Communiqué de la Coordination : Investissements hospitaliers : une urgence démocratique, une urgence de proximité !

Investissements hospitaliers :

une urgence démocratique, une urgence de proximité !

La mobilisation des personnels hospitaliers et de la population pour l’hôpital public, débutée avant la pandémie de COVID a été telle que le gouvernement a été obligé d’annoncer, outre les bien insuffisantes revalorisations des salaires des personnels, un plan d’investissement que le président de la République et les ministres utilisent pour leur communication personnelle.

Relativisons déjà l’ampleur des annonces globales. Le chiffre qui pourrait paraître énorme de 19 milliards d’euro sur 10 ans représente en fait, de l’ordre de 1% par an des dépenses d’assurance maladie. Et l’absence de clarté globale sur la source des financements ne peut que faire craindre des contreparties désastreuses !

Sur cette somme, 2 milliards seront consacrés à l’investissement dans le numérique. Est ce que cela servira au progrès médical, aidera les personnels ? Ou est ce que cela ne fera que renforcer la surveillance du travail des personnels, le temps qu’ils doivent passer devant l’ordinateur ou la tablette au lieu de le consacrer aux malades et à instaurer la barrière numérique entre patients et soignants ?

Mais la perle reste dans la méthode : alors même que le gouvernement annonce un changement de méthode pour définir les orientations stratégiques en terme d’investissements en santé en mettant en place le conseil national de l’investissement en santé où l’on cherche d’ailleurs la place des citoyens, à part sans doute quelques élus triés sur le volet, les ministres, le Premier Ministre et même le Président de la République se succèdent pour distribuer les millions, à droite et à gauche, à Nancy, Tours, Nantes. Le 14 avril, c’est E. Macron en personne à Reims et le 16 avril, c’est J. Castex à Caen.

Il y a urgence à investir pour l’hôpital public mais il y a urgence aussi à ce que les investissements ne soient pas le fait du prince !

La Coordination Nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité exige un véritable débat démocratique associant usagers, élus et personnels de santé pour un plan d’investissement dans l’hôpital public assurant l’accès aux soins de toutes et tous dans la qualité, ce qui nécessite modernisation et proximité.

Elle souligne également qu’il ne suffit pas d’annuler des suppressions d’emplois. Il faut aussi les pourvoir : cela nécessite une augmentation du nombre de professionnels formés, leur juste répartition sur l’ensemble du territoire et des conditions de travail dignes (salaires et aussi la fin d’une gestion qui ne cherche que la rentabilité au détriment de l’humain) sans lesquelles les personnels sont poussés à la démission, ou, beaucoup plus tragiquement, au suicide.

Le communiqué

Le soutien aux amendés de Millau

Pour retrouver leur appel

La lettre de la Coordination au procureur de la République de Rodez

Le soutien du comité de Decize

Le soutien du Manifeste

Le soutien du comité d’Aubenas

Le soutien du comité de Concarneau

Le soutien du comité des Ardennes

Le soutien du comité de Ruffec

Le soutien du collectif du Sud Yvelines

Le soutien du comité d’Ivry sur Seine

La lettre du collectif du bocage virois

La lettre du comité de Sarlat

 

Nantes : le collectif nantais dit non au regroupement sur un seul site

CHU NANTES

NON AU REGROUPEMENT SUR UN SEUL SITE

OUI AU MAINTIEN DE L’HÔPITAL LAENNEC

OUI À L’AUGMENTATION DES LITS ET DU PERSONNEL

Le Collectif nantais pour le droit à la santé et à la protection sociale pour toutes et tous se félicite de la prise de position du maire de Saint-Herblain en matière de santé publique. Avec son courrier au Ministre de la santé Olivier Véran, il est le seul maire de la région à poser le bon diagnostic : nous aurons besoin de l’hôpital Laënnec dans le futur il est imprévoyant de le démolir, de vendre le terrain, pour ensuite devoir le reconstruire.

L’hôpital public est aujourd’hui sous-dimensionné. Chaque citoyen.ne en fait aujourd’hui l’expérience : qui n’a pas dans son entourage une personne connaissant des délais d’attente toujours plus longs pour se faire soigner ? Une future maman suivie par le CHU transférée au secteur privé pour accoucher faute de moyens dans le public ? Un parent ou un.e ami.e dont les opérations sont déprogrammées ou repoussées(en dehors de la situation sanitaire actuelle) ? Des soignant.es qui n’en peuvent plus des heures supplémentaires non récupérées, des congés reportés, des jours de repos annulés, des flux tendus qui mettent à mal la qualité des soins, la santé des soignant.e.s et celle des malades ?

La pandémie est venue amplifier le manque de moyens et a conduit à l’obligation de reporter les opérations non urgentes mais elle a aussi conduit à des absences ou carences de diagnostics et les suivis.

La très officielle agence d’études urbaines de l’agglomération (AURAN) a chiffré à plus 100 000 le nombre d’habitant.es supplémentaires à l’horizon 2030. L’hôpital actuel qui ne peut déjà pas faire face aux besoins de la population, ne pourra pas non plus le faire dans les années à venir avec moins de moyens matériels et humains et cela même en développant l’ambulatoire (hospitalisation à la journée) .

Le Collectif nantais pour le droit à la santé et à la protection sociale pour toutes et tous refuse ce qui constitue une politique d’austérité en matière de santé. La santé est un besoin essentiel de la population et il faut se donner les moyens d’y répondre. A côté du privé, il doit exister un service public de santé de qualité. On ne peut pas d’un côté verser des millions à l’industrie et au commerce et dans le même temps les refuser à la santé et aux soignants !

Nantes a besoin de davantage de lits de médecine, de chirurgie et d’obstétrique (MCO) et de former davantage de soignant.es pour combler le déficit actuel. Le futur CHU, tel qu’il est actuellement prévu, ne pourra pas y répondre. À côté du site du centre ville de Nantes, le CHU doit maintenir un site au Nord- Ouest de l’agglomération.

Le Collectif nantais pour le droit à la santé et à la protection sociale pour toutes et tous dit «Non au regroupement sur un seul site des lits de MCO, Oui à l’augmentation des lits de MCO et de Soins de Suites et de Réadaptation et du personnel hospitalier.

L’enjeu de notre santé n’est pas de marchander des destructions de bâtiments, des réductions de l’outil de santé actuel et d’engager des négociations en catimini sur quelques lits pour faire passer la pilule !

L’enjeu de notre santé mérite un vrai débat démocratique et public, on ne peut pas voter des textes renforçant la démocratie en santé d’un côté et refuser l’implication des parties prenantes de l’autre. Nos organisations demandent l’ouverture d’un vrai débat sur la réponse à apporter aux besoins de santé du territoire.

Collectif nantais

Pour le droit à la santé et à la protection sociale pour toutes et tous

ATTAC 44, CSF 44 , Les Assiettes Chinoises, Le Planning Familial 44 ,LDH ( section de Nantes et pays nantais ) Ni pauvres ni soumis 44, UD 44 CGT, FGR-FP 44 , FSU 44, SMG 44,SUD Santé Sociaux 44, Association de Veille Écologique et Citoyenne Nantes , Ensemble !44, France Insoumise santé 44, GDS44, Saint Herblain en Commun.

Le communiqué