Le bulletin de la semaine 37

Services d’urgences engorgés, personnels soignants épuisés et débordés, patients qui attendent des heures : Les Urgences hospitalières sont malades d’où les 250 services qui se sont mis en grève progressivement et durablement.

Les causes du problème sont connues.  Elles sont les mêmes partout.

C’est d’abord l’accroissement massif de la fréquentation de ces services. Ces dix dernières années, le nombre annuel de passages y a doublé, parce que les urgences sont de plus en plus souvent le seul recours possible pour les patients. Les généralistes, mal répartis, en effectif constant voire en baisse face au vieillissement de la population, se sont progressivement désengagés de la permanence des soins.

C’est ensuite l’insuffisance des moyens humains et matériels que les soignants dénoncent depuis des mois. Les locaux, les équipements et les effectifs de personnel n’ont pas suivi l’évolution de la fréquentation. Pour ces derniers les conditions de travail et les niveaux de rémunération sont de plus en plus dissuasifs.

C’est enfin l’insuffisance des lits d’aval, qui ajoute à l’engorgement des entrées la réduction des possibilités de sortie. Les gouvernements successifs les ont massivement fermés, et en ferment encore, pour des motifs de rationalisation des dépenses et d’efficience qui génèrent finalement des dysfonctionnements, une aggravation des conditions de travail des soignants et un recul de la qualité de la prise en charge des patients. Triste bilan !

Aucune des 12 mesures annoncées le 9 septembre ne porte sur ces différents points. Aucune de ces mesures n’aura d’effet immédiat.

La ministre joue sur l’effet d’annonce. 750 millions d’euros sur trois ans c’est simplement 250 millions par an et ce ne sont pas des moyens supplémentaires puisque ces sommes seront prélevées sur des crédits existants, ce qui entraînera des reculs durables dans d’autres services. Prélevés une année, ils ne seront pas restitués l’année suivante.

Elle table essentiellement sur le désengorgement. Pour cela, elle promet de consacrer près de la moitié de cette somme à la création d’un « service d’accès aux soins » dont la mission sera d’orienter les patients mais n’est pas déjà le rôle des centres 15 ? Les patients et les soignants attendaient une amélioration des capacités de soins. Ils se voient accorder un doublement des dispositifs d’orientation vers des services dont les capacités resteront inchangées.

Elle table aussi sur des maisons médicales de garde ouvertes 24h/24 et 7j/7 mais avec quels médecins dans un contexte de désertification médicale de plus en plus prégnant ? Et près de quels services d’Urgences quand elle les remplace par des centres de soins non programmés qui ne sont pas astreints à cette amplitude d’ouverture ?

Elle table enfin sur l’admission directe sans passage aux Urgences des plus de 65 ans mais vers quelles structures quand les soignants sont déjà aux prises avec une insuffisance chronique de lits d’aval ?

Sans préjuger des résultats, on peut d’ores et déjà douter de la pertinence de ces mesures.

Le bulletin

Psychiatrie : Réunion Publique le jeudi 3 Octobre à 19h à Nimes

Réunion Publique le Jeudi 3 Octobre de 19h à 22h à Nimes (IFME)

L’Union Syndicale de la Psychiatrie et le syndicat Sud Santé Sociaux Gard Lozère ( et tous ceux-celles qui voudront s’y joindre) organisent un « Printemps de la Psychiatrie » dans le Gard.

En déclinaison des réunions et manifestations nationales qui ont lieu à Paris depuis l’automne dernier , et qui ont notamment donné lieu au manifeste du printemps de la psychiatrie pour un renouveau des soins psychiques, porté par prés d’une cinquantaine d’organisations , citoyennes, syndicales, politiques ou associatives, afin d’ouvrir un débat public sur la grande misère de la psychiatrie, de ceux qui en sont les acteurs et de ceux qui en « bénéficient » (.. ou la subissent !),à l’heure où un « plan psychiatrie » doit être annoncé le 18 septembre prochain.

Printemps de la Psychiatrie
Pour un renouveau des soins psychiques

Refondation des services d’urgence

L’Association des petites villes de France, que préside Christophe Bouillon, Député de Seine-Maritime et Maire honoraire de Canteleu, a pris connaissance avec intérêt des annonces de Madame la Ministre de la Santé concernant la crise qui sévit aux urgences dans les hôpitaux.

L’article – apvf – Septembre 2019

Bulletin semaine 36

Il y a des luttes à mener qui sortent des buts de la Coordination Nationale mais que beaucoup d’entre nous partagent : libérer les réseaux sociaux et plus globalement internet du monde de la finance.

En attendant, avec tous leurs inconvénients, leurs algorithmes, leurs publicités… il faut bien reconnaître que ces réseaux servent aux mobilisations citoyennes : cela fait partie des contradictions du système !

Alors, la Coordination Nationale a décidé d’ouvrir une page Facebook. Elle est née en douceur pendant l’été : https://www.facebook.com/Coordinationdefensesante/

A nous tous maintenant de la faire connaître : aimez, partagez, commentez !

Et cela ne vient bien sur qu’en complément de toutes nos autres actions, avec à l’ordre du jour de cette semaine le soutien aux mobilisations des personnels hospitaliers (cf notre communiqué page 6)

 

L’édito et le bulletin