La Coordination a été auditionnée par la commission d’enquête parlementaire sur l’accès aux soins

La Coordination a été auditionnée par la commission d’enquête parlementaire sur l’organisation du système de santé et les difficultés d’accès aux soins le 14 mai

La vidéo de la séance du 14 mai

La déclaration prévue (le temps imparti a été plus court qu’annoncé pour laisser la place au débat)

La réponse au questionnaire de la commission d’enquête

Tous les documents de la commission d’enquête sur le site de l’Assemblée Nationale

Ardennes : le CHINA ne veut pas recruter ?

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Le CHINA ne veut pas recruter ?

Un an d’attente pour avoir un rendez-vous de cardiologie … mais l’hôpital se contente de la situation et ne cherche pas à recruter !

Alors que les délais pour avoir un rendez-vous de cardiologie sont de notoriété publique, un article de la presse locale du 6 mai « officialise » le fait, précisément au moment du tour de recrutement de printemps des praticiens hospitaliers. Deux fois par an est en effet publiée la liste des postes vacants de praticiens hospitaliers, permettant aux nouveaux titulaires du concours de praticien hospitalier de postuler sur un poste ou à d’autres de muter.

Pas un poste de cardiologue n’est proposé dans les Ardennes !

Pas plus d’ailleurs dans le nord Ardennes que de postes de chirurgiens, d’anesthésistes (c’est pourtant le manque d’anesthésistes qui a conduit à la fermeture de la maternité de Sedan) de dermatologues, de pneumologues, etc …

Que cherche la direction de l’hôpital ? Fournir une clientèle aux cardiologues libéraux de Reims ? Au détriment de la santé des Ardennais, en pénalisant celles et ceux qui n’ont pas les moyens de payer des dépassements d’honoraires ? Avec le risque d’aggravation des maladies, avec le coût humain et financier qui l’accompagne !

Communiqué : Déserts médicaux : une proposition de loi vidée de son sens !

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Déserts médicaux : une proposition de loi vidée de son sens !

Une nouvelle fois l’intérêt général sacrifié

Ce n’était pas la révolution, simplement la limitation de l’installation des médecins dans les zones les mieux dotées, 12 % du territoire seulement, avec dans chaque département des zones sous dotées. Cédant à la sirène des syndicats médicaux corporatistes, les députés de la majorité présidentielle, de la droite et du rassemblement national, ont voté pour la suppression de cet article lors de la réunion de la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale.

Concernant à peine plus d’un dixième du territoire national, cet article était surtout symbolique : que la liberté d’installation ne s’oppose plus à l’intérêt général, au pacte républicain voulant l’égalité d’accès aux soins pour toutes et tous et dans tous nos territoires

Les opposants à cet embryon de régulation se sont surpassés dans les arguments les plus réactionnaires et les plus contraires à la cohésion nationale, déjà en opposant l’aspiration de la population aux médecins, alors que nombre d’entre eux veulent l’intérêt général, ensuite en manifestant leur mépris pour la médecine salariée, pourtant plus soucieuse du bien commun que de son porte-monnaie.

La commission a aussi supprimée la création d’un  indicateur territorial de l’offre de soins. L’ignorance est certainement meilleure !

Seules ont survécu à la charge réactionnaire l’obligation de participation à la permanence des soins et la proposition d’avoir une première année d’études de médecine dans chaque département, une tentative vers la démocratisation des études à condition que la qualité des enseignements ne soit pas discriminatoire !

La Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de proximité rappelle ses propositions : il est impératif de former plus de médecins, sinon dans dix ans, la situation sera pire et il faut démocratiser les études en salariant les étudiants en échange d’un engagement de service public. Évidemment, la liberté d’installation ne peut s’opposer à l’intérêt général. Les médecins sont d’ailleurs la seule profession de santé pour laquelle il n’existe pas encore de régulation de l’installation. Enfin, il faut en finir avec la mise en concurrence du privé et du public en allant vers l’égalisation des revenus et des conditions de travail des médecins quelque soit leur statut libéral ou salarié et leur spécialité.

Elle appelle les députés récalcitrants à se ressaisir pour rétablir les articles supprimés lors du débat en séance publique le 1er avril.

Lure : conservons notre centre de santé sur Lure et sa région

Le Comité de Vigilance 70 (CV70), comme la Communauté de Communes du Pays de Lure , se félicite de la bonne intégration de 3 médecins dans notre territoire.

Cependant il faut préciser que ce ne sont pas de nouveaux médecins, ce sont simplement des professionnels qui passent de statut salarié à celui de libéral. C’est donc un accroissement de l’offre libérale (privée) à proximité de l’hôpital public et sur son terrain.

Et pire pour le CV 70, c’est à nouveau un service public qui disparaît, puisque cela entraîne la suppression du Centre de Santé (salariés) du Pôle luron, et consiste à le réduire à une seule Maison de santé libérale (professionnels privés).

Comme nous l’avions craint et dit, le passage de la gestion à ELIAD, sans mettre en cause la qualité de celle-ci, a contribué à un abandon progressif de l’investissement de service public sanitaire de proximité. Nous regrettons amèrement d’avoir été de trop bons annonciateurs.
D’autre part la suppression du Centre de Santé réduit l’attractivité sanitaire de notre territoire puisque l’offre salariée disparaît.Le nombre de médecins sur Lure sera moindre puisque les salariés qui ne sont pas passés en libéral, certes à temps partiels, sont purement et simplement remerciés alors que leur présence, notamment en médecine spécialisée est indispensable. Des patient.e.s vont perdre ainsi des possibilités d’accès aux soins de proximité, certain.e.s vont devoir se déplacer plus loin avec les dépenses et les risques routiers inhérents, sans certitude de trouver une offre identique.

Supprimer un Centre de Santé local, qui a été si long à mettre en place, et qui était vanté partout à ses débuts pour la symbiose originale qu’il créait entre GH70 et CCPL, est donc un mauvais choix politique.

Il faut le rappeler les Centres de santé de salariés (sauf les très rares Centres privés en France) sont la seule offre publique de santé de proximité, et eux seuls garantissent le tiers payant généralisé, l’absence de dépassements d’honoraires et la possibilité pour les usagers de participer de près ou de loin à la gestion du centre et à leurs parcours de soins. Enfin la demande de plus en plus forte des jeunes professionnels en formation en faveur du salariat n’est donc plus prise en compte, ce qui risque d’accentuer les problèmes de démographie médicale dans notre secteur malmené qui n’a pas besoin de cela.

Le CV 70 espère que le centre de santé Luron, plutôt que de disparaître, soit maintenu et pérennisé comme promis et écrit lors du passage à ELIAD et que les médecins qui veulent rester salariés auront une solution favorable rapidement comme ils le souhaitent.

Nous espérons que le stupide, inhumain et incompréhensible licenciement du Dr Ziegler ne se reproduise pas, à la fois pour les personnes concernées et pour tou.te.s les patient.e.s qui en ont besoin.

Communiqué : L’urgence de changer de braquet dans les politiques de santé

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L’urgence de changer de braquet dans les politiques de santé

87 hôpitaux avaient déclenché un plan blanc au 10 janvier, d’autres depuis ont fait de même. Il s’agit là d’un dispositif exceptionnel, permettant en cas de catastrophe d’annuler tous soins programmés et de faire revenir du personnel. Or il n’y a eu ni attentat, ni tremblement de terre, simplement une épidémie de grippe saisonnière un peu plus forte que ces dernières années ! Ces suppressions d’activité programmées à répétition favorisent le report sur l’hospitalisation privée pour ceux qui peuvent se permettre les dépassements d’honoraires et autres faux frais. D’après les chiffres officiels, le volume d’activité de l‘hospitalisation privée est supérieur de 15,8 % à son niveau de 2019, tandis que celui du secteur public est inférieur de 5 % !

La « régulation » des urgences s’étend dans la plupart des hôpitaux : il faut appeler le 15, parfois de la porte même de l’hôpital, pour être accepté ou pas et cette obligation de sésame s’étend même à des maisons médicales de garde. Que la régulation aide la population à s’adresser au bon endroit est une chose, que les portes soient fermées en est une autre, mettant en danger celles et ceux qui dans le désarroi, ne savent se faire comprendre. Ce n’est pas seulement la Coordination qui dénonce ce danger, mais aussi des professionnels comme le Dr Wargon, chef du service des urgences de Saint Denis (93) et le Pr Casalino : « La filtration par la fermeture des services d’urgence est une fausse bonne idée, qui met en danger les patients les plus précaires et les plus fragiles. »

Cette régulation, dangereuse, est en plus absurde : les services d’urgence ne sont pas débordés par des patients qui auraient pu éventuellement consulter ailleurs, mais par ceux qui doivent être hospitalisés et restent des heures, des nuits sur des brancards, faute de place dans les services.

Il y a urgence, urgence de moyens financiers, urgence de formation !

Le déficit cumulé des hôpitaux publics s’aggrave, annoncé à 3,5Md € pour 2024. Ce n’est pas la minime augmentation de l’ONDAM annoncée par le premier Ministre qui va donner aux hôpitaux publics les moyens de répondre aux besoins : il faudrait 10 % !

Il faut former des professionnels en nombre : des aides soignant.e.s, des infirmier.e.s, des manipulateur.trice.s radio … les salarier pendant leurs études en échange d’un engagement de service public tout en veillant à garder les professionnels actuellement en poste en leur rendant ce à quoi ils aspirent : travailler pour soigner, pas pour la rentabilité ! Les facultés de médecine doivent avoir les moyens financiers pour former beaucoup plus de médecins, des études qu’il faut démocratiser. Arrêtons de vider les hôpitaux de leurs spécialistes au profit du secteur privé. C’est possible en allant vers l’égalisation des conditions de revenus entre le public et le privé et entre spécialités et en généralisant l’obligation de permanence des soins.