Catégorie : Financement
16 juin : la carte des appels à l’action
COVID-19 : pour pouvoir être soignés prenons soin des personnels
La Fédération SUD Santé Sociaux ne participera pas aux AG, réunions, rassemblements et manifestations auxquels elle devait prendre part suite au passage au stade 3.
Le problème actuel du gouvernement est un problème de lits de réanimation et de respirateurs disponibles sur le territoire.
Un certains nombre de personnes vont être contaminées par le COVID-19 et beaucoup d’entre elles n’auront que des symptômes bénins mais certain-es peuvent décompenser et nécessiter une hospitalisation en réanimation. Sauf qu’en France il n’y a que 5000 lits de réa, 7000 de soins intensifs dans le public, et 512 de réa dans les cliniques privées. Parmi ces lits la plupart sont déjà occupés par des patient-e-s qui en ont besoin …
Le but du passage en stade 3 est d’éviter qu’il y ait trop de patient-es ayant besoin de lits de réanimations en même temps…
Le message des personnels de santé peut sembler alarmiste, mais si les gouvernements successifs n’avaient pas, par leurs politiques d’austérité, supprimés ou privatisés des milliers d’emplois hospitaliers, fermés 65 000 lits d’hospitalisation, favorisant l’ambulatoire, la situation ne serait pas aussi alarmante.
Pensons à nos ancien-ne-s, pensons à toutes les personnes qui ont déjà plusieurs pathologies qui les rendent plus fragiles, pensons à nos soignant-e-s qui pour beaucoup vont sacrifier leur famille et ami-e-s le temps de cette crise. Pensons aux 56 hospitalier-e-s de l’AP-HP et tous les autres déjà contaminé-e-s par le COVID-19…
Le prix de cette pandémie va être plus élevé pour les femmes car les mesures prises, aussi légitimes soient-elles, vont les placer en première ligne et risquent d’augmenter encore plus leur charge mentale. C’est bien souvent sur les épaules des femmes que reposent majoritairement les fonctionnements des hôpitaux, des Ehpad et des services à la personne. Les IDE, les AS, les ASH, les personnels techniques, et pour une moindre part les personnels administratifs ne peuvent pas télétravailler. Beaucoup d’entre elles assument seules la charge du foyer et des enfants. Ce quotidien-là est déjà difficile, il le sera encore plus dans les jours à venir. Le gouvernement doit être plus clair sur la prise en charge des enfants des personnels de la santé, certes les enfants scolarisés sont pris en charge, mais qu’en est-il des plus jeunes, les crèches étant fermées, les directions ne proposant au mieux que de les faire prendre en charge par des étudiant-es dans les hôpitaux. Qu’il mette en place une vraie alternative qui permettra aux personnels de partir rassurés au travail.
La Fédération SUD Santé Sociaux restera mobilisée et vigilante sur les conditions de travail des personnels, notamment par le biais des CHSCT et les CSE. Certes la situation est grave, mais elle ne doit pas entraîner des dérives de la part des directions.
Nous réclamons aussi qu’en cas de contamination par le COVID-19, et quel que soit le mode de contamination, les personnels soient reconnus au minimum en accident de travail.
Depuis quelque temps, nous sommes encensés par le président et son gouvernement, mais le ministre en charge de la santé est le seul à ne pas avoir reçu les organisations syndicales sur cette situation alors que nous sommes en première ligne. Nous demandons instamment qu’il nous reçoive de toute urgence, pour qu’il nous dise quels moyens financiers et humains il compte nous soutenir dans cette lutte contre ce coronavirus.
Nous reprendrons les AG, les manifs dans quelques semaines.
En attendant limitez vos déplacements et contacts…
Paris le 16 mars 2020
Fédération Sud Santé Sociaux : Communiqué Covid-19
Macron découvre l’Etat providence
La crise liée au COVID-19 a au moins le mérite de faire découvrir au Président de la République que l’Etat doit mettre les moyens s’il veut remédier à la situation.
Dans son discours du 12 mars, il a loué les mérites des personnels de santé. Il semble découvrir ce que nous lui répétons depuis des années, et ce avant même les mouvements de grèves dans les hôpitaux qui durent depuis plus d’un an.
Les logiques capitalistes de destruction de la santé publique ont conduit à de nombreuses fermetures de lits. Ce sont ces lits qui font défaut aujourd’hui face à la pandémie.
Ces même logiques ont conduit à la suppression de personnel: ce sont eux et elles qui manquent au-jourd’hui face à la pandémie.
La destruction du système de santé publique italien conduit les équipes soignantes à devoir faire des choix entre les personnes qui seront sauvées et celles qui ne le seront pas. Ces situations insoutenables pour les hospitaliers et hospitalières que nous sommes risquent de se produire en France et ont pour responsables les gouvernements successifs qui se sont attaqués à l’Hôpital Public.
Au-delà de la situation sanitaire, il faut aussi regarder la situation sociale de notre pays.
Emmanuel Macron annonce que la trêve hivernale est prolongée de 2 mois supplémentaires. Mais la dé-gradation structurelle des lieux d’hébergement d’Urgences et l’accroissement du nombre de personnes accueillies font craindre une explosion des contaminations de personnes en situation de grande détresse sociale. Et quid des établissements du médico-social?
Reconnaître le travail des personnels des secteurs sanitaires, médico-sociaux, c’est augmenter leur sa-laire et leur permettre de travailler dans de bonnes conditions.
La Fédération SUD Santé Sociaux dénonce la vision d’austérité budgétaire de nos responsables qui a con-duit notre modèle sanitaire et social dans une urgence quotidienne.
La Fédération SUD santé sociaux réclame des moyens pour tous les établissements des secteurs sanitaire, médico-social et social.
La Fédération SUD Santé Sociaux revendique l’inconditionnalité et la permanence des accueils. Si la lutte contre le COVID-19 est une priorité, personne ne doit rester sur la touche!
En première ligne avec nos collègues dans les services de soins, nous sommes déterminé-e-s à faire face à la pandémie et à reconstruire un système de santé au service de la population et non des intérêts bour-siers.
Paris le 13 mars 2020


