Auteur/autrice : michelelfn
Gien : rassemblement devant l’hôpital le mardi 10 février
Le Collectif Santé Est-Loiret apporte son plein soutien aux personnels et alerte sur les risques qui pèsent sur la continuité des activités de l’hôpital, les Urgences, la maternité et le pôle médecine.
Mayenne : la Mayenne a besoin de 3 centres hospitaliers, avec chacun son SAU et son SMUR opérationnels 24h sur 24.
Communiqué : Réseau France Santé : la grande opération de communication !
Réseau France Santé : la grande opération de communication !
La colère monte dans notre pays contre les difficultés d’accès aux soins, alors le gouvernement a décidé d’agir ou plutôt de communiquer avec la mise en place du Réseau France Santé : un label accordé à des structures donnant la possibilité d’obtenir un rendez-vous médical dans un délai de 48 heures, des consultations sans dépassement d’honoraires et une ouverture au moins cinq jours par semaine.
Inutile de dire que ce label ne va pas inventer des médecins nouveaux, ni régler la question des urgences hospitalières : un rendez-vous dans 48 h pour une mère inquiète de la fièvre de son enfant ou pour une personne âgée craignant d’avoir des signes avant coureur d’un accident vasculaire cérébral, cela n’est pas rassurant ! D’ailleurs, la vraie raison de l’encombrement des urgences hospitalières, c’est le manque de lits pour hospitaliser celles et ceux qui justement ne relèvent pas de la médecine de ville.
Mais un label, cela permet de communiquer ! Et les ARS ne s’en privent pas ! La plupart ont fait leur communiqué ou leurs communiqués, un par département en associant préfets et conseils départementaux. La préfecture des Yvelines l’a même repris sur son site !
Les premières labellisations faites à toute allure (120 en Ile de France à fin 2025) concernent évidemment des structures répondant déjà aux critères :
– des maisons de santé pluri-professionnelles, sans doute celles qui fonctionnent le mieux déjà !
– beaucoup de centres de santé, municipaux en particulier dans la petite couronne parisienne ou Filiéris (les anciens centres de santé des mines). Ce n’est pas le label qui les crée !
– des hôpitaux en particulier en Bretagne ou en Bourgogne Franche Comté.
– à la marge, mais cela dénote le bricolage, des médicobus et même en Pays de Loire des pharmacies !
Quelle sera la suite de ce plan ? Quelle transparence des financements annoncés ? La Cour des Comptes a épinglé le mille feuilles des aides censées lutter contre les déserts médicaux, jugées inefficaces ! Les critères ressemblent beaucoup à ceux remplis par les centres de soins non programmés adossés à des sociétés à but lucratif qui captent des médecins au détriment d’une véritable prise en charge dans la durée des populations !
La Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité revendique la création d’un véritable service public service territorial de soins de premier recours autour des centres de santé publics ou non lucratifs. Elle rappelle son plan d’urgence pour les professionnels de santé : la nécessité d’en former beaucoup plus, la nécessité d’une meilleure répartition en limitant la liberté d’installation quand elle s’oppose à l’intérêt général, l’urgence de mettre fin aux dépassements d’honoraires.
En terme de formation et de communication, le gouvernement vient de faire très fort : après avoir supprimé en silence les financements donnés aux régions pour la formation d’infirmières, ce qui a amené des régions à diminuer les places affichées sur Parcoursup, il se vante de donner des crédits pour former plus d’infirmières : c’est malhonnête !
Élections municipales et santé : les élus peuvent agir
Élections municipales et santé : les élus peuvent agir
La santé relève des politiques nationales : l’accès à la santé est mis à mal actuellement par les politiques d’austérité et d’abandon au secteur privé avec en corollaire le manque de professionnels de santé. Il est nécessaire de lutter pour des moyens aux hôpitaux et EHPAD publiques, pour une régulation de l’installation des médecins contre les déserts médicaux et les inégalités territoriales, pour une formation en nombre de professionnels de santé, contre tous les restes à charges pour les malades comme les dépassements d’honoraires.
Mais les élus du bloc communal (communes et intercommunalités) peuvent agir !
– Concrètement, ils peuvent contribuer à la mise en place d’un service public de soins de premier recours avec les centres de santé municipaux ou intercommunaux (ou aider à la mise en place de centres de santé gérés par des hôpitaux, des mutuelles, association ou SCIC -société coopérative d’intérêt collectif. Mais attention : une ordonnance de 2018 permet explicitement la gestion des Centres de santé par les établissements à but lucratif. Il s’agit d’une dérive inacceptable).
Les centres de santé ont fait la preuve de leur efficacité pour un accès global à la santé sans discrimination. Ils reposent sur quelques principes : le travail en équipe, le salariat des professionnels, l’absence de dépassement d’honoraires, le tiers payant et un projet de santé pour le territoire incluant la prévention !
Sur les aspects techniques, il est possible de se rapprocher de la Fédération Nationale des Centres de Santé ou de la Fabrique des centres de santé.
– La santé nécessite l’action au quotidien tout azimut ! La participation des élus dans les différentes instances de la santé doit être active ! Si le maire a perdu des prérogatives avec la transformation par la loi Bachelot des conseils d’administration des hôpitaux en conseils de surveillance, sa participation ne peut se résumer à de la simple figuration, mais servir à la mobilisation populaire pour maintenir et améliorer les structures hospitalières et les maternités de proximité et pour des soins de qualité pour toutes et tous. Les contrats locaux de santé avec les ARS doivent être élaborés démocratiquement et peuvent être un soutien à une politique de prévention municipale ou intercommunale.
Aux élus aussi à articuler leurs actions avec les communes voisines, les niveaux supérieurs, départements, régions pour des politiques d’égalité territoriale, efficaces pour le service public et en finir avec la mise en concurrence des communes entre elles.
– Les élus sont des citoyens, mais dont la parole porte particulièrement ! Leur action doit sortir du cadre étroit de leur localité pour l’accès aux soins de toutes et de tous et une vraie égalité territoriale. Il est toujours désagréable de voir un élu défendre sa collectivité contre les autres au détriment de l’intérêt commun ou participer à des partis politiques dont les prises de position nationales contredisent les actions locales.



