Vire : Lettre ouverte à l’ARS de Normandie

Madame la directrice de l’Agence Régionale de Santé de Normandie

Depuis des années, les professionnels et usagers de la santé alertent sur les conditions de travail et
conditions d’accueil des patients. Le seul argument officiel avancé repose sur l’endettement.

Cette priorité donnée à l’aspect comptable se fait au détriment de l’organisation du service public de
soins. Toute personne doit continuer à être soignée selon ses besoins et non selon ses moyens.

Le regroupement des services sur le pôle central de Flers, couvrant le large territoire de Flers, Vire
et la Ferté Macé, avec un seul directeur, est lourd de conséquences. La nouvelle organisation des
services hospitaliers met d’une part les patients et les familles sur les routes, et d’autre part les
soignants sous tension (au niveau national, 50 % des services d’urgence sont en grève depuis trois
mois).
Les conditions détestables de travail des personnels remettent en cause leurs missions. Le récent
drame subi par la communauté des soignants de l’hôpital Jacques Monod à Flers illustre cette
situation intenable.

Nous demandons :
– L’arrêt des fermetures de lits et de services
– L’embauche de personnels
– La revalorisation pérenne des professions hospitalières. Les difficultés de recrutement sont, trop souvent, liées aux conditions de travail et à la rémunération,    la plus faible des pays de l’OCDE pour les personnels infirmiers.
– Un rendez-vous pour aborder les difficultés spécifiques du GHT.

Pour le Comité
Le bureau
Lionel Fize
Alain Legrain
Françoise Leprince
Rosine Leverrier
Copies au directeur du GHT, aux présidents des conseils de surveillance, aux représentants des
usagers et à la presse

La lettre

Sisteron : la mobilisation ne faiblit pas !

10 rassemblements et toujours autant de monde ! La mobilisation ne faiblit pas !

Lundi 2 septembre, a été organisée une nouvelle mobilisation qui cristallise la colère d’avoir un système de santé à deux vitesses (selon qu’on habite en ville ou dans un territoire rural) et cristallise également toute la détermination des participants.

Les citoyens ont défilé dans les rues de Sisteron où s’alternaient musiques engagées et interventions expliquant la situation à l’ensemble de la population. Des personnes à leur fenêtre sont également descendues pour rejoindre le défilé. Ensuite, tout le monde s’est réuni sur la place de la Mairie pour une assemblée citoyenne où chacun a pu revenir sur l’importance d’avoir un service d’urgences la nuit « de qualité et sans bricolage » avec le récit de quelques anecdotes.

A noter la présence d’un nombre de maires de petites communes plus important que d’habitude (certains avaient mis leur écharpe tricolore d’autres non). A noter également un renouvellement assez important des participants par rapport à lundi dernier. Ce qui fait entre 2000 et 2500 personnes qui ont participé aux différents rassemblements depuis début juillet.

Tout cela est très positif, mais devant le silence assourdissant de l’ARS PACA et des Préfets du 04 et du 05, nous venons de leur renvoyer un courrier ce jour pour leur rappeler leur responsabilité, et la nécessité de se rencontrer très rapidement tous ensemble afin que chacun évite de se renvoyer la balle mais surtout trouver des solutions rapides et satisfaisantes !

Nous devons continuer de faire grimper la pression !

C’est pourquoi il a été décidé la tenue d’une 11ème mobilisation avec quelques nouveautés pour continuer à renforcer la dynamique comme l’intensité du mouvement citoyen et obtenir l’ouverture des urgences 24h/24, 7 jours/7 et de qualité !

Ainsi, il est prévu pour lundi 9 septembre, un défilé où il est demandé aux participants de venir en tenue d’accidentés symbolisant toutes les situations qui peuvent arriver à la population quand les urgences sont fermées.

Ensuite, il est prévu une nuit blanche devant les urgences, avec des tentes et un service  d’urgences de nuit fictif assuré par les citoyens toute la nuit (là où les vraies urgences sont fermées).

>> Cliquer sur le lien pour voir l’article d’HPI (Haute Provence Info) : http://www.hauteprovenceinfo.com/article-27393-les-urgences-une-question-de-survie-pour-les-elus.html


>> Cliquer sur le lien pour visionner la belle intervention du Secrétaire Général de l’UD CGT 04 le lundi 2 septembre appelant à renforcer la mobilisation : https://youtu.be/2c5ba5CLFFw

>> Cliquer sur le lien pour visionner l’intervention du Coordinateur Régional CGT Santé PACA du lundi 2 septembre appelant à monter en puissance face à tant de mépris (avec la musique de « J’accuse » de Damien Saez et des photos de la mobilisation)  : https://youtu.be/fy_Gs5rrGRY

Communiqué de la Coordination Nationale du 5 Septembre : Soutien des usagers aux mobilisations hospitalières

Les uns après les autres, les services d’urgence se mettent en grève, n’en pouvant plus de parquer les malades sur des brancards, de ne plus faire leur boulot de soignants, prendre soin : le mouvement a traversé l’été en s’amplifiant avec 237 services en grève au 2 septembre.

Les causes sont multiples, avec trois principales, la désertification médicale multipliant le recours aux urgences faute d’autres possibilités, la suppression massive de lits dans les hôpitaux faisant des urgences un goulot d’étranglement et la fuite des personnels malmenés, mal considérés.

La désertification médicale ne se réglera pas d’un coup de baguette magique, d’autant plus que la ministre se refuse aux vraies solutions, le développement notamment d’un service public, l’obligation à servir des jeunes médecins.

Alors il faut se donner les moyens d’une prise en charge humaine de ceux qui n’ont que les urgences comme recours !

Le mouvement des urgences n’est que la traduction du malaise d’un hôpital public mis à mal par la politique nationale de santé en vigueur.

La Coordination Nationale des Comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, représentante d’usagers, lieu de convergences entre usagers, personnels et élus, apporte son soutien à toutes les luttes, aux revendications des personnels : l’arrêt des fermetures de lits, de services et des réouvertures, des créations de postes, une vraie revalorisation des métiers hospitaliers.

Elle apporte son soutien au collectif inter urgences qui tient son assemblée générale le 10 septembre. Elle rappelle que les convergences sont nécessaires avec les médecins hospitaliers, avec l’ensemble des personnels hospitaliers et avec les usagers, ceux pour qui fonctionnent les services d’urgence et les hôpitaux et qui leur donnent leur raison d’être. Les usagers ont besoin de proximité, gage de sécurité : c’est aux professionnels à les orienter, si besoin, vers des soins plus spécialisés.

Elle appelle ses comités, ses militants, la population, à participer aux mobilisations organisées par la CGT santé et action sociale le 11 septembre et à se mobiliser plus que jamais pour défendre hôpitaux, maternités et, d’une façon générale, l’accès aux soins pour toutes et tous.

Elle met en garde la ministre : remplacer le goulot d’étranglement à la sortie des urgences par une restriction à l’entrée serait gravissime pour la santé de la population. Quant à la proposition d’accès direct à des services, elle nous paraît du pur effet d’annonce : cela ne créera pas les lits après lesquels les services d’urgence courent !

Elle va lancer dans les jours et les semaines à venir une grande campagne pour que l’hôpital public ait les moyens dont il a besoin.

Le communiqué