Sedan : chut, on ferme la maternité, mais il ne faut pas le dire

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Maternité de Sedan : chut, on ferme, mais il ne faut pas le dire !

Silence radio des autorités en ce qui concerne l’avenir de la maternité de Sedan : l’ARS laisse pourrir la situation en ne faisant rien malgré ses promesses du 27 février et la direction du Centre Hospitalier confirme que la maternité fonctionne tout en préparant en catimini la fermeture. Les personnels des services concernés connaîtront leur nouvelle affectation le 13 mars. Quel mépris pour ces soignants ! Quel mépris pour les futures mamans qui ont besoin de sérénité !

Le rapport du Pr Ville sur les maternités vient à point nommé pour donner une caution scientifique à cette fermeture comme à beaucoup d’autres en France, d’autant plus que l’application de la loi RIST qui limite le recours à des médecins intérimaires à partir du 1er avril va mettre en difficulté de nombreuses maternités, comme d’ailleurs des services d’urgence. Si la limitation des revenus des intérimaires est légitime, elle est utilisée par le gouvernement pour fermer des services, car il n’a sciemment pas pris les mesures préalables qui s’imposaient : éviter la fuite des médecins hospitaliers vers l’intérim en ne rapprochant pas leurs revenus de ceux du privé et en continuant à les harceler avec une gestion tournée vers la rentabilité et non l’humain.

Le rapport sur les maternités qui a fuité dans la presse est beaucoup plus politique que scientifique. Il propose comme solutions de poursuivre et d’intensifier les mesures mises en œuvre depuis plus de 20 ans et accentuées par le premier quinquennat d’E. Macron qui ont conduit à la catastrophe sanitaire actuelle : le regroupement dans les gros centres des services hospitaliers actifs et l’abandon de la proximité au secteur libéral dont on sait pourtant que structurellement il n’est pas fait pour répondre aux besoins, comme peut le faire un service public, assurant une présence égalitaire dans tous les territoires et sa permanence 24h/24 et 7 jours sur 7.

A lire le rapport, les maternités manquent de sage-femmes car elles les quittent. Il ne propose rien moins qu’un appel d’air en leur proposant plus de travail en libéral !

La sécurité, ce n’est pas la sécurité juridique des soignants entre l’heure de l’entrée à la maternité et la sortie, mais la sécurité globale des premiers jours de la grossesse aux semaines qui suivent l’accouchement et donc la possibilité d’accès rapide à une prise en charge. La gradation des maternités existe déjà pour orienter les femmes ayant un problème particulier vers les maternités les mieux équipées et les progrès permettent de plus en plus d’anticiper les difficultés. La remise en cause par le Pr Ville de la compétence des professionnels exerçant dans les petites structures est d’une particulière mauvaise foi de la part d’un professeur de CHU pratiquant les accouchements avec dépassement d’honoraires à 2000 € l’accouchement.

La fermeture de la maternité de Sedan, de son service de surveillance continue et la réduction du service de pédiatrie mettrait en danger la population du Sedanais, de l’Yvois, de toute une partie de l’Argonne et du nord meusien. C’est un abandon par la République de ces territoires, un non sens en terme d’aménagement du territoire.

Le comité de défense des hôpitaux de proximité des Ardennes appelle les élus de ces territoires à amplifier leur exigence du maintien à Sedan de tous les services nécessaires à la sécurité de la population.

Mayenne : Audace 53 réagit au rapport Ville

L’info était arrivée jusqu’à nous il y a un peu plus d’un mois. Bien qu’émanant d’une « fuite » d’une ARS du sud de la France, c’était tellement gros que nous n’y avons pas cru.
Nous aurions dû.
Ainsi, l’état envisagerait de fermer les maternités pratiquant moins de 1 000 accouchements par an. Et il a bien sûr la caution médicale, un professeur de l’hôpital Necker, pour justifier cette décision. Les avis des médecins sont indiscutables. Olivier Véran, médecin, n’avait-il pas affirmé le 23 mars 2020 sur France2 que « le port du masque est parfaitement inutile » ?
On nous garantissait il y a encore quelques années qu’avec une moyenne d’1 accouchement par jour, on assurait la sécurité dans une maternité. Puis le 27 février, la Cour Administrative de Douai a rejeté les arguments d’associations d’usagers et d’un syndicat demandant la réouverture de la maternité de Bernay (Eure) fermée en 2017 par l’ARS de Normandie bien que pratiquant un peu plus de 400 accouchements par an.
La barre a donc été relevée pour des questions de « sécurité », bien sûr.
En Mayenne, l’application d’une telle mesure aurait pour conséquence directe la fermeture des maternités de Château-Gontier et de Mayenne. Ah, pardon, on ne dit plus « fermeture » mais « régulation ». On « régulerait » donc par exemple les parturientes venant d’Ambrières (44 km) ou de Gorron (47km) vers Laval, sans parler des communes encore plus au nord et encore plus éloignées.
Vous avez dit « sécurité » ?
Et puis, une fois accouchées, on ramènerait les mamans et leur bébé vers les « centres d’accompagnement périnatal » que seraient devenues les maternités de Mayenne ou de Château-Gontier.
Vous avez dit « sécurité » ? « humanité » et même économies » ?
AUDACE53 a dénoncé le projet de direction commune des Centres Hospitaliers de Mayenne et de Laval parce qu’elle y voyait une menace à terme pour l’existence même du CHNM.
On vient d’apprendre qu’un document interne des « Hôpitaux de la Mayenne » suscité par l’ARS, envisageait de fermer alternativement, pour une durée de 24h chacun, les Services d’Accueil d’Urgences des 3 hôpitaux mayennais, avec, à terme, le regroupement sur un lieu unique, Laval, et donc la fermeture des Urgences de Château-Gontier et de Mayenne.
On sait que fermer les Urgences, non seulement c’est mettre la population en danger, comme l’écrivent eux-mêmes les médecins urgentistes dans le document, mais c’est précipiter les hôpitaux concernés dans une spirale qui ne peut que les vider de leur substance : plus d’Urgences, c’est moins d’activité, donc moins de revenus ; c’est moins de chirurgie, donc moins de revenus ; c’est moins d’hospitalisations en cardiologie ou en médecine, donc moins de revenus, et au bout du bout, la transformation de ces hôpitaux en centres de gériatrie avec une « grosse infirmerie ».
Les SMUR laissent petit à petit la place à des EPMU (ersatz de SMUR sans médecin), parfois même sans infirmier anesthésiste (seulement un infirmier DE) alors qu’on nous avait promis-juré-craché que c’était impossible… tout part en morceaux et on habitue petit à petit la population à la pénurie.
On n’adapte pas les moyens aux besoins, on adapte les besoins aux moyens disponibles !!!
Le gouvernement aurait tort de croire que le second tour des élections présidentielles de 2017 et de 2022 se reproduira forcément en 2027. A force de mépriser les plus fragiles, territoires comme citoyens, de faire disparaître les services publics, de jouer avec la santé et la sécurité des populations, l’affaire pourrait bien tourner au vinaigre.
Quoi qu’il en soit, AUDACE53 ne laissera pas faire. 3 hôpitaux de plein exercice ont leur place dans notre département. C’est une nécessité et une exigence incontournables. C’est un combat que nous allons continuer à mener.