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Communiqué – Mobilisation générale : le budget de l’assurance maladie doit répondre aux besoins

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Mobilisation générale : le budget de l’assurance maladie doit répondre aux besoins

L’hôpital public est en crise : des lits sont supprimés, des services ferment. Des réorganisations sont demandées par les ARS pour faire des économies, privilégier les activités « rentables » comme le fait le privé au détriment des malades, de la nécessaire proximité. La psychiatrie publique est moribonde.

La canicule de l’été a montré l’importance des investissements nécessaires pour adapter nos hôpitaux et EHPAD au changement climatique, comme elle confirme l’absurdité de l’éloignement des lieux de soins, générateurs de transports inutiles, nocifs pour la planète et les finances.

Trouver un médecin traitant relève du parcours du combattant dans la plupart des territoires de notre pays.

Consulter un médecin spécialiste en ville est de plus en plus souvent synonyme de dépassements d’honoraires et il en est de même dans l’hospitalisation privée, recours souvent nécessaire par défaut de service public.

Dans des décrets passés en catimini pendant l’été, le gouvernement a baissé les taux de remboursements de la Sécurité Sociale pour les soins dentaires, les transports sanitaires, les dispositifs médicaux et certains médicaments. Tant pis pour celles et ceux qui n’ont pas de complémentaires, et pour les autres cela se répercutera mécaniquement sur la cotisation.

La valse hésitation sur le plafond des franchises, qui, initialement devait être doublé et qui serait augmenté finalement de 40 % témoigne de la volonté du gouvernement de réduire, coûte que coûte les dépenses publiques de santé. Mais il a du aussi tenir compte de l’hostilité et des protestations de nombreuses organisations politiques, syndicales et associatives.

Alors, on va mobiliser beaucoup plus fort, pour casser ce verrou fictif imposant la baisse des dépenses de la Sécurité Sociale. Le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale 2027 (PLFSS) doit être celui de l’augmentation des recettes pour répondre aux besoins.

C’est possible : des pistes existent, entre-autre la baisse voire la suppression des exonérations de cotisations sociales.

La Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité invite la population à se mobiliser avec ses organisations associatives, syndicales et politiques, dans leur diversité, pour que l’accès aux soins en proximité, sans freins financiers, ni discrimination de quelque nature que se soit, devienne une réalité.

Elle soutiendra toutes les mobilisations allant en ce sens, comme la journée d’action de la Fédération CGT santé et action sociale du 15 septembre.

Elle lance une pétition contre les dépassements d’honoraires et les franchises.

Avec ses comités elle organise un temps fort de mobilisation dans la proximité la première quinzaine d’octobre, une campagne qui sera lancée à Montargis les 2, 3 et 4 octobre avec le Collectif Santé Est Loiret et la Convergence de défense et développement des services publics d’Indre-et-Loire.

Voiron : une première victoire obtenue grâce à l’unité d’action

Les urgences pédiatriques de Voiron devraient rouvrir toutes les nuits à partir du 31 août

 

Les urgences pédiatriques de Voiron devraient rouvrir toutes les nuits à partir du 31 août

Le CHU Grenoble-Alpes a annoncé son intention de rouvrir l’accueil aux urgences pédiatriques de Voiron toutes les nuits à compter du 31 août.

Ce service est fermé de 18 h à 8 h depuis le 4 mai, avec une réouverture partielle (les nuits du lundi au mardi et du jeudi au vendredi) depuis le 27 juillet.

Le CHU a justifié la fermeture dans son communiqué de presse du 27 avril « en raison d’un sous-effectif du personnel de pédiatrie » et conseillait aux familles en période nocturne et si leur « demande de soins ne [pouvait] être différée », d’« appeler le 15 pour être adressé[es] si nécessaire vers un médecin de garde » ou de se « rendre au service des urgences pédiatriques de l’hôpital Couple-Enfant à La Tronche ».

Un trajet de 30 minutes (au mieux), qui s’ajoutait à la distance séparant les familles du CHV.

Le 27 juillet, l’hôpital grenoblois annonçait cependant une réouverture nocturne partielle les nuits des lundis et jeudis des urgences pédiatriques de Voiron et se félicitait d’une « nouvelle étape rendue possible par la mobilisation des équipes médicales, soignantes et administratives du site de Voiron, ainsi qu’à la solidarité et à l’engagement des professionnels du CHU Grenoble-Alpes sur l’ensemble de ses sites. »

Le communiqué de presse commun diffusé le 11 aout par les syndicats CGT, FO et SNMH-FO ajoute toutefois une précision importante :

« Nous considérons cette réouverture comme une victoire de l’unité de tous les personnels médicaux et non médicaux. Avec l’appui des organisations syndicales et de la population, la pression exercée notamment avec la manifestation du 13 juin a clairement favorisé la mise en œuvre des recrutements nécessaires. »

À leurs yeux,« la direction et la présidence de CME (commission médicale d’établissement, NDLR) ont pu s’appuyer sur cette unité pour faire aboutir les démarches nécessaires au maintien de cette offre de soins indispensable pour la population du Voironnais ».

Un hommage indirect à l’implication du Collectif Santé Voironnais dont la banderole a été remarquée lors de la manifestation du. Quant aux urgences adultes du CHV, toujours fermées le soir et la nuit cinq jours par semaine, la question n’est toujours pas résolue. Une bonne nouvelle ne saurait faire oublier le reste… même si, après avoir accompli cent pas en arrière, le moindre pas dans le bon sens donne l’impression d’avancer.

Cet article reprend en grande partie un article de Rue Haute https://www.ruehaute.info avec son aimable autorisation.

Témoignage

Béziers, 16 Oct. « L’hôpital est assiégé par une population venue du monde entier. Nous devons supprimer l’AME ». Éric Zemmour.

Et Philippe Le Conte, médecin au CHU de Nantes, de lui répondre:

« Salut Eric,

Demain, à 00h, j’en serai à 64h de travail en une semaine en tant que senior aux urgences pédiatriques. Des urgences qui débordent, des urgences qui ont parfois l’air assiégé, des urgences où l’on se sent assiégé, nous, médecins, infirmières, aides-soignantes

Mais, ah…tu sais quoi Eric ? Y’a personne de bénéficiaire de l’AME qui assiège mon hôpital, ou bien c’est le siège le plus light de l’histoire des sièges.

Des personnes en situation irrégulière avec des enfants en situation irrégulière, j’en ai parfois, et c’est rare franchement.

D’ailleurs, tu sais Eric, la vérité, c’est que l’AME coûte environ 1 milliard…sur un budget de 200 milliards au total pour la Sécu, ce système que toi et tes copains politiques vous vous entêtez depuis des années à faire croire aux gens qu’il devrait générer des bénéfice et non un « trou », un système dont l’idée est d’être une solidarité qui ferait des bénéfices. C’est comme si demain, les restos du cœurs investissaient en Bourse.

Mais ça, Eric, t’en as rien à foutre, tu n’as jamais bossé dans un hôpital. Tu n’as jamais eu le salaire de misère d’une aide-soignante pour se casser le dos pour garder la dignité d’un malade.

Les malades pris en charge par l’AME, tu t’en fous encore plus, d’ailleurs on t’a jamais vu soigner une Tuberculose, qui pourrait faire des ravages en France si on ne prenait pas en charge ces gens qui vivent, quasi-toujours, dans des conditions que même un chien ne voudrait pas, qui sont employés au black sur des chantiers ou dans des restos, mais là, ça va, c’est cool.

J’ai déjà soigné des gens qui avaient l’AME, Eric. Pendant mon externat, en maladie infectieuse, des gens qui avaient fui et s’étaient réfugiés en France pour échapper à la mort, au viol, à la torture, à la mutilation, à la misère…

Ces gens que tu jettes en pâture aux autres citoyens que tu abuses.

J’en ai soigné aussi quelques-uns des gosses qui bénéficiaient de l’AME, dont l’un s’était enfoncé un clou dans le pied et que j’ai vacciné au passage parce qu’il avait fui son pays sans rien.

Et si demain j’ai d’autres patients qui viennent devant moi et qui ont besoin de soins en urgences, je les soignerais, même si on me l’interdit.

Et je t’emmerde, Eric.

Ce qui assiège vraiment l’hôpital aujourd’hui, c’est vous.

Les politiques, les financiers qui pensent que l’on peut monnayer une vie humaine, que l’on peut décider de laisser crever des gens sur notre sol parce qu’ils n’ont pas un bout de papier pour ça quand vous balancez des milliards d’euros pour de l’évasion fiscale (#PandoraPapers #PanamaPapers) ou des millions d’euros pour des campagnes électorales…

Ce qui assiège l’hôpital, c’est le manque de moyens, le manque de lits, les salaires de merde, le manque de personnel, les heures interminables, le manque de prévention, le manque de pédagogie médicale au grand public, le manque de médecins formés, le manque de considération d’une classe politique qui s’en bat les couilles dès qu’ils ne risquent pas leur vie ou leur mandat.

Certainement pas les quelques pauvres femmes, hommes et enfants que l’AME permet de soigner comme des êtres humains et de ne pas les laisser comme des chiens dans un caniveau.

Je fais pas de politique, Eric.

Mais toi alors, fais pas de médical, parce que t’es pas médecin.

Et fais pas d’humanité, parce que tu sais pas ce que c’est. »