Communiqué de la Coordination Nationale du 5 Novembre 2020 : Une indécente colère d’O. Véran

Communiqué de la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité

 

Lure le 5 novembre 2020

 UNE INDÉCENTE COLÈRE d’O. VÉRAN !

Si le Covid a mis à bas la culture dans le pays, nous avons pu assister, mercredi dans l’hémicycle, à un spectacle inédit : le Ministre de la santé dans la grande tirade de la colère divine.

Quelle indécence, Monsieur le Ministre : oser utiliser deux patients atteints du Covid pour tenter de rendre coupables des parlementaires qui, pour certains d’entre eux, bataillent depuis des mois, voire des années pour exiger des moyens pour la santé et notamment pour les hôpitaux, à grand renfort de questions, d’amendements, de projets de loi, tous rejetés.

Quelle honte, Monsieur le Ministre de donner des leçons alors que les hôpitaux n’ont jamais autant manqué de personnels.

Quel manque de courage de vouloir déplacer les responsabilités alors que, sous votre ministère, plus d’un millier de lits ont encore fermé ces derniers mois et que d’autres fermetures sont programmées à Caen, Orléans, Nancy, Nantes ou Paris…

Vous nous dites avoir créé des lits, des places de réanimation mais il n’y a pas de personnels pour les rendre opérationnels ; la situation des hôpitaux s’est tellement dégradée que les médecins, les infirmier-e-s, les aides soignant-e-s ne veulent plus venir y travailler.

Le gouvernement doit être garant de l’accès à la prévention et aux soins sur tout le territoire pour toute la population ; il faut de toute urgence prendre les mesures qui s’imposent pour tenter d’enrayer la catastrophe sanitaire en cours :

  • Politique efficace de tests pour isoler rapidement les personnes positives.
  • Gratuité des masques.
  • Moyens aux hôpitaux et aux établissements médico-sociaux : embaucher maintenant, massivement et de façon pérenne des secrétaires, des agents administratifs de terrain, des brancardiers, des agents de nettoyage et de désinfection … etc … pour permettre aux soignants de se concentrer exclusivement sur leur cœur de métier : le soin.
  • Démocratie en santé : l’état d’urgence la rend plus indispensable, car elle est la condition de l’efficacité des politiques.

Le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale 2021 ne répond pas aux besoins pour rouvrir des lits, créer des postes dans les hôpitaux, les EHPAD, assumer véritablement la perte d’autonomie, préférant taxer la population avec un forfait urgence. Il faut ouvrir massivement les formations de soignants et en assurer la juste répartition sur l’ensemble du territoire pour un véritable accès aux soins de toutes et tous partout.

Le communiqué

L’association ADEMAT organise une visioconférence sur le bon usage du contrat local de santé

Invitation Rencontre/Débat :
Le bon usage du Contrat Local de Santé

visioconférence, ouverte à tous,
Vendredi 13 novembre de 20 h 30 à 22h30
Accueil-réglage connexion à partir de 20H

 

Un contrat local de Santé pourquoi ? Pour qui ? Quelle valeur ajoutée pour notre territoire local ?

L’association Ademat-h a contribué depuis 5 ans au maintien de la maternité et de l’hôpital de Remiremont. La pandémie actuelle a démontré combien nous avons eu raison de mener ce combat. Il nous faut aller plus loin.

L’Ademat-h a souhaité faire de la bonne santé de tous, de l’accès aux soins et à la prévention, une priorité majeure de nos vallées de moyenne montagne marquées par une surmortalité plus forte que la moyenne nationale avant 60 ans.

C’est le sens de l’interpellation des élus qui a permis de nombreuses délibérations des communes et un engagement fort du Pôle d’équilibre territorial rural de Remiremont et des vallées il y a quelques jours.

La 2ème vague Covid ne nous permet pas d’organiser normalement notre assemblée générale annuelle. Aussi nous vous proposons une rencontre en visioconférence le vendredi 13 novembre prochain pour dialoguer avec les élus, les techniciens et des bénévoles du Pays « Terres de Lorraine » qui regroupe les communes et communautés de communes du Toulois et du sud Meurthe et Moselle, en proximité de Nancy et du CHU. Le contrat local de santé que ce territoire a construit de manière participative a permis de coordonner les acteurs de la santé et de développer des actions qui ont renforcé la prévention, l’éducation et les soins tout en renforçant les établissements de santé du territoire dont l’hôpital et la maternité de Toul.

Au moment de s’engager ici dans la construction d’un tel contrat, il est important d’en comprendre les enjeux et de s’informer sur les manières de faire et de construire une telle démarche qui modifie les rapports entre personnels de santé, élus, habitants, usagers et administrations.

L’invitation

Montreuil : Lettre du comité de défense du CHI A. Grégoire

Lettre du Comité de défense du CHI A. Grégoire n° 1

En cette période d’état d’urgence casi-permanent et de deuxième confinement, l’information pour nourrir la réflexion personnelle est vitale !

Nous vous proposons de vous soumettre le suivi de la pandémie dans notre hôpital à Montreuil ; nous le ferons autant que possible. En retour, n’hésitez pas de nous poser des questions : beaucoup de choses circulent sur les réseaux sociaux, souvent alarmistes, contradictoires : pas facile de se faire son opinion (sans compter les « médias voix de son maître » !). Nous restons modestes ; nous ferons avec nos moyens très limités. En retour, nous ne perdons pas de vue que ce deuxième confinement a été imposé par un situation généralisée de manque de volonté politique à anticiper et mettre en place les moyens dont ont besoin les hôpitaux publics pour faire face à l’ENSEMBLE DE LEURS MISSION DE SOINS.

Situation sanitaire au 29 octobre 2020

  • 3 à 5 entrées COVID par jour ;
  • Les sorties sont supérieures aux entrées ; en moyenne un décès par jour
  • Entre 50 à 60 hospitalisations de malades COVID
  • Les 12 lits de réanimations sont occupés (sur 12 lits installés)

En ce début de semaine, le CHI est confronté à l’obligation de prendre des mesures exceptionnelles pour accueillir les malades COVID et continuer autant que possible à prendre en charge les autres pathologies…

L’objectif, dans un premier temps, est d’ouvrir 15 lits Réa, avec la difficulté majeure, de trouver des personnels disponibles et compétents ; dans la suite logique de la première vague du printemps, le personnel est épuisé, démotivé et beaucoup manque à l’appel !

Les soignant-e-s en formation vont être appelé-e-s…

  • Une mesure simple peut être mise en place sans tarder : soulager les soignant-e-s mobilisé-e-s en Réa et Soins intensifs d’un certain nombre de tâches administratives ou de logistique en EMBAUCHANT !Beaucoup de jeunes sur notre territoire pourraient trouver ainsi un emploi dans l’immédiat, et pourquoi pas trouver ainsi une voie professionnelle au service de l’intérêt général (une formation en alternance peut être mis en place…) Sans compter les personnes en CDD depuis parfois 10 ans !!

 

Mobilisation des élu-e-s dans nos villes

Sur proposition du Comité de défense, les Conseils municipaux  des villes du territoire du CHI ont été invités à voter un vœu de soutien et de demande de moyens supplémentaires. Cela a été le cas à Montreuil , Bagnolet, Romainville, Les lilas. Nous attendons le vote du CM de Noisy Le Sec, et Rosny  dont la file active est la plus importante…Nous ne doutons pas du vote prochain…

Le Comité de Défense apprécie très positivement de ces votes. Il remercie toutes les élues et élus qui ont pris leur responsabilité, tout comme P. Bessac maire de Montreuil et Président du Conseil de Surveillance qui a pris l’initiative en septembre de mobiliser la population avec une pétition…

 

La situation nous impose à ne pas baisser la garde : continuer à faire signer

Avec un tract de rentrée le CD  a pris en charge la pétition : aux journées des Associations, sur les marchés à Montreuil, Bagnolet, Romainville, Noisy le Sec..Plus de 500 signatures ont été récoltées.

Multiplions les appels à signer, notamment par voie électronique

Créer des emplois à Montreuil, comme à Aulnay et Montfermeil est vital pour notre santé et les conditions de travail des personnels…A SUIVRE

 

Proposition de voeu à soumettre aux conseillers municipaux concernés par le CHI A Grégoire – 09 20

Montluçon : Courrier du comité et la réponse de l’ARS

Le courrier à la directrice du centre hospitalier avec copie à l’ARS

Madame la Directrice,

Nous avons entendu ce matin mercredi 28 octobre votre interview sur une radio locale de Montluçon. Parmi les différentes informations que vous livrez, vous indiquez qu’un certain nombre d’agents du Centre Hospitalier ont été testés positifs au coronavirus, et que parmi ceux-là, ceux qui sont a-symptomatiques sont priés de continuer à assurer leur service dans l’Hôpital.

C’est avec stupeur et grande inquiétude que nous avons appris cela.

En effet, parmi les différentes recommandations des Pouvoirs Publics envers la population pour tenter d’enrayer la progression du virus (port du masque, lavage fréquent des mains, distanciation physique), le principe de l’isolement des personnes testées positives au coronavirus est un élément très important. Ainsi, dans les entreprises, dans les Fonctions Publiques (l’Education Nationale par exemple), ces principes sont respectés.

Un Hôpital accueille des personnes fragilisées par des pathologies, dont certaines peuvent être considérées à risque. Mettre ces patients dans une situation de danger avéré, puisqu’on nous a expliqué que les gens testés positifs sont à l’évidence des contaminants potentiels, nous paraît très grave.

Il semble qu’une partie de la population, encore aujourd’hui, n’intègre pas suffisamment l’absolue nécessité de respecter les gestes barrières et les autres mesures de protection. Des efforts de communication doivent être encore déployés pour que tout le monde comprenne qu’il faut se protéger et protéger les autres. Que vont penser les sceptiques en apprenant qu’à l’Hôpital de Montluçon les mesures d’isolement des personnes contaminées n’ont pas cours ?

Lors de votre intervention, vous indiquez que cette situation est le résultat de manque de personnels. Effectivement, des années de suppressions de postes conduisent à cette situation dégradée et il faut d’urgence renforcer les équipes. Mais cela ne signifie pas qu’il faille ignorer les principes de base de protection.

Le CDHP exige, dans l’intérêt des usagers que nous défendons, que les agents contaminés ne soient pas obligés de travailler au Centre Hospitalier pendant la période d’isolement (1 ou 2 semaines, selon ce qui est préconisé par les autorités pour qu’il ne soient plus contaminants).

Espérons que le bon sens et surtout l’esprit de responsabilité l’emporteront dans vos prochaines décisions, dans le cas contraire nous nous réservons la possibilité d’intenter une action judiciaire pour mise en danger de la vie d’autrui!

Dans l’attente d’une réponse, recevez, Madame la Directrice, nos salutations distinguées.

Le courrier

La réponse du directeur de l’unité territoriale de l’Allier de l’ARS

Bonjour Madame,

Mme la Directrice du CH de Montluçon s’est exprimée conformément aux recommandations de bonne gestion de son personnel en cette période de gestion d’une situation sanitaire exceptionnelle.
L’avis du Haut Conseil de la santé publique en date du 23 mai 2020, ci-joint, évoque cette nécessité d’arbitrage au regard de la continuité de service, selon bien évidemment un mode d’intervention adapté.

En voici quelques extraits :
 » avis relatif à la conduite à tenir pour les professionnels intervenant en établissements de santé et en établissements sociaux et médico-sociaux :

Concernant les professionnels asymptomatiques porteurs du SARS-CoV-2, pour déterminer les consignes que ces derniers doivent observer afin de contenir le risque de contamination s’ils sont maintenus en poste :
• La découverte chez un professionnel asymptomatique d’un prélèvement nasopharyngé positif (RT-PCR), à l’occasion d’un dépistage ou d’une enquête autour d’un cas par exemple, doit conduire à une éviction de 7 jour après la PCR (reprise du travail au 8ème jour) et au respect les mesures barrières renforcées pendant les 7 jours suivants, durées portées respectivement à 9 jours (reprise du travail au 10ème jour) et 14 jours en cas d’immunodépression, selon les recommandations du HCSP en vigueur.
• Toutefois, dans le cas où un personnel non remplaçable serait porteur du SARS-CoV-2 et asymptomatique, la possibilité dégradée d’un maintien en poste avec un renforcement des mesures de précaution et d’hygiène est envisageable afin que la balance bénéfice/risque ne soit pas défavorable

A destination des professionnels non-porteurs du SARS-CoV-2 mais en contact avec des personnes porteuses du SARS-CoV-2, pour déterminer les consignes que ces derniers doivent observer :
Le professionnel contact à risque mais maintenu en poste :
o Doit pratiquer une auto-surveillance de ses symptômes et alerter le service de médecine du travail et de maladies infectieuses en cas d’apparition de symptôme évocateur pour la réalisation d’un prélèvement nasopharyngé à la recherche du SARS-CoV-2. Dans l’attente du résultat, il doit être mis en éviction, sauf situation exceptionnelle ;
o Doit bénéficier d’un prélèvement nasopharyngé systématique entre J5 et J7 du dernier contact (et au maximum à 7 jours de la date du premier contact si celui-ci a persisté plusieurs jours), même s’il est asymptomatique, et d’un prélèvement nasopharyngé à la recherche du SARS-CoV-2 avant cette date s’il devient symptomatique ;
o Doit appliquer strictement les mesures d’hygiène et de distanciation physique, en particulier lors des pauses ou de l’utilisation des vestiaires  »

La défense de l’hôpital public est aussi le souci de sa crédibilité dans la continuité des soins exercés pour des patients dont la situation sanitaire le requiert et sa capacité à répondre aux besoins, particulièrement en période exceptionnelle.

En vous remerciant pour votre compréhension et la bonne diffusion de ces messages via votre association dont l’objet est la défense de l’hôpital public.

Cordialement,

Grégory DOLE
Directeur de la Délégation départementale de l’Allier