Sedan : lettre ouverte au président du conseil de surveillance du CHINA

La lettre ouverte

Monsieur le président,

La population a besoin d’une information honnête en ce qui concerne l’avenir de l’hôpital de Sedan.

Actuellement, les informations sont contradictoires.

D’un côté, les personnels concernés par la fermeture de leur service ont reçu une affectation dans d’autres services pour le mois d’avril, dans des conditions déplorables d’ailleurs, avec des temps partagés entre plusieurs services, entre le jour et la nuit, entre les sites de Sedan et de Manchester. L’un des médecins obstétriciens n’hésite pas à faire savoir son départ pour le Luxembourg – ce qui est d’ailleurs l’exemple même contraire au récent rapport du Professeur Ville, conseillant la fermeture des maternités de moins de mille accouchements, pour que leurs personnels aillent renforcer les plus grosses.

Sur le site internet du CHINA, la seule annonce d’un poste de médecin obstétricien renvoie à une fiche ne parlant que de la maternité de Charleville-Mézières.

D’un autre côté, le dernier communiqué de l’ARS, daté du 27 février, indique que celle-ci a sollicité «  la réserve sanitaire pour intervenir sur le site de Sedan après le 31 mars 2023. ». Avez vous connaissance de la réponse à cette sollicitation ?

Car, en l’absence de l’annonce très rapide d’une solution de continuité du fonctionnement de la maternité de Sedan, la campagne publicitaire pour le recrutement de médecins anesthésistes n’est que de l’enfumage, de l’argent public jeté par les fenêtres (un site internet spécifique, une pleine page du journal Le Monde etc …) et de plus d’un goût douteux, témoignant d’une totale méconnaissance de ce que peuvent rechercher des médecins en prenant un poste et jetant ainsi l’opprobre sur notre département.

Au milieu de tout cela, des femmes du bassin sedanais qui doivent accoucher dans les semaines à venir sont informées que leur dossier suit à Manchester, mais sans réponse satisfaisante de cette maternité ; certaines sont orientées vers la Belgique, sans garantie de leur prise en charge financière.

Contrairement aux promesses de l’ARS, auxquelles vous avez cru ou voulu croire, la fusion des hôpitaux du Nord Ardenne ne représente pas un soutien pour le site de Sedan, mais un handicap.

La fermeture, qu’elle soit officielle ou officieuse, de la maternité de Sedan, de même que celle du service de surveillance continue, du service de néonatalogie, va mettre en danger la population. Le double discours actuel aggrave encore ce danger.

La population ardennaise attend du président du conseil de surveillance du CHINA autre chose qu’un tweet relayant la campagne publicitaire d’enfumage. Elle en attend des informations claires, l’exigence que le recours à la réserve sanitaire ne soit pas qu’une phrase dans un communiqué de l’ARS mais garantisse la continuité des services. Les salariés de l’hôpital aimeraient compter aussi sur le président du conseil de surveillance, pour être respectés, pas mutés d’office dans des conditions indignes tout en ayant interdiction de communiquer sur le fait que l’on vide leurs services.

Recevez, Monsieur le Président, l’expression de nos salutations distinguées.

Remiremont : l’ADEMAT H tient son assemblée générale

Le comité a tenu son Assemblée Générale annuelle. À cette occasion le Dr Tisserand, gynécologue obstétricien en retraite, Vice président de l’association a présenté un rapport critique sur les propositions de l’ «  expert » de l’ Académie de médecine

La présentation

Le résumé 

et l’ Assemblée a adopté la feuille de route de l’ Association.

Le feuille de route

Sedan : chut, on ferme la maternité, mais il ne faut pas le dire

Le communiqué en pdf

Maternité de Sedan : chut, on ferme, mais il ne faut pas le dire !

Silence radio des autorités en ce qui concerne l’avenir de la maternité de Sedan : l’ARS laisse pourrir la situation en ne faisant rien malgré ses promesses du 27 février et la direction du Centre Hospitalier confirme que la maternité fonctionne tout en préparant en catimini la fermeture. Les personnels des services concernés connaîtront leur nouvelle affectation le 13 mars. Quel mépris pour ces soignants ! Quel mépris pour les futures mamans qui ont besoin de sérénité !

Le rapport du Pr Ville sur les maternités vient à point nommé pour donner une caution scientifique à cette fermeture comme à beaucoup d’autres en France, d’autant plus que l’application de la loi RIST qui limite le recours à des médecins intérimaires à partir du 1er avril va mettre en difficulté de nombreuses maternités, comme d’ailleurs des services d’urgence. Si la limitation des revenus des intérimaires est légitime, elle est utilisée par le gouvernement pour fermer des services, car il n’a sciemment pas pris les mesures préalables qui s’imposaient : éviter la fuite des médecins hospitaliers vers l’intérim en ne rapprochant pas leurs revenus de ceux du privé et en continuant à les harceler avec une gestion tournée vers la rentabilité et non l’humain.

Le rapport sur les maternités qui a fuité dans la presse est beaucoup plus politique que scientifique. Il propose comme solutions de poursuivre et d’intensifier les mesures mises en œuvre depuis plus de 20 ans et accentuées par le premier quinquennat d’E. Macron qui ont conduit à la catastrophe sanitaire actuelle : le regroupement dans les gros centres des services hospitaliers actifs et l’abandon de la proximité au secteur libéral dont on sait pourtant que structurellement il n’est pas fait pour répondre aux besoins, comme peut le faire un service public, assurant une présence égalitaire dans tous les territoires et sa permanence 24h/24 et 7 jours sur 7.

A lire le rapport, les maternités manquent de sage-femmes car elles les quittent. Il ne propose rien moins qu’un appel d’air en leur proposant plus de travail en libéral !

La sécurité, ce n’est pas la sécurité juridique des soignants entre l’heure de l’entrée à la maternité et la sortie, mais la sécurité globale des premiers jours de la grossesse aux semaines qui suivent l’accouchement et donc la possibilité d’accès rapide à une prise en charge. La gradation des maternités existe déjà pour orienter les femmes ayant un problème particulier vers les maternités les mieux équipées et les progrès permettent de plus en plus d’anticiper les difficultés. La remise en cause par le Pr Ville de la compétence des professionnels exerçant dans les petites structures est d’une particulière mauvaise foi de la part d’un professeur de CHU pratiquant les accouchements avec dépassement d’honoraires à 2000 € l’accouchement.

La fermeture de la maternité de Sedan, de son service de surveillance continue et la réduction du service de pédiatrie mettrait en danger la population du Sedanais, de l’Yvois, de toute une partie de l’Argonne et du nord meusien. C’est un abandon par la République de ces territoires, un non sens en terme d’aménagement du territoire.

Le comité de défense des hôpitaux de proximité des Ardennes appelle les élus de ces territoires à amplifier leur exigence du maintien à Sedan de tous les services nécessaires à la sécurité de la population.