Lannion : des milliers de personnes dans la rue contre la fermeture des urgences

Depuis l’été 2023, les urgences de Lannion-Trestel sont « régulées » – fermées la nuit de façon perlée.Juste avant Noël, la sentence tombe : fermeture pendant toutes les vacances de Noël ET à partir du 1er mars. Initialement prévu pour 6 mois, ce projet néfaste a été revu à la baisse pour 4 mois. C’est -à -dire jusqu’à fin juin. Mais ne soyons pas dupes, la période estivale ne sera certainement pas couverte. Alors que Lannion est à 80km de l’hôpital-pivot du GHT est à plus d’une heure en temps normal, c’est un bassin de population de 100000 habitants pouvant monter à plus de 150000 l’été qui sera dépourvu de premiers secours, entraînant une perte de chance certaine pour sa population.
Immédiatement, le Comité a réagi et organisé une manifestation ce samedi 13 janvier. Lors des sessions de tractage et de signature de la pétition, nous avions bien senti que la prise de conscience des citoyens était palpable. Mais nous ne nous attendions pas à une telle mobilisation. 2000 participants pour la préfecture, certainement plus de 3000 dans les faits, malgré un froid de canard et un ciel très maussade. Les pompiers, des personnels de l’hôpital, des élus, des citoyens de tous âges, les syndicats. Une belle mobilisation qui couronne un travail de terrain de plusieurs années.
Un bel essai qu’il va falloir transformer.

L’article de La déviation
Le reportage de France 3
L’article d’Ouest France avec une vidéo
L’article du Télégramme avec une vidéo

 

 

Communiqué de la Coordination : La santé sous traitée

Le communiqué en pdf

La santé sous traitée

Notre système de santé est fragilisé par des décennies de sous-financement. L’hôpital est en ruine. Les soignants hurlent leur désespoir et leur impossibilité à travailler en mode non dégradé permanent. Les patients, de façon qui n’est plus accidentelle, meurent ici ou là faute de soins, chez eux, sur la route qui les mènent à l’hôpital ou encore à l’hôpital même, parfois sur un brancard. Les médicaments, pourtant vitaux, viennent à manquer.

Malgré ce triste constat, le nouveau gouvernement Attal supprime le ministre de la Santé de plein exercice sous-traitée au Travail, alors même que la santé était déclarée il y a peu priorité nationale par le Président de la République. La prévention a disparu ! Cela confirme la volonté d’aller encore plus loin dans l’étouffement de nos services publics de santé, poursuivant la privatisation tel que le lui suggère d‘ailleurs l’Union européenne. Avec l’Éducation Nationale rattachée au sport, cela dit clairement ce que sera le programme de ce futur exécutif dans les mois qui viennent.

Mais, alors, jusqu’où est prêt à aller le président de la République dans le reniement des missions pourtant fondamentales de la République notamment ici l’accès aux soins pour toutes et tous ? Dans quel abandon à leur sort entend-il laisser une grande partie des Français confrontés à l’isolement et à la désertification ?

La Coordination Nationale des Comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité va amplifier la mobilisation, avec ses comités, avec la population, pour la reconstruction d’un service de prévention et de soins dans notre pays, efficace, sécure, de proximité. Le manque de professionnels de santé ne peut être une excuse quand rien n’est fait pour garder ceux que l’on a, ni pour en former en nombre. Il faudrait les salarier pendant leurs études en échange d’un engagement de service public afin de fournir à toutes les structures sanitaires, dans tous les territoires, des personnels nécessaires. Il faut rouvrir des lits, des services, donner aux hôpitaux les moyens financiers de leur fonctionnement, créer un service public de soins de premiers recours autour de centres de santé, et assurer une prise en charge des soins à 100% par la Sécurité Sociale.

Lannion : manifestation samedi 13 janvier

Juste avant Noël, le syndicat CGT de l’hôpital Lannion-Trestel a lancé l’alerte : après des « régulations » récurrentes des urgences la nuit depuis l’été qui sont passées de quelques nuits en juillet, puis 1 nuit sur 3 en août, les fermetures sont devenues habituelles avec un rythme d’1 nuit sur 2 en moyenne. Elles ont même été fermées totalement toutes les nuits lors des fêtes de fin d’année. Comme si cela ne suffisait pas, il a été annoncé le « projet » de les fermer de mars à septembre alors que la population double presque en été avec la présence des touristes et que le 1er service d’urgences est à 80 km !
Le Comité a tout de suite réagi en intervenant au conseil municipal le lundi suivant et en organisant une manifestation le samedi 13 janvier.