Marmande : réunion du conseil national de la refondation à Marmande

Hier soir, 3eme et dernière réunion du CNR santé à Villeneuve. 70 présents. Beaucoup d’élus locaux, des personnels de santé, un sénateur et … très peu d’usagers, ni d’association d’usagers. Notre association était en fait la seule représentée.

Notre association a pu développer ses arguments :

Budget indigent et non débattu à l’Assemblee nationale. D’autres choix existent.

Danger des concurrences entre communes, communautés de communes, départements… notre département pauvre risque encore plus de pauvreté si l’équité nationale est rompue.

Conventionnement sélectif provisoire mais indispensable en période de crise

Aides aux installations sans distinction de zone

Centre de santé départemental à remettre sur l’ouvrage

Aide à la formation des jeunes du 47 entrant dans les études médicales

Abandon de parcours sup pour les formations de santé

Prévention renforcée par une véritable médecine scolaire

L’assemblée a été informée de la mise sous protection de l’hôpital de Marmande par notre association et de notre travail décisif pour faire fonctionner le service des urgences et monter une maison médicale de garde. Nous avons aussi soutenu les médecins dans leur revendication d’augmentation de l’acte gelé depuis 9 ans.

Alors que les élus pointaient les pénuries et difficultés de nombreux citoyens à se faire soigner, quelques personnes se félicitaient des dispositifs mis en place sur le territoire tout en soulignant le manque de moyens alloués par l’état. D’autres personnels de santé soulignaient leur désarroi devant les pénuries de personnel entraînant même des maltraitances.

Par absence d’usagers du territoire, difficile de mesurer la pertinence des dispositifs présentés.

En fin de réunion une proposition de mixage médecins libéraux et médecins salariés dans les maisons de santé a émergé. La question d’un financement partiel par les collectivités soulève de nombreux problèmes mais là où ce n’est pas le cas, elle mérite d’être étudiée. Là où c’est le cas, la question de véritables contrats d’engagement réciproque est plus que nécessaire.

On retiendra globalement cette phrase d’élue. « On a fait des brouettes de propositions depuis des années » … sans être écouté ni soutenu comme ces fameux médecins « Buzin » annoncés, jamais arrivés…

On constatera une forme de résignation devant l’inéluctable catastrophe… nous avons dit que l’inéluctable était évitable… en changeant de politique et en donnant les moyens par un autre budget.

La synthèse régionale aura lieu le 16 décembre. Si nous y sommes invités, nous verrons si les propositions faites ont été consignées…

J’avoue que La Défense acharnée du président du Cpts, pharmacien à Casseneuil a beaucoup parasité les débats, comme la présence d’un médecin très accroché à son statut libéral.

Pour le reste, des élus très résignés…

Craon : Audace 53 était présent

AUDACE53 était présent le 10 octobre à Craon, à la restitution des travaux des professionnels de santé et des élus du secteur, sous la présidence d’Emmanuel Macron, assisté de François Braun, ministre de la santé, et de François Bayrou, secrétaire général du CNR.

Une réunion polie et « bonenfant » en l’absence de la presse, dans un secteur où il n’y a pas réellement de problème d\’accès aux soins, au moins pour ce qui concerne les généralistes et les para-médicaux.
Devant une assistance d’une soixantaine de spécialistes du dossier, et une quarantaine d\’invités extérieurs (parlementaires, élus départementaux, directeurs d’hôpitaux, professionnels et représentants de \’ACCDM et d’AUDACE53) le président de la République a écouté le compte-rendu qui lui était fait et a conversé librement avec les participants.
Le représentant d’AUDACE53 est intervenu en fin de discussion pour faire remarquer que la situation apparemment favorable dans le secteur de Craon, n’était pas la même dans le nord-Mayenne. Non pas que les professionnels de santé ne souhaitent pas coopérer ni que les élus ne s’investissent pas, ou moins sur ce dossier, mais simplement parce que le nombre de professionnels de santé, et notamment de médecins généralistes s’amenuise à vue d’oeil.
Mayenne communauté, ce sont 38 000 habitants et 16 généralistes dont 6 de plus de 60 ans et parmi eux, 4 de plus de 65 ans. Ce sont aussi 3 médecins qui vont quitter le secteur dans les mois qui viennent !
Comment va-t-on s\’en sortir ?
Les professionnels de Craon sont satisfaits de voir que le nombre de généralistes progresse (légèrement) dans leur secteur. Mais lorsque la Mayenne a eu en 2020 une balance départs/arrivées de généralistes « excédentaire » de 5, pas une seule installation ne s’est faite au nord de Martigné ! Aux disparités entre départements, il faut aussi prendre en compte les disparités à l’intérieur même des départements.
Quels que soient l’engagement et la qualité des professionnels de santé du secteur de Craon, il serait trop facile de conclure qu’il suffirait de suivre leur exemple pour résoudre les problèmes. Pour que les professionnels de santé se parlent et coopèrent, encore faut-il qu\’il y en ait !
Dans son intervention, le représentant d’AUDACE53 a demandé au président de la République des mesures d\’urgence afin que les citoyens du nord Mayenne voient leur droit à un accès aux soins préservé.
Il a également mis en avant le trop faible recrutement de médecins en formation, malgré l’abandon du Numerus Clausus, et malgré les 15% d’augmentation pour arriver depuis 2021 à 10 000 étudiants acceptés en 2ème année de médecine.
10 000, c’est le nombre que l’on formait chaque année dans les années 70. Depuis, la population s’est accrue de 24% et le nombre de + de 65 ans est passé de 13 à 22% !
On perd chaque année 10 à 11% de médecins généralistes du fait des départs à la retraite. Pour remplacer 1 départ, il faut quasiment 2 installations, tant la composition et le mode de vie des médecins a changé. Comment arriver à inverser la vapeur si on ne recrute pas massivement, pour, au moins dans une dizaine d\’années, revenir à une situation plus acceptable ?
François Bayrou a acquiescé. Le président n’a pas contredit nos propos.
Mais il s’est seulement engagé à venir dans le nord-Mayenne à son prochain voyage dans la région.
Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Elles ne peuvent de toutes façons se substituer à des mesures d’URGENCE que réclame la situation.
Nous l’avons dit au président : il appartient à l’Etat d\’assurer la sécurité et l’accès aux soins de chaque citoyen.