser la privatisation et la financiarisation de la santé et de la protection sociale, ça suffit !
La Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité rappelle son attachement au service public, son exigence de démocratie en santé sur laquelle elle vient de publier ses propositions et sa volonté d’aller vers un remboursement à 100% des soins et de la prévention par la Sécurité Sociale.
Elle s’engage, avec ses comités, dans une grande campagne de proximité pour que la Sécurité Sociale réponde aux besoins de la population avec un temps fort dès que le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2027 sera connu, en octobre. Les cotisations sociales ne sont pas des charges, mais une richesse créée par les travailleur.ses, au service d’une société solidaire pour financer nos hôpitaux, faire de la prévention, rembourser les soins … Il est insupportable d’entendre que notre pays n’a pas les moyens d’augmenter les recettes de la Sécurité Sociale alors qu’il y a plus de 80 milliards d’exonérations de cotisations sociales : il est possible d’aller vers leur suppression en commençant par celles qui ne servent qu’à alimenter les dividendes ! Mobilisons nous !
Saint Affrique : le manifeste invité au dernier COPIL !
Depuis l’éviction du comité local des instances de représentations, la riposte n’a cessé, avec le soutien des élus, des soignants, de la majorité des habitants.
Le premier Conseil de Surveillance prévu sans la délégation du Manifeste a été suspendu par le Président. Un rassemblement étant prévu devant le Comité de Pilotage (COPIL) le 15 juillet, l’ARS a pris l’engagement d’inviter immédiatement notre comité aux CS et au COPIL du projet hospitalier. Ce fut fait.
Deux représentants du Manifeste ont été invités à la restitution du dernier comité de pilotage du projet d’hôpital commun sud-Aveyron. Le Manifeste s’interroge sur la dette des deux hôpitaux de Millau et de St Affrique, passée de 20 M€ à 65 M€ en trois ans.
Le Manifeste est satisfait que l’on en revienne à trois pôles. La bonne nouvelle du COPIL est l’attribution de 20 à 30 M€ pour la rénovation des deux hôpitaux existants pour les services qui y resteront (A St Affrique, médecine, gériatrie, bloc, SMUR et service d’urgence)
Par contre l’inquiétude est forte de voir partir la maternité de St Affrique quand l’hôpital commun sera en fonction.
Le Manifeste dénonce aussi la fusion des laboratoires, des pharmacies, les difficultés informatiques … et reste vigilant ! Il a écrit une lettre de deux pages à la directrice de l’ARS de l’Aveyron et sollicite une entrevue.
Concarneau : fermeture de lits cet été
Communiqué du comité
« Le comité de défense de l’hôpital de Concarneau a appris par la presse la fermeture de 18 lits de médecine polyvalente sur le site de Concarneau du 6 juillet au 23 août, ainsi que 4 sur Quimper.
Les fermetures de lits se multiplient un peu partout en France au moment où le pays connaît une canicule entraînant souvent des besoins d’hospitalisation notamment chez les personnes âgées.
Nos hôpitaux fonctionnent à flux tendu depuis longtemps et le CHIC n’échappe pas à ce phénomène : manque de médecins, personnels épuisés… dans ce contexte, tout événement surajouté devient un drame.
Entre la canicule et l’arrivée des vacanciers, la fermeture de lits aura un impact sur les besoins de soin de la population.
Le comité de défense de l’hôpital demande qu’une information officielle soit faite en direction de la population pour organiser au mieux les possibilités de prise en charge sur le territoire pendant la période concernée. »
