Réaction à la loi HPST en Bretagne

Coordination nationale des comités de défense

des hôpitaux et maternités de proximité.

(association agréée par Arrêté du 14 août 2008)

 

Communiqué

(Prière de publier ou de diffuser)

 

Loi Bachelot : la mort des hôpitaux de proximité

et le triomphe de l’hôpital-entreprise.

 

Le projet de loi « Hôpital, patients, santé , territoires » vient d’être présenté en Conseil des Ministres. Il ne fait que confirmer les craintes de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité. La ministre de la Santé, après le président de la République, affirme qu’elle ne fermera aucun établissement et qu’elle est attachée aux hôpitaux de proximité. Mais que restera-t-il de ceux-ci après que l’on ait supprimé leur maternité, leur chirurgie, leurs urgences, sinon leur service de médecine ?   Ils ne pourront plus être que des maisons de retraite, alors que, pour la Coordination, un hôpital doit prendre en charge toute la population de la naissance à la mort. La fermeture de services hospitaliers continue en Bretagne, comme ailleurs en France (à Valréas, à   Lourdes, ou à Valréas aussi l’on veut fermer la maternité et la chirurgie) ; Carhaix est avec Saint Affrique un des deux hôpitaux qui a réussi à conserver (pour combien de temps ?) ses services, après une lutte très importante qui a largement mobilisé la population derrière ses élus, et l’on ne peut que s’en féliciter.

A l’avenir, si la loi est votée, les directeurs des futures communautés hospitalières de territoire, auront tout pouvoir de décider des transferts de services ou de matériels lourds entre les établissements membres des communautés. Cela risque fort d’entraîner des fermetures de services hospitaliers de proximité dans de nombreuses petites villes de Bretagne et d’ailleurs, dont les hôpitaux n’auront plus d’hôpitaux que le nom, après avoir perdu médecine, chirurgie et obstétrique. L’on ne peut pas tout faire partout, la Coordination nationale défend la gradation des soins, mais celle-ci n’existera plus quand l’on aura détruit l’échelon de base de celle-ci . Et comme le disent le récent rapport des présidents de CME ou celui de l’Association des Petites Villes de France, la concentration des hôpitaux n’entraînera pas d’économie, sauf celles dues à la diminution de la quantité de soins, après qu’on ait éloigné les hôpitaux de la population, en privilégiant l’offre de soins par rapport aux besoins de la population.

En outre la loi ne parle plus que d’établissements de santé en supprimant la différence entre hôpitaux publics et cliniques privées. Les missions de service public seront ouvertes au marché de la concurrence privée. Déjà la création de pôles privé-public, groupant un hôpital et une clinique (comme à Guingamp, Pontivy, Dinan) permet de transférer au privé l’activité la plus rentable, la chirurgie. La course à la rentabilité sera accentuée, en faisant encore plus de la santé une marchandise.

Les hôpitaux seront gérés comme des entreprises par des directeurs ayant tout pouvoir, sous tutelle des Agences Régionales de Santé (ARS), encore plus puissantes que les Agences Régionales de l’Hospitalisation (ARH) qui n’ont de régionales que le nom. Il n’existera aucun contre-pouvoir à la toute-puissance des ARS, qui pourraient menacer de disparition l’administration sanitaire (DDASS et DRASS) et les services de l’assurance maladie (CPAM, CRAM). Disparaîtront aussi les Conseils d’Administration qui pouvaient encore exercer un contrôle démocratique du fonctionnement des hôpitaux.

Pour toutes ces raisons, la Coordination nationale, soucieuse d’une véritable démocratie sanitaire à laquelle la loi Bachelot tourne le dos, appelle la population à se mobiliser largement pour demander le retrait du projet de loi Bachelot.

 

Pour la Coordination nationale, le vice-président

pour la région Bretagne, Yves Jardin (02.98.92.30.63)

Texte à envoyer à l’Elysée

Comme pour le texte diffusé sur Quimper et environs, texte à envoyer en franchise postale à l’Élysée
Cet ajout pourrait être en fin de tract, ou de communiqué ou en fin de lettre à vos adhérents et sympathisants…
CE N’EST PAS DIFFICILE A REALISER…
Adresse :

Monsieur le Président de la République
Palais de l’Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008  Paris

Sinon vous pouvez rédiger un courriel directement  sur http://www.elysee.fr/ecrire/

—————————————————————————————————————–
Coupon à renvoyer au Président de la République
(en franchise postale)

Je, soussigné, (Nom)……………., (Prénom)…………….., habitant à………………..

demande le retrait  du Projet de loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires »

A                                                Le

Signature :

Courrier de Michel Antony au Président de la République

« Monsieur le Président

Je suis président de la Coordination nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité.
Je pense que le projet de loi de Mme Bachelot, qui prolonge les politiques sanitaires antérieures, est destructeur tant pour une conception égalitaire de l’aménagement du territoire que pour un accès sûr et peu coûteux aux soins. En fermant des services on pousse de plus en plus nos concitoyens sur les routes, au détriment de leur temps, de leur sécurité, de l’économie et de l’écologie. Pire on continue à restructurer sans vraiment analyser les dégâts occasionnés par les regroupements précédents : désertification sanitaire et territoriale et fracture sanitaire vont donc tristement s’accélérer.
Pour moi le service public, au lieu d’être de plus en plus dépouillé et de plus noyé dans une conception libérale et privée de la santé, devrait être au contraire totalement préservé et amélioré, car il est seul en mesure d’assurer partout, et pour toutes et tous, l’accès le plus égalitaire et le moins coûteux aux soins et à une santé de qualité.
Enfin, avec un super préfet à la tête de l’ARS, un directeur « patron » dans les hôpitaux, le rôle réduit des élus, des représentants des personnels et des usagers, on bafoue une vraie démocratie sanitaire que mon association revendique. Sans elle on ne fera rien de bon dans le domaine sanitaire au sens large du terme.
Ce n’est pas comme cela que j’envisage le bien public, et donc je me positionne totalement pour le retrait de ce projet.

Le 01/11/2008 – Michel ANTONY »

Pour le retrait de la loi Bachelot

COORDINATION NATIONALE des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité
Siège social : Hôtel de Ville – 12400 ST AFFRIQUE
SIREN : 503 711 988 – SIRET : 503 711 988 00017

Association agréée N2008AG0003 – Arrêté du 14/08/2008

Site : http://www.coordination-nationale.org

Contact : postmaster@coordination-nationale.org

 

POUR LE RETRAIT DE LA « LOI BACHELOT » !

 

Le Projet de loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires » vient d’être présenté en Conseil des Ministres. Il ne fait que confirmer les craintes de la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité. Il est dans la stricte continuité des plans Hôpital 2007 & 2012 et du plan LARCHER, et s’il paraît plus « soft » que les déclarations destructives des rapports VALLANCIEN, il va bien dans le même sens. Il y a triste continuité, pas la rupture nécessaire attendue !

 

La Ministre de la Santé, après le Président de la République, affirme qu’elle ne fermera aucun établissement et qu’elle est attachée aux hôpitaux de proximité.

La réalité des fermetures autoritaires (Lannemezan, Clamecy, Saint Agrève, pour ne citer que les dernières), des concentrations hospitalières imposées (urgences sur Quimper, maternités en région parisienne ou dans la Région rhodanienne) démentent cet affichage, tout comme le maintien des annonces de fermetures d’Ivry, Valréas et de dizaines d’autres lieux sur notre territoire.

 

C’est une loi qui renforce l’autoritarisme et le centralisme

Ce projet de loi tourne le dos à toute démocratie sanitaire.

Il ne tient pas compte des besoins et nie les dégâts occasionnés par les politiques sanitaires suivies : dégâts humains, sanitaires, économiques et écologiques (notamment par la multiplication des transferts…)

Son élaboration est antérieure aux conclusions de la Mission parlementaire présidée par Christian PAUL qui vient seulement de rendre son rapport.

La Coordination Nationale (en contacts avec près de 200 localités) n’a pas été consultée, malgré sa demande, et n’a reçu une réponse négative que plusieurs mois après, sous prétexte que les EGOS ne parlaient pas de l’hôpital (dixit Mme BACHELOT qui signe la lettre de refus !!!). Mme BACHELOT maintient de manière mensongère (pour nous) dans la presse qu’elle a reçu à plusieurs reprises toutes les parties prenantes, dont les usagers : elles ne parlent que de ceux qui partagent sa vision réductrice de la santé, sans doute.

 

Les Agences Régionales d’Hospitalisations, devenant Agences Régionales de Santé voient leurs pouvoirs discrétionnaires renforcés et étendus. Les Conseils d’Administration des hôpitaux disparaissent. Le rôle des élus, des usagers et des personnels s’en trouve réduit et cantonné à des fonctions consultatives.

Le directeur d’ARS détient tous les pouvoirs et ne rend des comptes qu’au ministre : l’apparente régionalisation correspond en fait à la création d’un super Préfet sanitaire, donc au renforcement de l’État au détriment de toute démocratie locale.

Ce directeur pourra imposer les fusions qui ne se sont pas mises en place d’elles-mêmes ! Cet arbitraire piétine les notions de mutualisation et de fédéralisme !

 

C’est une loi qui conforte une vision de « l’hôpital conçu comme une entreprise » s’inscrivant dans la perspective d’une marchandisation de la santé.

Le fonctionnement de l’hôpital est aligné sur celui de l’entreprise avec surtout :

– un directeur- patron, nommé par l’ARS et pouvant venir du secteur marchand, y compris non médical

– des médecins recrutés par ce directeur, pouvant être rémunérés à l’intéressement

– un simple « contrôle » sur l’intolérable maintien des dépassements d’honoraires

– des contraintes de fonctionnement et de budget (T2A, plan de retour à l’équilibre…) conduisant les établissements à supprimer ou limiter les activités sur des critères de rentabilité.

 

C’est une loi qui ne permet pas de répondre réellement aux besoins des personnes et des territoires

C’est bien des besoins qu’il faut partir (et non pas de l’offre de soins et de ses carences), et la proximité et la sécurité en sont les deux axes principaux.

Les « communautés hospitalières de territoire », loin de répondre aux nécessaires développements de complémentarités et de réseaux équilibrés entre hôpitaux, vont accentuer leur mise en concurrence, favoriser les regroupements au détriment des hôpitaux de moindre taille qui, sciemment fragilisés, perdent ainsi une grande part de leur attractivité. Tout le monde sait bien, et peut le vérifier sur le terrain, que là où un hôpital voit ses services essentiels réduits, les professionnels de santé n’y viennent plus, les patients ne le fréquentent plus : l’hôpital, totalement déstabilisé, devient très vite de second ordre, et ne satisfait plus les besoins locaux. Il sera facile d’en faire alors un ghetto pour personnes âgées, sans tenir compte des besoins psychologiques, humains et sanitaires de nos anciens !

La mutualisation sera avant tout celle de la pénurie et des restrictions budgétaires, et ne sera en aucun cas une réelle prise en compte des besoins des personnes et des territoires. Dans ce but tout pouvoir est donné au directeur pour restructurer et pour décider des transferts de services ou de matériels lourds entre les établissements membres des communautés.

 

C’est une loi qui ne résout en rien la crise de la démographie des professionnels de santé

Aucune mesure n’est prise pour augmenter le nombre de professionnels de santé, ni pour imposer enfin, après discussion avec les personnes concernées, leur répartition équilibrée sur tout le territoire et dans tous les établissements publics.

Aucune mesure significative n’est prise pour assurer une formation initiale et continue indépendante. Au contraire, la loi favorise l’ingérence du privé.

 

C’est une loi qui livre l’hôpital public au privé.

Il n’y est plus question que « d’établissements de santé » en supprimant la différence entre hôpitaux publics et cliniques privées à but lucratif.

Des missions de service public seront ouvertes au marché de la concurrence privée.

L’entrée, sous toutes ses formes, du privé à l’hôpital, est facilitée : transferts de services, aides à l’investissement, mises à disposition de patrimoines et d’équipements…

 

Pour la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité, ce projet de loi constitue un recul sans précédent et n’est en fait que le prolongement des choix politiques réducteurs menés depuis des années en matière de santé.

Il renforce le DÉNI DE DÉMOCRATIE SANITAIRE.

Il vise à amplifier les atteintes que l’hôpital public subit depuis de nombreuses années.

Il fonde toujours un éventuel retour à l’équilibre financier sur la seule réduction de l’offre hospitalière publique.

IL EST CONTRAIRE AU PRINCIPE D’ÉGAL ACCÈS AUX SOINS POUR TOUTES ET TOUS QUE NOUS DÉFENDONS.

Il ne propose aucune solution visant à réduire les inégalités criantes de répartition des médecins sur le territoire national et les menaces de désertification sanitaire qui pèsent aujourd’hui sur de nombreux secteurs et qui ne vont que s’étendre.

Il accélère les auto-réductions de consultations (moins de 20 % là où il y a déjà eu des fusions) et de soins lourds (40% de nos concitoyens seraient concernés) que des patients de plus en plus démunis et de plus en plus éloignés des lieux de soins sont obligés de pratiquer.

 

Pour toutes ces raisons, la Coordination Nationale appelle la population à se mobiliser largement pour DEMANDER LE RETRAIT DU PROJET DE LOI BACHELOT, POUR S’OPPOSER À LA PRIVATISATION DU SYSTÈME DE SANTÉ, POUR ÉTABLIR ENFIN UNE VRAIE DÉMOCRATIE SANITAIRE qui donnerait aux personnes les plus concernées : les usagers, les personnels et les élus locaux, une place digne de notre société.

Ces choix devraient évidemment rétablir UNE VRAIE POLITIQUE D’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE, ET DE DÉFENSE ET D’AMÉLIORATION DE TOUS NOS SERVICES PUBLICS, gages essentiels d’une société plus solidaire et plus juste.

 

Approuvée à l’unanimité par l’Assemblée Générale de Luçon de la Coordination Nationale le 26 octobre 2008

Dossier sur la loi HPST

Le texte définitif de la loi HPST

communique de la FSU 11/02/2009

Intervention de J. Fraysse 10/02/2009

Intervention de C. Paul 10/02/2009

Communiqué commun des organisations syndicales et de la mutualité 27/01/2009

Diaporama de présentation de la loi HPST

Tract du collectif national contre les franchises, pour l’accès aux soins partout et pour tous et pour une sécurité sociale solidaire 18/11/2008