Démographie des professionnels de santé : il faut un plan d’urgence

La Coordination a présenté son plan d’urgence le 2 mars au cours d’une conférence de presse

Le plan d’urgence proposé par la Coordination

Le manque de professionnels de santé entraîne une situation dramatique, mettant en péril la population. Il touche toutes les catégories professionnelles du soin et de la prévention (santé scolaire, santé au travail, PMI …), de la médecine organique comme de la psychiatrie.
Cette situation est le résultat de décennies de recherche d’économies dans le domaine de la santé et d’abandon du service public hospitalier au profit du privé, une politique mortifère renforcée au cours du quinquennat qui se termine.
Répondre aux besoins des populations nécessite des choix politiques urgents, d’autant plus que certaines mesures ne prendront leur plein efficacité que dans quelques années.
Ils doivent s’inscrire dans un projet de transformation profonde de notre système de santé.
considérant la santé dans sa globalité, et répondant aux besoins des populations, ce qui suppose une démocratie en santé renouvelée et des moyens financiers, dans le cadre d’une Sécurité Sociale gérée par ses bénéficiaires.
L’organisation territoriale du système de soins doit être repensée pour répondre aux besoins de toutes et tous partout avec un maillage territorial des hôpitaux publics assurant la proximité et le développement d’un service public de soins de premier recours
notamment autour des centres de santé : il faut envisager la transition de la médecine libérale vers une médecine de service public. La liberté d’installation ne peut être opposée à l’intérêt général et doit être limitée.
Seul un plan concerté associant plusieurs types de mesures peut permettre de répondre aux besoins :
– analyser démocratiquement les besoins à partir du terrain
– engager un plan d’urgence massif de formations
– éviter la fuite des professionnels de santé
– mieux répartir les professionnels dans le territoire
– réformer la permanence des soins
– développer un service public de soins de proximité

Vouziers : 700 personnes dans les rues contre la fermeture des urgences la nuit

Ce samedi 5 mars, 600 a 700 personnes défilaient dans les rues de Vouziers  contre la fermeture de nuit des urgences avant la fin du mois à l’initiative de l’UNSA et avec la participation de nombreux élus, de la LDH, du comité de défense des hôpitaux des Ardennes, de la CGT, du PCF.

Montargeois : 3000 signatures contre le forfait patient urgence

Le Collectif du Centre hospitalier d’Amilly s’est rendu en  délégation le 11 février dernier à l’Agence Régionale de Santé Centre-Val de Loire pour rencontrer le directeur et lui remettre les 3 000 signatures recueillies dans une quinzaine de communes du Montargois pour s’opposer au forfait patient urgence qui pénalise les plus précaires et les familles aux revenus modestes. Derrière une volonté de « simplification » affichée par le gouvernement, il s’agit en réalité pour lui de limiter le flux des consultations dans les services d’Urgences, en situation d’extrême tension, de faire des économies sur le dos des patients et usagers et de transférer les restes à charge sur les mutuelles privées avec pour conséquence, une hausse continue des cotisations (entre 4% et 12% en moyenne cette année).
Concrètement, cela signifie pour près de quatre millions de personnes non couvertes par une complémentaire santé ou dépourvues de protection sociale, un reste à charge de 19,61 euros (il avait été annoncé à 18 euros, lors du vote du PLFSS 2021) pour une simple consultation non suivie d’une hospitalisation.
Nous devions régler auparavant une part correspondant au ticket modérateur, soit 9 euros environ, c’est-à-dire la moitié du montant qui nous est désormais réclamé.
Qui plus est, cette somme est maintenant directement exigible au sortir des Urgences. pas de soins sans porte-monnaie, voilà la philosophie du président MACRON !
Nous avons rappelé à Monsieur HABERT directeur de l’ARS que la population de la région Centre-Val de Loire ne parvenait plus à accéder aux soins.
La  démographie médicale de notre région a la plus faible densité nationale (13ème région métropolitaine) en nombre de médecins pour 100 000 habitants, pour la médecine générale comme pour les spécialités. La démographie est aussi très  vieillissante, et ça va encore empirer ! Enfin, les médecins sont inégalement répartis : l’Indre-et-Loire conserve une majorité de médecins qu’elle forme au CHU de Tours, alors que l’Indre est le 95ème – et dernier – département de France métropolitaine.
Mais cette situation concerne en réalité l’ensemble de nos territoires : les zones rurales comme  les bassins de villes moyennes et les grandes métropoles.
Les patients et usagers ne bénéficient plus de la prévention ni des soins nécessaires, quand plus d’un quart des Loirétains n’a pas ou n’a plus de médecin traitant.
C’est pourquoi, nous avons solennellement  demandé à Madame la préfète du Loiret et de la région Centre de décider d’un moratoire d’application du forfait patient urgence dans l’ensemble des hôpitaux de la région Centre-Val de Loire tant que la population sera empêchée de consulter et de se voir proposer un médecin référent.
Il s’agit également pour l’Etat  de prendre les dispositions permettant de rétablir les permanences de garde médicale, les soirs et weekends puisque aucune solution ne s’offre aux Loirétains.
Le Collectif de soutien du CHAM  » Notre hôpital, notre santé on y tient  » poursuit sa mobilisation sur l’Est du Loiret pour faire valoir le droit fondamental à être soigné et à vivre en bonne santé. Cette lutte est rendue nécessaire, plus que jamais, alors que nos hôpitaux de proximité restent menacés ou sont fermés du jour au lendemain. C’est le cas du service de médecine de l’hôpital de Neuville-aux-Bois pour lequel l’Agence Régionale  de Santé se veut rassurante, en indiquant qu’il s’agit d’une mesure de fermeture temporaire de six mois du fait d’un manque d’effectif infirmiers. Mais nous savons bien ce qu’il en est, malheureusement. Par un effet dramatique  de jeux de dominos, nos établissements publics de santé sont regroupés, fusionnés, sans qu’il n’y ait aucune volonté politique de préserver et réparer la casse.
Arrêtons de subir, le temps est à la mobilisation citoyenne !