Actualités

RN Luçon 2008 – ASSEMBLEE GENERALE

Rencontres de la Coordination Nationale
Luçon – Octobre 2008

 

Assemblée générale

 

31 comités présents, 30 excusés + des organisations amies comme les 2 autres Collectifs nationaux, Attac, Cgt, Sud, USP…

 

* Les comptes-rendus sur les ateliers du samedi (Action juridique, Maisons de Santé, Territoires de Santé) seront envoyés à la CN et mis progressivement sur le site.

Le Comité de Thouars a réalisé un diaporama (PowerPoint) sur les Territoires de Santé accessible sur le site et qu’on peut envoyer sur demande.

 

* Retrait de la loi BACHELOT

Rédaction COLLECTIVE d’un communiqué demandant le retrait de la loi BACHELOT. Il est adressé à tous les comités et contacts, et à la presse nationale et aux organisations. Il est sur le site.

Le Comité de Thouars a réalisé un diaporama (PowerPoint) sur la loi, accessible sur le site et qu’on peut envoyer sur demande.

 

* Texte de la mission parlementaire « L’égal accès aux soins de premiers recours  pour tous ». Paru fin septembre 2008.

Il est disponible auprès de vos élus, et c’est bon de les solliciter. Le Comité de Clamecy se charge des contacts avec Christian PAUL et assume la redistribution Contact : <ausshn@orange.fr>.

 

* Problème du CISS : leur président Christian SAOUT appuie la loi BACHELOT et participe à la conférence de presse ministérielle. On croit rêver !

La position de la CN demandant des explications et dénonçant l’usurpation du titre d’usager, sera adressée avec un courrier d’accompagnement à toutes les organisations membres du CISS. Le texte sera accompagné du communiqué de la CN sur la loi BACHELOT. Assuré par le Comité de Thouars.

Texte adressé à tous les comités et mis sur le site.

 

 

* Bilan et poursuite de l’action d’automne

1- pour la poursuite collective de cette action prioritairement avec les 2 autres Collectifs, mais également avec d’autres mouvements ou organisations similaires.

2- Pour une action à prévoir en Région parisienne en janvier plutôt.

3- La forme doit éviter les manifs traditionnelles et prendre plutôt :

– soit une allure festive si possible

– soit s’associer à des initiatives sur les lieux de lutte – Juvisy, Bluets…

– soit privilégier l’action avec les salariés de l’AP-HP et leurs forces syndicales.

4- d’ici là continuer les actions décentralisées jusqu’en janvier.

5- ne pas se dissocier des autres combats : par exemple il faut être très présent le 22 novembre pour la poste, avec du matériel sur la loi BACHELOT (à partir de notre communiqué).

 

* Interpeller les partis politiques et les élus et le Président (sauf le FN)

– en vue du RETRAIT du projet de loi Bachelot (le projet de loi DSU a bien été retiré et son examen repoussé d’un an)

– rencontrer et/ou solliciter les élus (députés et sénateurs) pour demander le retrait du projet de loi

– interpeller le président de la République, à l’image de ce qui se fait dans le tract de Quimper pour le 6 novembre 2008. Texte de Michel sur le site.

 

* Film de Jacques COTTA : possible demande à France 2 avant la diffusion sur la chaîne (prévue en janvier ?), passer par l’adresse de la Coordination nationale qui transmettra à Jacques.

 

* Rencontres à poursuivre : AECR, ALTERNATIFS, ATTAC, CFTC, FNMF, LCR, PCF, Radicaux de Gauche, USP…

Il va falloir se les répartir. Des propositions ultérieures seront faites.

 

* Agrément :

– Représentation  des comités dans les CA des Hôpitaux, des instances sanitaires départementales et régionales : chaque comité qui le souhaite fait la demande.

– Nécessité absolue d’avoir le logo de la CN avec le numéro d’agrément.

Passer par Michel si besoin tampon, logo,  signature, relance…

ATTENTION Problème : malgré les premières informations des Impôts, l’agrément ne donne apparemment pas droit aux reçus fiscaux pour les dons : Cf. BO des Impôts 4H5 1998 n°28 & Réponses HAMMEL AN p.6764 du 26/06/2001.

 

 

* Dossier sur un poste à mi-temps de secrétaire

– Accord unanime pour que Denis METTETAL (Comité de Lure) fasse un dossier préparatoire

– Recherche plutôt d’1 emploi-tremplin

– Problème du siège social de l’association pour l’appui financier régional : Lure ou St Affrique

– Rechercher une part d’autofinancement pour un poste au moins à 110 % du SMIC (ce qui implique une dépense de 230 €/mois pour les charges sociales et de 600 €/an pour des déplacements

– Des investissements (ordi, branchement téléphonique…) sont également à prévoir ; cela supposerait de revoir le montant des cotisations/comité et le fonctionnement de l’association ?

– Il faudra solliciter les Conseils régionaux et généraux (proposition d’obtenir 1000 € par Région et par an) avec une contractualisation nécessairement limitée dans le temps.

 

* Faire mieux et au mieux au niveau national

– Être plus réactif aux sollicitations, donc plus à y répondre

– Fonctionnement plus collégial du CA INDISPENSABLE

– Ouverture du CA : Côme NESTEROWSKI et Roland VACHON.

Acceptation pour des tâches précises d’autres militants pas forcément membres du CA.

Si bonnes volontés, les faire connaître rapidement au Bureau.

– désormais il faut se partager les tâches plus systématiquement, par exemple Dossiers Agrément & Poste de secrétaire pour Lure, Dossier juridique pour Valréas ? à préciser lors du futur CA.

– Site : envois précis, concis, mis en forme, sinon on perd du temps et des informations ; préciser en objet : le comité, s’il s’agit d’une initiative, sa date ou le degré d’urgence…

 

* ATTENTION : Prochain CA uniquement sur la Rencontre de Creil et la Réorganisation du CA le 6 décembre après-midi à Paris.

 

* ATTENTION : Prochaines rencontres à Creil (Oise) les 16 et 17 mai prochains

Accueil Vendredi soir possible

Samedi possible toute la journée

Dimanche matin.

 

Amicalement et solidairement

Le 04/11/2008

Françoise NAY, Yves JARDIN, Michel ANTONY

RN Luçon 2008 – Les maisons médicales : débat

Rencontres de la Coordination Nationale
Luçon – Octobre 2008

 

Atelier 3 – Compte rendu n°2

« Maisons médicales : débat »

 

Avec la participation du docteur Christian BONNAUD du Syndicat de la Médecine Générale.

 

Afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, cela n’a rien à voir avec les maisons de santé qui s’implantent dans différentes régions du territoire, mises en place par des médecins libéraux et qui pourrait faire l’objet d’un autre débat.

On pourrait titrer cet atelier : « Que voulons-nous  comme maisons de santé ? »

 

C’est donc un projet qui pourrait être mis en œuvre dans un contexte évidemment autre que le contexte actuel. Cela pourrait être une maison de santé financée par la Sécurité Sociale, dans laquelle nous trouverions médecins, infirmières, secrétaires… Délégation aux paramédicaux.

Ce projet serait à définir avec les professionnels de santé, et les usagers.
Il s’agit d’adapter l’offre de soins à la population, de lutter contre la désertification et les inégalités d’accès aux soins.

La maison de santé doit être impliquée dans une politique de soins préventive. Avec une permanence de soins 24h/24, 7 jours sur 7. Pas de dépassement d’honoraires. Pas d’avance de frais. Indépendance vis-à-vis des assurances privées, des laboratoires donc des visiteurs médicaux
Pour le fonctionnement  une ligne budgétaire serait financée par les salariés.
Désir de modifier les fondements de la médecine libérale.

Dans cette démarche, il est évident que les praticiens auront besoins d’un hôpital de proximité. Existence de ponts entre l’hôpital et la maison de santé.

Souhait également des médecins de visiter leurs patients à l’hôpital et assurer le suivi à leur sortie.

Ces maisons de santé pourraient être implantées aussi bien en province que dans des centres urbains. L’ensemble des acteurs serait salarié.

Pourrait recevoir des étudiants en médecine

Pour être attractives auprès des professionnels de santé, il est nécessaire pour ces maisons de santé

– qu’il y ait une reconnaissance du professionnalisme

– que les conditions de travail soient décentes

– Que les médecins soient effectivement partie prenante d’un tel fonctionnement.

Pas de subventionnement mais un financement pérenne.

 

Il y a eu des expériences de réseaux de santé qui ont été dévoyés par l’institution.

Aujourd’hui « l’organisation territoriale des médecins et des pharmaciens, c’est le « bordel ». » dixit Christian Bonnaud

Il faut un travail coopératif non hiérarchisé, s’appuyant sur une démocratie locale. Face au développement des maladies chroniques,  seule une médecine pluridisciplinaire peut aider.

En résumé, il faut sortir de libéralisme et donc mettre en place une offre de soins partout et pour tous.

RN Luçon 2008 – Les maisons médicales : présentation

Rencontres de la Coordination Nationale
Luçon – Octobre 2008

 

Atelier 3 – Compte rendu n°1

« Maisons médicales : Présentation »

 

Intervention du Dc BONNAUD médecin généraliste à Pouzauges et membre du syndicat de la médecine générale ( SMG) : Présentation de sa conception de la maison médicale, réflexion menée avec d’autres médecins.

 

Introduction : Un proverbe chinois

«  Si tu veux avancer vite, marche seul.

Si tu veux aller loin, marche en groupe. »

 

La maison de santé :

– un lieu où l’on va soigner toutes les maladies chroniques et évolutives (diabètes, cancers…)

– on n’y fait pas que du curatif – on a aussi une attitude préventive

– on y recherche une réponse médico-sociale (on tient compte de l’environnement géographique et social des patients)

– on y fait un travail coopératif avec un ensemble des professionnels de la santé sans chef et sans hiérarchie. On y travaille en complémentarité, c’est l’affaire de tous.

– Il n’y a pas de dépassement d’honoraires ,on y soigne tout le monde.

– On veut une indépendance totale vis à vis de compagnies privées ( matériel d’informatique de plus en plus proposé) et des laboratoires. On y refuse les visiteurs médicaux sauf s’ils sont formés et pas dépendant d’un labo.

– On est en lien avec l’hôpital de proximité.

 

Objectif : c’est la santé en premier recours

La maison de santé émane d’un ensemble de professionnels de la santé (médecins- infirmières- kinés – dentistes – diététiciennes…) ayant un projet commun et auxquels on associe la population et des promoteurs de santé pour l’information, la sensibilisation.

Les valeurs qui y sont défendues

– lutter contre la désertification

– sauver les professions moribondes intellectuellement

– donner de bonnes conditions de travail ( les médecins ne veulent plus travailler 15h par jour)

– lutter contre les inégalités d’accès aux soins, donc sans dépassements d’honoraires.

– Faire de la prévention.

– Adapter l’offre de soins aux besoins de la population locale

– Pratiquer pour que l’idée de la santé soit : des soins +prévention + éducation avec de la formation + recherche

– Permettre à de jeunes médecins de se former dans ces structures

– Impliquer la population.

Cela passe par une évolution nécessaire.

Le concept de la maison de santé modifie les fondements de la médecine libérale telle qu’elle est le plus souvent pratiquée en ce moment.

Il y a donc pas mal de réticence, d’opposition de la part des conservateurs, des libéraux.

 

Les difficultés

– les élus locaux ont trop souvent l’idée que la santé c’est l’affaire des médecins et de la sécu pourtant ils ont souvent interpellés par les habitants inquiets devant le départ des médecins non remplacés.

– faire admettre l’idée : maison de santé = pôle médical / pôle social donc créer des liens avec les éducateurs , les travailleurs sociaux, avec le plus de concertation possible tout en gardant le secret médical.

 

Qui va financer ?

Les institutions sont-elles conscientes qu’il faut financer les innovations ?

Le paiement à l’acte n’est pas possible puisque les médecins sont salariés. Leurs actes ne pourront pas tout financer. Il faut aussi payer ce qui est en dehors de l’acte médical c’est à dire les autres intervenants.

 

Hôpital de proximité.

Il en faut un, il doit y avoir articulation entre la maison de santé et l’hôpital.

Exemple : l’équipe de la maison de santé entre en lien avec l’hôpital pour assurer au mieux le retour d’un patient à la maison, les séjours à l’hôpital étant de plus en plus courts.

Il faut sortir du libéralisme , et faire pour ce projet soit enfin pérenne ( il faut arrêter les projets à titre expérimental !!)

 

Les enjeux

– mise en place de réseaux de santé : avoir une conception de la santé communautaire centrée sur les patients.

– Ex : un patient diabétique a besoin du médecin mais aussi de l’infirmière, du podologue de la diététicienne du spécialiste.

– Il faut une répartition des tâches entre tous les professionnels  de santé qui interviennent. Tout le monde est responsable.

 

Une nouvelle organisation du mode d’exercice qui doit tenir compte de plusieurs réalités :

– beaucoup de pathologies liées à l’environnement local

– maladies chroniques bien précises

– vieillissement de la population

– le coût des soins….

La maison de santé ne doit pas être financée par des groupes financiers. Elle doit être une coopérative

– où chacun a son rôle (le professionnel et l’usager)

– où l’on reçoit les soins primaires sans faire d’avance de frais

– où l’on doit trouver des locaux de consultation mais aussi des locaux pour débattre, recevoir de l’info.

– où les soignants sont salariés

– où l’on a le souci de former des jeunes.

 

Il faut que la population s’empare de la santé

Ex : La population des agriculteurs peut s’interroger sur le problèmes des cancers de la prostate de plus en plus fréquents liés certainement à l’utilisation intensive des produits de traitement.

Pourquoi ne pas créer des comités de santé comme on crée des comités de quartier ?

 

Débat sur la permanence des soins aux heures suivantes : 20h-minuit , minuit- 8h et le week-end.

Actuellement le système est insatisfaisant.

La maison médicale prend en compte ces besoins en travaillant pourquoi pas avec une autre maison médicale pour assurer ces permanences sans surcharger les médecins.

Il y a eu une discussion autour du vocabulaire «  maison de santé », expression aussi utilisée dans les textes du projet de lois Bachelot pour qui la maison de santé est un local où se retrouvent des médecins libéraux pour pallier au défaut de l’hôpital de proximité ( là où dans le même temps on parle de la suppression des urgences !)

Maison de santé et conseil de l’ordre

Lien difficile car il soutient une médecine productiviste.

 

Conclusion

Maison médicale : un concept où l’on désire remettre du lien social.

L’équipe aura du temps (par exemple)

– pour voir un patient à l’hôpital de proximité et donc de gérer sa sortie.

– Travailler un peu plus sur la reconnaissance de certaines maladies en accidents du travail. En effet pour cela il faut du temps avec le malade et mener une réflexion avec l’entreprise concernée.

– Etre plus disponible aux patients en mettant des horaires de permanence téléphonique

– Travailler sur la mise en place d’ateliers cuisine en lien avec une diététicienne concernant les diabétiques et les obèses …

 

La maison de santé doit offrir un contenu de qualité et donc avoir aussi toujours le souci d’une exigence sur la formation des médecins.

RN Luçon 2008 – Contraintes et limites de la justice administrative

Rencontres de la Coordination Nationale
Luçon – Octobre 2008

 

Atelier 2

Contraintes et limites de la justice administrative

 

Toute personne physique ou morale concernée par une décision peut saisir le juge administratif. Il faut lui adresser une requête en annulation qui a pour objet de démontrer par tous moyens qu’il existe un problème (absence de conformité à la loi, non respect des procédures, erreur manifeste d’appréciation,…)

Le juge administratif se prononce uniquement sur la légalité de la décision. Il n’est pas compétent pour juger de son bien-fondé par rapport à l’intérêt général, aux besoins de la population ou d’un territoire,…

La justice administrative nécessite des délais relativement longs (de 12 à 24 mois).

Il est possible d’obtenir le gel d’une décision administrative (en attente du jugement sur la requête en annulation) en présentant simultanément une requête en référé.

Celle-ci doit démontrer qu’il y a un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée et urgence à empêcher sa mise en application immédiate.

Rien n’est jamais acquis définitivement dans le tribunal administratif, tout peut être remis en cause. Il est possible d’intenter plusieurs actions en annulation à l’encontre d’une décision dès lors que l’on peut faire valoir des arguments nouveaux sur sa « légalité » et/ou plusieurs actions en référé si l’on dispose d’éléments nouveaux sur sa légalité ou sur l’urgence à statuer.

Le juge administratif fonde sa décision sur le respect du Code de la santé publique. Il est donc indispensable de s’y référer pour argumenter.

La spécificité géographique et la règle de la réalité des 45 mn, vues comme une nécessité vitale peuvent constituer un argument (baptisé moyen dans le langage des juges) déterminant. On a intérêt à s’appuyer sur les affaires tranchées, (Lannemezan, Luçon, Lisieux ou Carhaix…) afin d’exploiter les avancées jurisprudentielles.

Sans préjuger du jugement, UNE PRESSION SOCIALE ET MILITANTE IMPORTANTE, peut instaurer un climat d’analyse favorable et obliger à considérer l’importance de l’affaire.

Lorsqu’un patient subit un dommage du fait d’un dysfonctionnement des structures sanitaires (traumatismes, aggravation de son état, séquelles, décès accidentel)  il peut intenter une action devant le tribunal pénal (ou sa famille si décès) pour engager la responsabilité du ou des auteurs du dommage et obtenir éventuelle réparation.

L’action peut se fonder sur la non-assistance à personne en danger, les « coups et blessures » involontaires lors d’un transfert par exemple, la mise en danger de la vie d’autrui…

Toute personne morale ou physique y ayant intérêt peut se porter partie civile pour les mêmes motifs.

Les poursuites peuvent être engagées de façon nominative (contre M. ou Mme Untel) ou contre X. Dans le premier cas, le juge examinera la réalité du dommage et la responsabilité de la personne poursuivie au regard de ses causes. Dans le deuxième cas, il examinera la réalité du dommage, en déterminera les causes et recherchera le ou les responsables.

Lorsque le dommage survient du fait des actes médicaux pratiqués ou omis (responsabilité d’un praticien) LES COMITÉS N’ONT PAS LIEU DE S’IMPLIQUER DANS UN CONFLIT QUI SE RÉVÈLE STRICTEMENT PRIVÉ.

A l’inverse, si le dommage résulte d’un défaut d’organisation du service impliqué (responsabilité du chef de pôle et du directeur de l’hôpital) le comité local de défense des usagers est fondé à se porter partie civile pour obtenir une meilleur organisation du service et une plus grande sécurité pour les usagers qu’il représente.

De la même façon, si le dommage est la conséquence d’une fermeture de service et de l’éloignement résultant de l’offre de soins, le-dit comité est également fondé à se porter partie civile, à engager la responsabilité de ceux qui ont imposé la fermeture et, le cas échéant, à la remettre en cause. Dans certains cas, le fait que les décisions des tribunaux administratifs contestant ces fermetures n’aient pas été respectées ne peut que constituer une circonstance particulièrement aggravante.

 

Tous les comités doivent désormais être vigilants sur les incidents, accidents et décès… qui pourraient survenir sur leur territoire et s’informer le plus précisément possible sur leurs circonstances et leurs conséquences pour que la suite à leur donner soit définie en connaissance de cause et en lien avec la Coordination Nationale.

RN Luçon 2008 – Exposé sur les aspects juridictionnels

Rencontres de la Coordination Nationale
Luçon – Octobre 2008

 

Atelier 1

Exposé sur les aspects juridictionnels

Par Maitre HERMANN – Avocat ayant plaidé pour Lannemezan, Carhaix et Ste-Agrève

 

Le problème est de faire comprendre que le combat est très difficile.

On ne statue pas en équité, on statue en droit.

Il y a deux ordres de juridiction:

– le monde public —–droit administratif

– le monde privé

L’État bénéficie de privilèges posés par la loi de séparation des pouvoirs.

Un acte administratif est immédiatement exécutoire (principe régalien)

Il a un caractère effectif en dépit du recours engagé.

 

Le juge administratif statue en légalité et pas en opportunité. Il ne peut se substituer à l’administration.

Il n’est qu’un arbitre. La réponse est binaire. Soit c’est légal, soit c’est illégal.

Il ne peut statuer « en politique », c’est à dire selon des considérations humanistes, idéologiques…

 

—Il peut juger si la décision est légale ou pas dans la forme.

Qui a pris la décision? Quand? Comment?

Est ce que la règle a été respectée?

 

Sur le fond:

S’il y a erreur de droit, violation de la loi.

Appréciation: erreur sur les éléments factuels qui ont amené le décideur à prendre la décision. L’exception géographique entre dans ce cadre.

 

Le délai d’instruction est de 18 mois à 2 ans.

 

Il existe une passerelle possible : le référé en suspension. C’est une procédure d’urgence, en vue de la suspension des effets de l’acte.

Cette ordonnance de suspension des effets est provisoire.

Quand y a t’il urgence? Il faut démontrer qu’on a un intérêt primordial qui conduit à ce qu’on suspende la décision administrative.

Il faut que le magistrat ait du courage car il est le dernier rempart.

Nous avons un combat entre logique comptable et logique de territoire.

L’exception géographique est une erreur manifeste d’appréciation.

On ne peut mettre une femme enceinte dans un hélicoptère.

On ne peut admettre d’être à plus de 45mn d’une maternité. Cette nécessité vitale prime sur tout le reste.

Il faut lutter contre la désertification médicale au nom du droit et de la légalité.

Il est important de prendre en compte les problèmes de transport.

Aucun hôpital ne respecte les recommandations du CSP (code de la santé publique) à cause notamment du numerus clausus, donc cela ne doit pas être évoqué seulement pour les hôpitaux de proximité.

Nous avons les meilleurs hôpitaux du monde mais seulement sur le papier.

Aucun hôpital ne peut se targuer de respecter les textes et recommandations car on ne trouve plus de médecins : ainsi 35% des postes de radiologues ne sont pas pourvus.

Il y a un déséquilibre réglementaire.

MAIS : la maternité de St-Agrève a dû fermer car il n’y avait pas de radiologue 24h/24 (juge de Lyon)

DONC : la décision dépend du courage du magistrat.

Il faut faire un bilan désavantages/ avantages, une balance entre le CSP et l’intérêt général.

Les juges de Rennes et Pau l’ont mis sur la balance.

A Lannemezan il y a eu exception géographique, idem pour Carhaix d’une certaine manière.

Il y a un problème de partage des compétences entre directeur et président du CA. Il y a souvent de l’hypocrisie chez les directeurs car ils sont notés par l’ARH et la DDASS.

Le directeur de Carhaix va finir à St Laurent du Maroni!

L’administration est pointilleuse et va user de tous les moyens + ou – bons pour arriver à ses fins.

Elle dépend beaucoup des personnalités. Il y a des gens courageux et d’autres moins.

Le problème tient au programme politique et à l’administration véloce avec des personnes zélées.

Il y a un grand travail médiatique d’information à mener par les comités.

Il faut faire très attention à la loi Bachelot; elle amène à la fin des intérêts des citoyens.

 

L’administration et les médias ont fait croire qu’une personne sur deux mourrait à Carhaix. En fait il s’agissait d’une étude faite sur 48 personnes opérées de plus de 95 ans. 24 sont décédées et c’était prévisible et les autres allaient bien. Si on n’avait pas opéré les + de 95 ans ils ne seraient pas morts sur la table mais on n’aurait pas amélioré la vie de ceux qui ont survécu. On ne nous encourage pas à soigner.

 

QUESTIONS/REMARQUES:

 

1- Par exemple un infarctus; si la personne meurt en route, est ce que la famille peut porter plainte?

Me Hermann: Il s’agit là de droit pénal. Il y a non-assistance à personne en danger, mise en danger de la vie d’autrui, coups et séquelles involontaires.

 

2-On manque de médecins dans certaines régions, et on ne peut, pour les inciter à s’y installer, les payer différemment suivant l’endroit où l’on est.

On ne soigne pas avec le code de la santé public. La morbidité et la pénurie médicale s’organisent car on ne recrute pas de personnel médical.

 

3-A Luçon la maternité est fermée. La chirurgie ne se fait plus qu’en ambulatoire. Aiguillon est à plus de 45mn hors saison. Peut-on faire quelque chose?

C’était le CH de Luçon qui était demandeur et maintenant il n’existe plus. Quid au point de vue juridique?

Actuellement, pour un hôpital il y a trois sites: une maternité et 2 CPP, alors qu’il ne peut y avoir qu’un CPP/ site.

Me Hermann: Le service public est étouffé par des règles.

Un service fermé pendant plusieurs semaines ou mois ne peut rouvrir car le personnel est parti.

 

4- Pierre CHEVALLIER (président de CME à Saint-Affrique) a assisté au congrès de la FHF.

On y a parlé de l’intérêt des postes partagés entre CHU et hôpitaux périphériques.

Il y a de plus en plus de possibilités de télémédecine pour la radiologie.

Il faut faire pression sur les élus pour qu’ils demandent que ces 45mn passent en amendement.

Le numérus clausus ayant ré-augmenté, on recommence à envoyer des internes à former dans les hôpitaux périphériques.

 

5-André LACHARD, Valréas: Pour Valréas, le comité de défense a saisi le tribunal administratif. La mairie l’a fait aussi, le CA l’a demandé au directeur. Est-ce que la communauté des communes a intérêt à s’y joindre?

Me Hermann:

Les ARH manient la rumeur, la diffamation, la xénophobie.

Les postes partagés et les rapprochements de CME sont la voie d’avenir.

 

6- Juvisy : A la distance, il faut ajouter les heures d’attente aux urgences.

Me Hermann:

Quand le juge a fait retirer la décision, l’ARH la retire et il faut fonctionner en attendant la nouvelle décision. C’est là qu’est le combat.

Il faut faire pression pour faire diminuer le pouvoir des directeurs.

Il faut maintenir les CA.

 

7-Il faut faire attention au danger de manipulation des chiffres et à l’intox de la population.

 

8-Un médecin: Si on ferme les hôpitaux de proximité la formation universitaire des généralistes va diminuer.

 

9-Comité de RUFFEC: A Ruffec, il y a un poste vacant de chirurgien. Ce poste a été publié au JO. Nous avons eu 5 candidatures. Un candidat a été gardé mais le poste a été gelé par l’ARH sur demande du directeur. Que faire?

Me Hermann: S’il y a politique d’obstruction de l’ARH et de la direction, la CME doit bouger ainsi que le président du CA et le médecin concerné.

Il faut mettre en demeure le directeur.

Il y a obligation de fournir tous les moyens pour la sécurité des patients.

Il y a carences financières, en médecins (suite au numerus clausus) et en infirmières.

Le combat doit être politique, au sens le plus noble du terme. Il y a un travail de relai à faire par les élus qui peuvent demander recours devant le Conseil Constitutionnel.

L’exception géographique élude le problème de la réforme.

 

10- Jean-Claude MARX, comité d’AUCH:

Comment devancer les choses?

Comment jouer notre rôle en amont pour aller à la pêche aux infos?

A l’hôpital d’Auch, 13 postes sont non pourvus.

Pour les AVC: ils sont pris en charge la semaine mais pas les week-ends.

 

11- Comité de CLAMECY: « Monsieur, on a le droit à 4 morts/an » le directeur de l’ARH!!!

Un bébé est mort hier sur le trajet que sa mère a dû faire pour aller accoucher. Le comité peut-il intervenir au pénal?

Me Hermann: Nous sommes dans un État de droit. Nous sommes là dans la conséquence directe dommageable de ces restructurations.

Le problème de la mort de ce bébé est un dossier complexe. Attention à l’émotionnel!

Attention à la justice pénale. C’est une boite de Pandore.

Celui qui peut se plaindre est celui qui subit un préjudice public et certain.

2 possibilités:

-Porter plainte contre X

-Porter plainte avec constitution de partie civile. Si l’affaire est classée, le plaignant peut être accusé de dénonciation calomnieuse et devoir faire 7 ans de prison. Cette procédure est dangereuse.

Le mieux à faire est de jouer médiatiquement et politiquement.

Le juridique n’est qu’un outil.

 

12- Françoise NAY, comité d’Ivry:

Le jugement du tribunal administratif conforte la mobilisation locale.

Attention au pénal: les retombées peuvent se faire sur les professionnels au lieu de l’ARH

Il faut exiger des enquêtes et évaluations de la part du SROS.

Sensibiliser les élus qui ne vont plus être présidents des CA.

Demander le nombre d’accouchements sur les routes.

Me Hermann : Le pénal pour « mise en danger de la vie d’autrui » fait peur aux directeurs.