Montargis : le comité a tenu son assemblée générale

Assemblée générale du Collectif montargois Notre santé, notre hôpital on y tient

Notre Collectif a tenu samedi sa 6ème assemblée générale. L’occasion de revenir sur une année 2024 marquée par une politique gouvernementale toujours aussi défavorable à notre système de santé. Face à la crise majeure des hôpitaux et la disparition de la médecine de ville, les seules réponses apportées consistent à privatiser à tout va et alourdir nos dépenses de santé au dépend des populations les plus démunies.
Le renoncement aux soins n’est plus une option aujourd’hui, c’est devenu une lourde réalité : l’enquête que nous avons réalisée durant six mois auprès de 600 habitants de l’Agglomération montargoise révèle que 34% des personnes interrogées ont déjà renoncé à se faire soigner pour des raisons financières. Un scandale qui s’amplifie, dans l’indifférence des autorités sanitaires et des décideurs politiques.
Avec une équipe renouvelée et un nombre d’adhérents en forte hausse, notre Collectif est décidé à poursuivre les actions engagées en 2024.
Pour défendre nos EHPAD, garantir à nos aînés un bon accompagnement humain, une prise en charge de qualité et de proximité. Il est urgent pour cela de recruter des personnels en nombre et d’augmenter les dotations de ces établissements dont les déficits, cumulés d’année en année, menacent leur avenir. Après la fermeture brutale de la Résidence des Hirondelles de Dordives et les restructurations en cours au sein des EHPAD du Centre hospitalier d’Amilly, nous sommes décidés à poursuivre et amplifier les mobilisations.
Pour défendre le service public hospitalier et de soins de premier recours : qu’il s’agisse du CHAM ou malgré une communication institutionnelle bien huilée et une presse locale aux ordres, nous continuons de constater des fermetures de lits, des services en souffrance, des délais de consultations éloignés, et des cliniques privées qui sollicitent nos cartes bancaires tout autant que nos cartes d’assurés sociaux, le chemin sera long pour faire valoir nos revendication à un véritable accès aux soins pour toutes et tous.
Seul, le développement d’un service public territorial de soins de premier recours pourra mettre un frein à la dérégulation de « l’offre de soins » dont nous constatons chaque jour la faillite et la terrible iniquité.
Le Collectif montargois « Notre santé, notre hôpital on y tient » s’inscrit résolument dans les luttes progressistes aux côtés des organisations locales syndicales, associatives et politiques pour le développement de nos services publics, la recherche du bien-être et d’une bonne santé globale, l’éducation et la prévention. Notre force, c’est l’union !

Communiqué : L’urgence de changer de braquet dans les politiques de santé

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L’urgence de changer de braquet dans les politiques de santé

87 hôpitaux avaient déclenché un plan blanc au 10 janvier, d’autres depuis ont fait de même. Il s’agit là d’un dispositif exceptionnel, permettant en cas de catastrophe d’annuler tous soins programmés et de faire revenir du personnel. Or il n’y a eu ni attentat, ni tremblement de terre, simplement une épidémie de grippe saisonnière un peu plus forte que ces dernières années ! Ces suppressions d’activité programmées à répétition favorisent le report sur l’hospitalisation privée pour ceux qui peuvent se permettre les dépassements d’honoraires et autres faux frais. D’après les chiffres officiels, le volume d’activité de l‘hospitalisation privée est supérieur de 15,8 % à son niveau de 2019, tandis que celui du secteur public est inférieur de 5 % !

La « régulation » des urgences s’étend dans la plupart des hôpitaux : il faut appeler le 15, parfois de la porte même de l’hôpital, pour être accepté ou pas et cette obligation de sésame s’étend même à des maisons médicales de garde. Que la régulation aide la population à s’adresser au bon endroit est une chose, que les portes soient fermées en est une autre, mettant en danger celles et ceux qui dans le désarroi, ne savent se faire comprendre. Ce n’est pas seulement la Coordination qui dénonce ce danger, mais aussi des professionnels comme le Dr Wargon, chef du service des urgences de Saint Denis (93) et le Pr Casalino : « La filtration par la fermeture des services d’urgence est une fausse bonne idée, qui met en danger les patients les plus précaires et les plus fragiles. »

Cette régulation, dangereuse, est en plus absurde : les services d’urgence ne sont pas débordés par des patients qui auraient pu éventuellement consulter ailleurs, mais par ceux qui doivent être hospitalisés et restent des heures, des nuits sur des brancards, faute de place dans les services.

Il y a urgence, urgence de moyens financiers, urgence de formation !

Le déficit cumulé des hôpitaux publics s’aggrave, annoncé à 3,5Md € pour 2024. Ce n’est pas la minime augmentation de l’ONDAM annoncée par le premier Ministre qui va donner aux hôpitaux publics les moyens de répondre aux besoins : il faudrait 10 % !

Il faut former des professionnels en nombre : des aides soignant.e.s, des infirmier.e.s, des manipulateur.trice.s radio … les salarier pendant leurs études en échange d’un engagement de service public tout en veillant à garder les professionnels actuellement en poste en leur rendant ce à quoi ils aspirent : travailler pour soigner, pas pour la rentabilité ! Les facultés de médecine doivent avoir les moyens financiers pour former beaucoup plus de médecins, des études qu’il faut démocratiser. Arrêtons de vider les hôpitaux de leurs spécialistes au profit du secteur privé. C’est possible en allant vers l’égalisation des conditions de revenus entre le public et le privé et entre spécialités et en généralisant l’obligation de permanence des soins.

Communiqué : Des sous et du personnel pour la santé et l’autonomie !

Le communiqué en pdf

Des sous et du personnel pour la santé et l’autonomie !

L’épidémie de grippe vient de montrer une fois de plus la faillite de notre système de santé. Il y a une extrême urgence à répondre à cette crise, à former des soignants en nombre suffisant, à transformer la gestion de l’hôpital et de la médecine de ville vers la réponse aux besoins des patients et non vers la rentabilité, pour que les soignants s’y sentent bien et arrêtent de s’en détourner.

La Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de proximité se réjouit que des parlementaires soient à l’initiative de propositions de loi sur la santé. Un texte déjà voté par le Sénat sera en débat à l’Assemblée Nationale le 23 janvier. Il vise à instaurer un nombre minimum de soignants par patient hospitalisé. Puisse cette attention portée à nos soignants leur apporter un peu de baume au coeur ! Inspiré de réglementations de pays où l’hospitalisation est essentiellement privée à but lucratif, ce texte ne sera rien, sans une augmentation forte des formations de soignants, avec le salariat de leurs études en échange d’un engagement dans le service public. Pire, il pourrait donner des arguments pour de nouvelles fermetures de lits, ces lits qui manquent tant. Et comment ce nombre minimum peut-il être décidé sans l’avis des soignants, de leurs organisations syndicales ?

La proposition de loi transpartisane contre les déserts médicaux s’est enrichie depuis sa première version et la Coordination s’en félicite. Régulation de l’installation, obligation de participation à la permanence des soins, mesures pour démocratiser les études de médecine, suppression de Parcoursup pour l’entrée en IFSI … Mais sans obligation des facultés de médecine à former plus de médecins, accompagnée des moyens nécessaires, la situation sera encore pire dans dix ans !

Les mobilisations des usagers, contre les restes à charge en santé, les déserts médicaux ou la dangereuse régulation des urgences, celles des personnels de santé pour avoir les moyens de travailler, marquent des points avec le renoncement du gouvernement Bayrou à l’augmentation du ticket modérateur et son annonce d’une légère augmentation de l’ONDAM. La Coordination appelle à poursuivre la mobilisation car ce sont de vraies mesures qui sont nécessaires. Rappelons, en octobre, la FHF demandait une augmentation de l’ONDAM de 6 %, simplement pour maintenir l’existant. Il faut en finir avec les dépassements d’honoraires, former en nombre des médecins et tous les personnels de santé, établir un vrai accès égalitaire aux soins dans tous les territoires de notre pays en particulier en créant un service public de soins de premiers recours comme le propose le plan d’urgence de la Coordination.