Élections municipales et santé : les élus peuvent agir

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Élections municipales et santé : les élus peuvent agir

La santé relève des politiques nationales : l’accès à la santé est mis à mal actuellement par les politiques d’austérité et d’abandon au secteur privé avec en corollaire le manque de professionnels de santé. Il est nécessaire de lutter pour des moyens aux hôpitaux et EHPAD publiques, pour une régulation de l’installation des médecins contre les déserts médicaux et les inégalités territoriales, pour une formation en nombre de professionnels de santé, contre tous les restes à charges pour les malades comme les dépassements d’honoraires.

Mais les élus du bloc communal (communes et intercommunalités) peuvent agir !

Concrètement, ils peuvent contribuer à la mise en place d’un service public de soins de premier recours avec les centres de santé municipaux ou intercommunaux (ou aider à la mise en place de centres de santé gérés par des hôpitaux, des mutuelles, association ou SCIC -société coopérative d’intérêt collectif. Mais attention : une ordonnance de 2018 permet explicitement la gestion des Centres de santé par les établissements à but lucratif. Il s’agit d’une dérive inacceptable).

Les centres de santé ont fait la preuve de leur efficacité pour un accès global à la santé sans discrimination. Ils reposent sur quelques principes : le travail en équipe, le salariat des professionnels, l’absence de dépassement d’honoraires, le tiers payant et un projet de santé pour le territoire incluant la prévention !

Sur les aspects techniques, il est possible de se rapprocher de la Fédération Nationale des Centres de Santé ou de la Fabrique des centres de santé.

La santé nécessite l’action au quotidien tout azimut  ! La participation des élus dans les différentes instances de la santé doit être active ! Si le maire a perdu des prérogatives avec la transformation par la loi Bachelot des conseils d’administration des hôpitaux en conseils de surveillance, sa participation ne peut se résumer à de la simple figuration, mais servir à la mobilisation populaire pour maintenir et améliorer les structures hospitalières et les maternités de proximité et pour des soins de qualité pour toutes et tous. Les contrats locaux de santé avec les ARS doivent être élaborés démocratiquement et peuvent être un soutien à une politique de prévention municipale ou intercommunale.

Aux élus aussi à articuler leurs actions avec les communes voisines, les niveaux supérieurs, départements, régions pour des politiques d’égalité territoriale, efficaces pour le service public et en finir avec la mise en concurrence des communes entre elles.

Les élus sont des citoyens, mais dont la parole porte particulièrement ! Leur action doit sortir du cadre étroit de leur localité pour l’accès aux soins de toutes et de tous et une vraie égalité territoriale. Il est toujours désagréable de voir un élu défendre sa collectivité contre les autres au détriment de l’intérêt commun ou participer à des partis politiques dont les prises de position nationales contredisent les actions locales.

Montargis : le Collectif intègre les instances représentatives

Cinq membres du Collectif montargois « Notre santé, notre hôpital, on y tient » ont été retenus par l’Agence régionale de santé pour intégrer en tant que représentants des usagers, les Commissions Des Usagers du Centre hospitalier de l’Agglomération montargoise, du Centre hospitalier Pierre Dezarnaulds de Gien et de LADAPT d’Amilly.

Le communiqué du collectif

Communiqué : L’intérêt de la population n’est pas défendu par la grève des médecins libéraux !

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L’intérêt de la population n’est pas défendu par la grève des médecins libéraux !

La grève des médecins libéraux s’accompagne d’une campagne médiatique dans laquelle ils prétendent défendre l’intérêt de la population, s’appuyant sur les défauts majeurs de la Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2026.

Cette LFSS ne répond effectivement pas aux besoins de la population, avec des recettes très insuffisantes pour permettre l’accès aux soins de toutes et tous et la prise en compte de l’autonomie. Il y a aussi des horreurs, comme la limitation des arrêts maladies ou le contrôle tatillon d’autres prescriptions médicales visant à les réduire.

Mais derrière ces critiques, partagées, justifiées, la plupart des organisations des médecins libéraux défendent avant tout leurs intérêts propres, la liberté d’installation, la liberté de pratiquer des dépassements d’honoraires, des libertés contraires à l’intérêt général ! Pourtant nombre de professionnels libéraux défendent l’intérêt général et la Coordination Nationale des Comités de défense des Hôpitaux et Maternité de proximité les assure de sa solidarité. Face à la financiarisation galopante, la médecine libérale ne devrait pas être timide dans sa dénonciation, alors que leurs organisations ont aussi réussi à faire capoter le projet de limiter les rentes économiques dans certains secteurs, en radiologie ou en biologie par exemple.

La médecine libérale ne devrait pas non plus s’engouffrer dans le piège tendu par nos gouvernants : augmenter les restes à charges pour les malades à travers les dépassements d’honoraires pour limiter les dépenses de la Sécurité Sociale !

La Coordination rappelle quelques unes de ses propositions :

– limiter la liberté d’installation, lorsque celle-ci s’oppose à la nécessaire égalité républicaine et la loi Garrot devrait être inscrite rapidement à l’ordre du jour du Sénat pour pouvoir être adoptée définitivement.

– former beaucoup plus de médecins et sur cette question, le soutien des syndicats de médecins libéraux manque terriblement, comme il manque d’ailleurs vis à vis des PADHUE.

– interdire les dépassements d’honoraires.

L’avenir est au développement du service public pour l’hospitalisation, l’autonomie et les soins de premier recours, répondant à la fois aux besoins de la population et à l’aspiration de nombre de professionnels d’un statut salarié. C’est le sens du document rédigé récemment par la Coordination sur la nécessité d’un service public territorial de soins de premier recours.