Catégorie : Hôpital
Bulletin Semaines 16-2021
Déclaration du collectif « Hôpital-santé publique-sud Yvelines »
Déclaration du collectif « Hôpital-santé publique-sud Yvelines » lors de la visite de Mme Autain tête de liste FI-PCF à l’élection régionale de la région parisienne devant l’hôpital de Rambouillet
Le 2 avril 2021
Merci de nous avoir invités à cette rencontre.
Vous êtes à l’entrée d’un établissement de santé essentiel pour notre bassin de vie du sud Yvelines.
Comme dans tous les hôpitaux, et malgré les difficultés et les insuffisances de moyens humains et financiers, le personnel est entièrement mobilisé pour faire face à la troisième vague de la Covid qui est très grave. Nous leur rendons un hommage qu’il mérite bien.
Pour faire face à l’épidémie, la déprogrammation massive de soins nous préoccupe beaucoup pour la santé des malades non Covid.
Malgré les conseils des scientifiques, les insuffisances des mesures gouvernementales contre l’épidémie aboutissent à la saturation des hôpitaux mettant les soignants dans une très difficile situation et la vie de nombreux patients en danger.
Les lenteurs de la mise en route de la vaccination, les insuffisances du nombre de doses en rajoutent aux difficultés actuelles.
Le passage dans le domaine public des brevets de ces vaccins permettrait d’accroître rapidement la production mondiale de ceux-ci, ce qui rend très pertinente la campagne européenne de signature pour l’exiger.
Malgré les efforts des équipes, nos hôpitaux publics et le nôtre, manquent de personnels, de lits, d’appareils médicaux modernes et de locaux en bon état.
En ce moment, ici malgré cette situation, un audit décidé par l’ARS est en cours pour réaliser des économies financières en fermant des lits, en réduisant le personnel et pour rechercher des ressources nouvelles en augmentant l’activité par une rotation plus rapide des patients, en faisant appel à des sociétés privées qui feront le malheur de l’hôpital !
Et tout ça dans un contexte où la majorité parlementaire a décidé une réduction des moyens de 800 millions d’€ aux hôpitaux pour l’année 2021 !
On est bien loin du « Quoiqu’il en coûte ou de la santé n’a pas de prix » de M Macron !
Le lendemain de crise à l’hôpital ne peut pas être le statu quo et encore moins le retour à l’état d’avant avec les tableaux Excel comme boussole. Tout appelle à un changement de logique pour l’hôpital public.
Il faut refonder l’hôpital, lui donner les moyens humains financiers et matériels lui permettant de répondre à l’allongement de la durée de vie, à l’augmentation du nombre de patients souffrant de multiples affections, aux risques épidémiologiques qui vont perdurer, aux enjeux climatiques, au travail en réseau avec la médecine de ville….
Dans ce cadre, la région Ile de France, doit s’opposer aux fermetures de lits, de services et d’hôpitaux. Elle doit faire de la refondation de l’hôpital public, une de ses priorités même si ce n’est pas de sa compétence directe. Son poids politique et économique lui permet d’influer sur les décisions de l’Etat et de l’assurance maladie.
Enfin, vous le savez sans doute mais nous sommes dans un territoire marqué par une désertification médicale en cours. A ce titre, il nous semble que la région doit aussi cofinancer la création de centre public de santé de ville avec des médecins salariés qui appliquent le tiers payant.
Forez : commentaires des comités après la visite du Député sur les deux sites du CHF
Le Député J.Borowzyck est venu sur les deux sites Feurs et Montbrison du CHF, le mardi 20 avril.
Le CHF fait ses preuves pendant cette période qui dure maintenant depuis plus d’un an, le personnel s’adapte et se mobilise entièrement pour répondre aux besoins. Les comités remercient encore et soutiennent les soignants pour leur travail et leur dévouement dans cette situation qui perdure. Les soignants ont prouvé leurs capacités à s’investir, à travailler encore davantage dans ce contexte difficile de pandémie.
Aussi, ils souhaitent une concrétisation rapide sur le terrain des propos du directeur du CHF Mr Mackowiak, et du député Mr Borowczyk, avec une titularisation des personnels en situation instable, voire irrégulière et avec un vrai soutien des équipes en place.
Ils apprécient les déclarations de Mr Mackowiak et de Mr Borowczyk dans l’article du Progrès qui a suivi la visite : « Feurs et Montbrison ont un rôle à jouer sur le territoire, il faut avoir un projet et savoir développer leur spécificité et leur zone d’excellence ».
Des propos nouveaux, en accord avec notre mobilisation depuis l’origine de nos associations pour mettre en évidence la place et les besoins des deux établissements sur le territoire et répondre aux besoins de la population (200 000 habitants) de ce même territoire au centre du département ligérien.
Ils se réjouissent de la volonté affichée de développer les sites de Feurs et de Montbrison, et « de travailler ensemble », mais attendent la mise en actes des paroles.
Ils demandent que les usagers soient associés au projet médical, facteur essentiel du développement du CHF.
Par contre, les propos de la publication de Mr le Député sur son compte FB, laissent douter de la suite à donner à ceux de l’article du Progrès.
Est-ce que les projets pour l’Hôpital de Feurs ne concernent que la gériatrie ? quid des services de Médecine polyvalente et cardiologie, du service des urgences à Feurs, et du service de psychiatrie sur le site de Montbrison ?
Ils souhaitent que l’ensemble des propos, fassent émerger un vrai projet médical pour le CHF, ambitieux pour les deux sites pour apporter les réponses aux besoins de la population, la population locale a besoin de son hôpital public de proximité, soutenu par les résultats du Ségur et la mise en œuvre d’ une politique de Santé favorable aux établissements publics hospitaliers.
La crise a montré et montre encore les besoins et l’importance des établissements publics hospitaliers : ils ont besoin de moyens pour assurer leur mission de service public. Or, le CHF vient d’être fortement fragilisé par la perte de l’EHPAD.
La population demande un engagement ferme de défense du service public et un projet médical équilibré et complémentaire sur l’ensemble des deux sites du CHF.
Le CHF n’est pas une annexe du CHU, la population a des besoins et le CHF a des compétences.
Les comités continuent la mobilisation et à tenir informés de leurs actions.
Communiqué de la Coordination : Investissements hospitaliers : une urgence démocratique, une urgence de proximité !
Investissements hospitaliers :
une urgence démocratique, une urgence de proximité !
La mobilisation des personnels hospitaliers et de la population pour l’hôpital public, débutée avant la pandémie de COVID a été telle que le gouvernement a été obligé d’annoncer, outre les bien insuffisantes revalorisations des salaires des personnels, un plan d’investissement que le président de la République et les ministres utilisent pour leur communication personnelle.
Relativisons déjà l’ampleur des annonces globales. Le chiffre qui pourrait paraître énorme de 19 milliards d’euro sur 10 ans représente en fait, de l’ordre de 1% par an des dépenses d’assurance maladie. Et l’absence de clarté globale sur la source des financements ne peut que faire craindre des contreparties désastreuses !
Sur cette somme, 2 milliards seront consacrés à l’investissement dans le numérique. Est ce que cela servira au progrès médical, aidera les personnels ? Ou est ce que cela ne fera que renforcer la surveillance du travail des personnels, le temps qu’ils doivent passer devant l’ordinateur ou la tablette au lieu de le consacrer aux malades et à instaurer la barrière numérique entre patients et soignants ?
Mais la perle reste dans la méthode : alors même que le gouvernement annonce un changement de méthode pour définir les orientations stratégiques en terme d’investissements en santé en mettant en place le conseil national de l’investissement en santé où l’on cherche d’ailleurs la place des citoyens, à part sans doute quelques élus triés sur le volet, les ministres, le Premier Ministre et même le Président de la République se succèdent pour distribuer les millions, à droite et à gauche, à Nancy, Tours, Nantes. Le 14 avril, c’est E. Macron en personne à Reims et le 16 avril, c’est J. Castex à Caen.
Il y a urgence à investir pour l’hôpital public mais il y a urgence aussi à ce que les investissements ne soient pas le fait du prince !
La Coordination Nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité exige un véritable débat démocratique associant usagers, élus et personnels de santé pour un plan d’investissement dans l’hôpital public assurant l’accès aux soins de toutes et tous dans la qualité, ce qui nécessite modernisation et proximité.
Elle souligne également qu’il ne suffit pas d’annuler des suppressions d’emplois. Il faut aussi les pourvoir : cela nécessite une augmentation du nombre de professionnels formés, leur juste répartition sur l’ensemble du territoire et des conditions de travail dignes (salaires et aussi la fin d’une gestion qui ne cherche que la rentabilité au détriment de l’humain) sans lesquelles les personnels sont poussés à la démission, ou, beaucoup plus tragiquement, au suicide.





