Une maison médicale de garde est ouverte à l’hôpital d’Étampes. C’est une relative bonne nouvelle …. avec beaucoup de limites comme le montrent les communiqués du comité de Dourdan et du collectif Convergence hôpital santé publique sud-Essonne
La communication de la mairie d’Étampes :
mardi 31 mars, la Maison Médicale de Garde (MMG), déjà en fonction depuis 2 semaines, a officiellement été inaugurée sur le site d’Étampes Centre Hospitalier Sud Essonne en présence de nombreuses personnalités, notamment le Sous-préfet Benoît Vidon, le directeur de la délégation de l’Essonne de l’Agence Régionale de Santé Richade Fahas, la Vice-Présidente du Conseil Départemental de l’Essonne Marie-Claire Chambaret, les Maires d’Étampes et de Dourdan, Gilles Bayart et Paolo De Carvalho, ainsi que des membres du Conseil de Surveillance, de la Commission Médicale d’Établissement, des chefs de Pôles, cadres supérieurs, représentants des usagers et du personnel de l’établissement.
Un projet majeur pour le Sud-Essonne, soutenu par l’Agence Régionale de Santé Île-de-France et mené en partenariat avec la FAME 91, qui vise à améliorer l’accès aux soins tout en désengorgeant les services d’urgences.
Une structure au service des soins urgents non-vitaux
La MMG accueille, sur des créneaux spécifiques (de 14 h à 20 h les samedis, de 8 h à 20 h les dimanches, jours fériés et jours de pont), des patients nécessitant une consultation médicale urgente sans relever d’une hospitalisation. Elle permet ainsi de réorienter efficacement les patients qui, faute d’alternative, se rendaient auparavant aux urgences.
Son fonctionnement repose sur un principe clé : un accès régulé. Les patients doivent obligatoirement être orientés, soit par le SAMU (15), soit après une évaluation aux urgences. Ce système garantit une prise en charge adaptée et évite la saturation.
Intégrée directement au sein de l’hôpital, la MMG bénéficie d’un accès rapide aux examens complémentaires (imagerie, laboratoire), tout en étant complémentaire des urgences.
Comme l’a souligné Julien Jouny, directeur du CHSE : « Cette Maison Médicale de Garde est l’illustration concrète d’une conviction forte : les réponses aux besoins de santé se construisent ensemble, à l’échelle du territoire. » L’objectif est clair : réduire les temps d’attente aux urgences, mieux orienter les patients, garantir une réponse au bon moment et au bon endroit.
Une mobilisation collective saluée
Le projet repose sur l’engagement volontaire de médecins libéraux, un élément déterminant dans sa réussite. La coordinatrice des MMG, Angélique Taupin, insiste : « Derrière chaque dispositif, il y a des femmes et des hommes. Assurer des gardes après une journée de consultation demande une implication remarquable. » Elle souligne également l’importance du travail en réseau entre les différents acteurs (CPAM, ARS, FAME, CPTS), qui a permis de structurer un parcours patient fluide et efficace en un temps record.
Les autorités locales saluent également cette initiative. Benoît Vidon, sous-préfet de l’arrondissement d’Étampes, rappelle : « C’est un dispositif qui coche toutes les cases : prise en charge rapide, médecins engagés, réponse de proximité et lien renforcé entre médecine de ville et hôpital. »
De son côté, Richade Fahas, représentant de l’ARS en Essonne, met en avant l’impact concret : « Cette MMG est une solution essentielle pour désengorger les urgences et garantir l’accès au juste soin pour les patients. »
Cette Maison Médicale de Garde incarne ainsi une dynamique collective réussie, au service d’un objectif commun : améliorer l’accès aux soins pour tous, dans un parcours plus fluide et plus lisible.
Le communiqué du comité de Dourdan
Ce sont des médecins libéraux volontaires donc non salarié-es du CHSE qui pratiqueront dans cette maison médicale. Le remboursement de la sécurité sociale est à 70%, il faut avancer les frais et il y a un reste à charge pour les patient-es. Il faut passer par la régulation du 15 ou urgences. Cette maison médicale n’accueille que les soins d’urgences le week-end et jours fériés.
Encore du privé dans l’hôpital public et cela ne règle pas le désert médical sur notre territoire du sud-Essonne. Cependant on apprécie une solution pour désengorger les urgences et donner un accès aux soins nécessaires quand les cabinets médicaux sont fermés.
le communiqué du collectif Convergence hôpital santé publique sud-Essonne
Un projet majeur pour le Sud-Essonne, soutenu par l’Agence Régionale de Santé Île-de-France et mené en partenariat avec la FAME 91, qui vise à améliorer l’accès aux soins tout en désengorgeant les services d’urgences » est il affirmé sur le site de la mairie d’Etampes .
Si on ne peut que saluer la mise en place de ce dispositif , il faut néanmoins en rappeler les limites s’il ne s’accompagne pas d’une réelle impulsion d’un service public terriorialisé de soins a l’hôpital comme en ville.
En effet face à une désertification médicale galopante et un système libéral inadapté face a l’évolution de la société, il y a urgence à garantir un accès aus soins de premier recours et sans dépassements d’honoraires ,alors que , par exemple, près de 17% de la population adulte en Sud Essonne n’a pas de médecin traitant .
Un dispositif médical de garde n’a pas vocation à se substituer à cette pénurie de prise en charge et de suivi au long cours .
Par ailleurs, le remplacement progressif de pans entiers de services et spécialités de l’hôpital public par des établissements privés à but lucratif, creusant ainsi les inégalités d’accès à la santé par la sélection financière , ne fera que renforcer le renoncement aux soins et au final à consulter seulement en Urgence….
Depuis 2002 , le service médical de garde ( soirs, weekends, jours fériés) n’est plus obligatoire en France !
Il repose donc, comme ce sera le cas avec la nouvelle Maison Médicale de garde a Etampes, sur le volontariat , alors qu’il y a moins de 16 Généralistes en 2025 pour tout le territoire de la communauté d’agglomération Etampes Sud-Essonne contre 24 en 2022…
Le projet de loi Garrot, visant à réguler l’installation des médecins , adoptée par les députés en 2025 , n’a toujours pas été adoptée par le Sénat …
Quels médecins vont donc réellement assurer cette permanence de garde ?
