Communiqué de la Coordination : La santé sous traitée

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La santé sous traitée

Notre système de santé est fragilisé par des décennies de sous-financement. L’hôpital est en ruine. Les soignants hurlent leur désespoir et leur impossibilité à travailler en mode non dégradé permanent. Les patients, de façon qui n’est plus accidentelle, meurent ici ou là faute de soins, chez eux, sur la route qui les mènent à l’hôpital ou encore à l’hôpital même, parfois sur un brancard. Les médicaments, pourtant vitaux, viennent à manquer.

Malgré ce triste constat, le nouveau gouvernement Attal supprime le ministre de la Santé de plein exercice sous-traitée au Travail, alors même que la santé était déclarée il y a peu priorité nationale par le Président de la République. La prévention a disparu ! Cela confirme la volonté d’aller encore plus loin dans l’étouffement de nos services publics de santé, poursuivant la privatisation tel que le lui suggère d‘ailleurs l’Union européenne. Avec l’Éducation Nationale rattachée au sport, cela dit clairement ce que sera le programme de ce futur exécutif dans les mois qui viennent.

Mais, alors, jusqu’où est prêt à aller le président de la République dans le reniement des missions pourtant fondamentales de la République notamment ici l’accès aux soins pour toutes et tous ? Dans quel abandon à leur sort entend-il laisser une grande partie des Français confrontés à l’isolement et à la désertification ?

La Coordination Nationale des Comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité va amplifier la mobilisation, avec ses comités, avec la population, pour la reconstruction d’un service de prévention et de soins dans notre pays, efficace, sécure, de proximité. Le manque de professionnels de santé ne peut être une excuse quand rien n’est fait pour garder ceux que l’on a, ni pour en former en nombre. Il faudrait les salarier pendant leurs études en échange d’un engagement de service public afin de fournir à toutes les structures sanitaires, dans tous les territoires, des personnels nécessaires. Il faut rouvrir des lits, des services, donner aux hôpitaux les moyens financiers de leur fonctionnement, créer un service public de soins de premiers recours autour de centres de santé, et assurer une prise en charge des soins à 100% par la Sécurité Sociale.

Gisors : l’hôpital à la recherche de financement !

Faute de moyens, l’hôpital se tourne vers le privé et fait appel aux dons !

Il y avait bien eu les annonces d’O. Véran, alors ministre de la santé en novembre 22 promettant des fonds pour agrandir le service d’urgences, accueillir une IRM, rénover l’EHPAD.  Mais cela ne suffit pas et l’hôpital a décidé de créer un « fond de dotation pour le Pôle sanitaire du Vesin » et fait appel aux dons.

Le comité de défense de l’hôpital, par la voix de son président, Marcel Larmanou, a réagi :

« Cette décision peut étonner voire choquer ! Comment un hôpital public en est il arrivé à faire appel à la charité se financer en partie ?
Faire des annonces comme l’a fait Olivier Véran est facile.  Avoir la capacité financière pour construire est une vraie question. La part des coûts à financer par l’hôpital est très élevée.Or la situation financière de l’hôpital est très dégradée.La responsabilité en incombe totalement à l’Etat qui oblige la Sécurité Sociale à limiter les dotations à l’hôpital chaque année de plus en plus, source d’un un important déficit. Pour 2024 le président de la Fédération hospitalière de France estime à 4 milliards l’insuffisance des crédits versés aux hôpitaux .
Cette situation dramatique fragilise la gestion des hôpitaux et génère parfois des drames parmi les malades.
Le dernier recours est il la création d’une Fondation pour rassembler des fonds privés ?
Solution extrême qui exonère certains élus du combat à mener pour se battre auprès du gouvernement afin d’exiger pour les hôpitaux des moyens à la hauteur des besoins des citoyens.
Naturellement chacun se déterminera face à ce projet selon ses sensibilités.
Le Comité de défense exigera toujours que notre hôpital vive et se développe normalement  »

Une rencontre a eu lieu vendredi 8/12 à 17h30 entre le directeur de l’hôpital et une délégation du comité de défense composée de Marcel Larmanou, Alain Loisel ,Alain Masson, Pascal  Rihet .
Lors de cette rencontre de plus d’une heure, nous avons pu poser de nombreuses questions sur la situation de l’hôpital et sa gestion
Mais auparavant, nous avons exprimé notre étonnement et nos réserves devant ce projet. Nous avons affirmé qu’il appartient à l’Etat de financer les hôpitaux à la hauteur de leurs besoins pour leur éviter de faire appel à des dons privés . Le président de la Fédération hospitalière de France constate que pour 2024 il manque 4 milliards pour satisfaire les besoins indispensables des budgets hospitaliers
 -Pourquoi le création d’un fonds de dotation?
« Le fonds de dotation permet à l’hôpital de faire lui même la démarche de collecte de fonds ( avec exonération de 66% d’impôts).
Il s’agit d’augmenter la capacité à réaliser les investissements et à réduire la dette qui est de l’ordre de 5M€ par an.
Cette année, nous avons perçu le dixième des 2,1 millions promis ainsi qu’une dotation exceptionnelle de 3 M € versée par l’ARS.
De plus l’activité de l’hôpital s’est nettement améliorée(retour à l’activité avant Covid)ce qui a généré 2M€ de recettes supplémentaires de T2A.
La situation financière de l’hôpital s’améliore et nous permet de payer les fournisseurs à 180 jours contre 280 auparavant.
Le fonds de dotation peut être créé car les 15000€ nécessaires ont été trouvés.
Les statuts sont déposés pour obtenir l’agrément du fonds. »
 – Investissements envisagés.
Deux projets ont été retenus dans le cadre du Ségur de la Santé: rénovation /extension des urgences, reconstruction de l’EHPAD
De plus , l’ARS a lancé un appel à projets.
L’hôpital a déposé un projet d’étanchéité des locaux de la maternité qui seront financés à 100 pour 100 .D’autres projets peuvent être financés pour le renouvellement des équipements vétustes.
 -Urgences
Le coût de là rénovation des locaux existants et de l’extension de 300 m2 coûtera 3,4 M€ financés à 80% par les subventions diverses.
– Activité de l’hôpital en 2023.
L’hôpital a obtenu pour 4 ans l’accréditation de tous les services.
De plus quatre internes sont arrivés : 2 en gériatrie,2 en maternité
Deux autres internes sont répartis sur le territoire ( Château sur Epte, Etrépagny)
-Maternité
Le nombre de naissances continue de diminuer comme partout en France.
L’hôpital a pu recruter 3 gynécologues/ obstréticiens ( 2 ETP) 5 au total
2 pédiatres ont été recrutés (4 au total)
Par contre , difficultés pour remplacer 3 sages-femmes parties( deux à la retraite)
– Chirurgie.
Bonne activité qui se traduit par une insuffisance du nombre de blocs (3 dont un
dédié à la gynécologie)
 – Urgences
Le projet de rénovation des locaux existants avec une extension de 300 m2 avance.
L’objectif est de réduire le temps d’attente élevé (5 à 12h contre 3,5 en France)
 -IRM
>> Les statuts sont validés. Le règlement intérieur s’achève. L’ouverture est prévue au plus tard le 1er janvier 2026!!!
Bien que géré par le privé les usagers bénéficieront des tarifs du secteur 1.
-IFAS
47 places sont réservés pour la formation d’aides soignantes.
La qualité pédagogique de ce lieu de formation a été salué par les autorités.
-SSIAD
Fusion prévue par la loi avec les CCAS des communes pour former un SAD
Fin de l’entretien à 18h 40

 

Communiqué : le gouvernement tue les hôpitaux sans débat.

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Le gouvernement tue les hôpitaux sans débat.

La démocratie est bafouée. La santé est en danger. Pour la vingtième fois, le gouvernement s’est appuyé sur l’article 49.3 de la constitution pour passer en force le 1er décembre le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale 2024 (PLFSS) et éviter un vote parlementaire. Il ne pouvait même plus supporter d’entendre qu’il avait tort. Rappelons que la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale avait voté contre ce projet de loi.

Il met à la diète les hôpitaux, les EHPAD, déjà si malades. Pourtant l’alerte avait été donnée par des organismes comme la Fédération Hospitalière de France dirigée par un soutien du Président de la République.

Cela va encore aggraver les difficultés de prise en charge des malades dans notre pays, justifier des fermetures de lits ou de services injustifiables, malmener les personnes âgées, favoriser les burn-out des personnels.

Ce PLFSS garde en réserve des bombes à retardement, avec des économies prévues « pour responsabiliser les assurés », autant dire faire réapparaître le doublement des franchises avec un nouvel assaisonnement.

Ce PLFSS est un danger pour l’accès aux soins dans notre pays !

Toute la campagne menée par la Coordination, avec Convergence Services Publics sur la pétition pour un PLFSS répondant aux besoins, avec le tour de France de la Santé, a permis de rencontrer une population en colère (10 000 pétitions papier, ce sont 10 000 débats !).

Le gouvernement devra bien finir par entendre ! Le Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité va continuer, plus que jamais, ses actions pour que le système de santé réponde aux besoins de la population.