Actualités

Investissements hospitaliers – De quelle nouvelle politique parle-t-on ?

Circulaire du 10 mars 2021 relative à la relance de l’investissement dans le système de santé

En juillet 2020, engagement du Gouvernement de transformer en profondeur notre système de santé autour de 4 axes : transformer les métiers et revaloriser ceux qui soignent ; définir une nouvelle politique d’investissement et de financement au service de la qualité des soins ; simplifier les organisations et le quotidien des équipes de santé pour qu’ils se consacrent en priorité à leurs patients ; fédérer les acteurs de la santé dans les territoires au service des usagers.

Etape 1 – Transformer les métiers et revaloriser ceux qui soignent

Mise en œuvre immédiate de la quasi-totalité des mesures relatives aux revalorisations prévues à l’accord du 13 juillet :
– augmentation de 183 € nets pour tous les agents des hôpitaux et des EHPAD,
– augmentation de la prime de service public exclusif pour les praticiens hospitaliers, (elle passe de 700 à 1010 € le 01/03/2021)
– revalorisation des indemnités de stage ont été revalorisées pour les étudiants ainsi que les gardes pour les internes.

Il reste à finaliser la révision des grilles de rémunération des soignants au cours de l’année 2021.

Etape 2 –  mise en œuvre opérationnelle du plan de relance de l’investissement dans le système de santé
(19 Md€ sur 10 ans, dont 6 Md€ de crédits France Relance refinancés par l’Union européenne).

Il est prévu 15,5 Md€ pour l’hôpital et la ville ; 2, 1 Md€ pour les EHPAD dont 0,6 Md€ pour le numérique (grand âge et handicap), 1,4 Md€ pour le développement du numérique en santé.

Ces montants sont à mettre en parallèle avec l’évolution récente des investissements hospitaliers. « Ils sont en berne depuis sept ans et gravitent autour de 3 milliards d’euros annuels contre 6 milliards précédemment » (Source FHF).

Objectifs :

  • accélérer la transformation de l’offre de soins et d’accompagnement dans les territoires,
  • améliorer les conditions de travail des professionnels et l’accueil des personnes.

Ce plan débutera dès 2021 dans l’ensemble de ses composantes Il sera mis en œuvre en lien étroit avec les élus locaux concernés conformément à l’engagement pris lors du Ségur et pourra donner lieu à un effort financier coordonné entre l’État et les collectivités territoriales de projets et d’initiatives portées par l’ensemble des acteurs impliqués dans la modernisation de notre offre de soins.

Nouvelle politique d’investissement en rupture avec les modalités retenues depuis 10 ans dans le cadre du COPERMO. Elle est fondée sur les grands principes suivants :

  • approche transversale de la stratégie régionale d’investissement,
  • déconcentration forte de la politique de soutien aux investissements auprès des ARS pour une meilleure évaluation des besoins à couvrir sur l’ensemble des secteurs sanitaire, médico-social et de ville, et un plus fort décloisonnement entre ces secteurs,
  • pilotage rénové associant étroitement les élus aux niveaux national et local,
  • remise à plat des référentiels d’examen des projets pour mieux répondre aux besoins tout en garantissant leurs performance et soutenabilité budgétaire,
  • accompagnement renforcé des maîtres d’ouvrage par des experts de haut niveau.

Déclaration d’intention où les idées forces sont déconcentration de la politique de soutien aux investissements auprès des ARS (qui en avaient déjà le contrôle) et pilotage rénové associant étroitement les élus aux niveaux national et local

Cadre général de mise en œuvre du plan d’investissement

1. Une enveloppe de 19 Md€ pour transformer notre système de santé

dont 13 Md€ consolidés dans l’article 50 LFSS 2021 et 6 Md€ ajoutés à l’occasion du Ségur et intégrés à France Relance. L’allocation de ces ressources aux porteurs de projets suivra plusieurs canaux :

  • 6,5 Md€ sur 10 ans strictement consacrés à la restauration des capacités financières des établissements de santé assurant le service public hospitalier. L’injection d’une somme aussi importante dans les bilans des établissements est justifiée par la situation financière fragile de nombreux établissements assurant le service public. Les crédits alloués chaque année permettront d’améliorer la marge brute et la trajectoire de désendettement. Les établissements qui bénéficieront de ces ressources. Ils doivent s’engager par contrat à réduire leur dette sur une période de 10 ans et respecter scrupuleusement les objectifs fixés sans quoi la trajectoire des finances publiques s’en trouvera dégradée.
  • 3 9 Md€1 sur 10 ans destinés à financer directement de nouveaux investissements dans les établissements de santé et en ville. 1,5 Md€ sur 5 ans pour les EHPAD. Ces crédits seront pilotés par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA)
  • 2,1 Md€ sur 3 ans pour le numérique en santé,

« L’endettement des EPS reste supérieur à 30 Md€ et le financement de l’investissement courant est insuffisant pour plus de 80% d’entre eux »

« 18 % des EPS présentaient une Capacité d’Auto-Financement nette négative en 2005, cette situation concernait 35 % d’entre eux en 2018 (soit 299 établissements) »

« L’investissement courant des EPS est orienté à la baisse depuis 2007et se trouve depuis 2015 inférieur au seuil de 3% des produits, généralement considéré comme un seuil incompressible afin de permettre le renouvellement des équipements et le maintien en état des capacités des établissements. »

« Les taux de vétusté des équipements et des constructions, révélateurs du besoin en investissement des EPS, sont tous deux orientés à la hausse depuis 2013. Le taux de vétusté des équipements atteint 80% en 2018. La même année, celui des constructions dépasse tout juste 50%. »

« Fin 2019 l’encours de dette des EPS est estimé à 30,2Md€, auxquels s’ajouteraient 8,6Md€ de frais financiers, pour une assiette de départ atteignant donc 38,8Md€. »

Source : https://www.igas.gouv.fr/IMG/pdf/2019-121-rapport_dette_eps-d.pdf Avril 2020

2. Un pilotage déconcentré auprès des ARS

Cette déconcentration poursuit trois objectifs :
– Proposer en tout point du territoire une offre de soins et d’accompagnement graduée, globale, coordonnée et accessible. Le plan d’investissement doit être mis au service d’une démarche d’aménagement du territoire de santé et de transformation de l’offre avec pour objectif une meilleure intégration des acteurs au service du parcours des usagers.
– Déployer une stratégie transversale en s’appuyant sur la compétence des ARS en matière sanitaire et médico-sociale.
– Permettre l’accompagnement en amont des principaux projets, dans une logique de « marche en avant » en permettant de conforter ces choix au fil de l’avancée du projet, plutôt qu’à la fin de la phase d’études, comme cela était le cas dans le cadre de l’ancienne procédure du COPERMO.

Les ARS sont invitées à mettre en place un dispositif de pilotage et de concertation impliquant les représentants du système de santé dans toutes ses composantes en ville, à l’hôpital et dans le secteur médico-social. Les élus locaux seront présents dans les instances qu’elles institueront et seront associés à l’appréciation des besoins afin qu’ils soient pleinement partie prenante des décisions d’investissement, a fortiori lorsqu’ils participent au financement des projets.

En cohérence avec cet objectif de déconcentration, le seuil de validation des projets hospitaliers au niveau national sera remonté de 50 M€ à 150 M€ hors taxes. Pour les projets examinés au niveau national, le comité de pilotage interviendra aux étapes clés de développement du projet.

Parallèlement au renforcement des responsabilités des ARS en matière d’évaluation et de suivi de la trajectoire des projets, il leur est demandé de conforter l’expertise budgétaire et financière en associant le cas échéant la direction régionale des finances publiques aux instances que vous mettrez en place.

Les ARS devront s’assurer de la qualité et de la soutenabilité des projets en mobilisant les référentiels mis à leur disposition par le conseil scientifique et en déterminant par voie contractuelle avec les établissements les engagements pris (désendettement, respect des trajectoires) en contrepartie du soutien financier de l’État.

De fait les droits de regard et les pouvoirs des ARS en matière d’investissement hospitalier sont maintenus voire étendus.

Le calendrier prévu laisse peu de latitude.

La réussite du plan implique que chaque ARS détermine dès 2021 la programmation pluriannuelle des investissements qu’elle souhaite soutenir. C’est la raison pour laquelle, il leur est demandé d’engager sans attendre la conception de la stratégie régionale pour une finalisation en octobre 2021 afin que les projets puissent voir le jour rapidement.

Au passage les travers du dispositif précédent sont dénoncés.

Depuis 2013, l’effort financier de l’État au niveau national s’est concentré sur les grands projets validés par le COPERMO. Cette stratégie trop concentrée a présenté trois défauts majeurs : elle a conduit à instruire les projets conçus de manière isolée et sans tenir suffisamment compte des enjeux territoriaux ; elle a mis de côté l’investissement courant ; elle a également négligé le soutien à l’autofinancement des établissements, ce qui a conduit à un effondrement de l’investissement de 7 Md€ en 2012 à 3,5 Md€ aujourd’hui, réduisant d’autant l’effort de modernisation.

A cela il convient d’ajouter qu’en accélérant la concentration des établissements elle a élargi les déserts médicaux hospitaliers.

3 Recentrage de l’État central sur des fonctions de stratégie, d’appui et de validation des projets à enjeu majeur avec :

– un conseil national de l’investissement en santé (Usine à gaz de 34 membres) chargé de définir les grandes orientations stratégiques en matière d’investissement en santé et de suivre la mise en œuvre des engagements issus du Ségur de la santé.

– un conseil scientifique chargé de proposer les référentiels d’évaluation des projets, de mener des réflexions prospectives sur des modèles d’avenir, de repérer et partager les bonnes pratiques entre les différentes régions, de suivre les projets accompagnés par des experts.

– des comités de pilotage chargés de suivre la mise en œuvre du plan avec les ARS (définition des stratégies régionales délégation de crédits ; état d’avancement de la programmation dans le cadre d’une revue annuelle), de piloter la programmation budgétaire et assurer la qualité du reporting auprès de la Commission européenne, de donner un avis sur les projets d’investissement portés par les établissements de santé dont le coût est supérieur à 150 M€ hors taxe ou ceux d’un montant inférieur mais que l’ARS a souhaité signaler au niveau national.

Toute la démarche reste sous contrôle de l’Etat. La place et le rôle des élus locaux, des soignants et des usagers ne sont pas spécifiés dans la circulaire.

Bulletin Semaines 13-2021

Ressources externes

Données Lettre

 

Édito (ou point fort de la semaine) :



L’évènement phare de la semaine a été l’adresse du Président de la République aux Français à propos du COVID 19. 

Chacun d’entre nous est conscient qu’il est impératif de faire face à la saturation progressive des services de réanimation. Alors que les taux d’incidence révèlent des écarts importants entre régions ou entre départements, il est pourtant difficile d’adhérer à des mesures qui, tout territoire confondu, limitent nos libertés : Extension des mesures de surveillance renforcées à tout le territoire métropolitain, maintien du couvre-feu à 19 h, limitations des déplacements, généralisation du télétravail, fermetures des écoles.

C’est d’autant plus difficile que ni les responsables sanitaires ni les médias ne fournissent au citoyen ordinaire, à l’opinion publique, les éclairages nécessaires à la compréhension de ces mesures. A titre d’exemple, la recrudescence du nombre de contaminations que les différentes chaines de télévision répètent en boucle à longueur de journées est-elle imputable au variant anglais ou au couvre-feu à 18 heures qui a concentré certaines activités humaines sur des créneaux horaires réduits donc augmenté la promiscuité et les risques de contagion dans les lieux où elles se sont exercées ? Est-elle justement localisée dans ces zones de surveillance renforcée, dans les zones où le variant anglais sévit ou est-elle généralisée ? L’absence d’informations précises et indéniables, y compris dans le message présidentiel, nourrit le doute.

Parallèlement, lorsque des précisions sont données, elles sont trop souvent démenties. S’agissant des élèves des maternelles et du primaire on nous a indiqué hier qu’ils n’étaient pas des vecteurs de transmission du virus mais aujourd’hui on décide de fermer les écoles parce qu’elles sont désormais considérées comme des foyers potentiels de contamination. Où est la vérité ? 

S’agissant des lits de réanimation, on nous a annoncé lors du premier confinement qu’on allait les porter de 5 000 à 12 000. Un an après le Président de la République indique qu’il y en a 7 000 et que l’objectif est d’atteindre 10 000. Qui croire et que croire ? Comme pour les masques ou les tests ou les vaccins, les annonces de lendemain qui chantent entretiennent le doute dès lors qu’elles sont aussitôt démenties par les faits.

Adhérer aux mesures définies au plus haut degré de l’Etat doit être aussi difficile pour les hospitaliers à qui l’on demande un effort supplémentaire alors qu’ils dénoncent sans succès depuis des années les postes non pourvus, les sous-effectifs et la dégradation de leurs conditions de travail, alors que les burn-out et les démissions se multiplient, alors qu’ils sont de moins en moins nombreux pour faire face à un surcroît de patients COVID et qu’ils sont dans l’obligation de laisser en attente une partie des patients non COVID.

R. VACHON

 

Sommaire :

  • L’écho des comités : Pages 3 et 4

  • Autres infos locales : Page 4

  • Dossiers : Pages 5 à 8

- Les soignants

- La psychiatrie

- Le COVID

- Les vaccins et les brevets

  • Culture et santé : Page 9


L’écho des comités :

 

CREIL – SENLIS 60

Les candidats de la Liste des élections Régionales
Ecologie-France-Insoumise-Parti Communiste-Parti Socialiste,

invitent les membres du Comité de Défense de l’Hôpital à débattre avec eux,
le Mercredi 7 Avril à 14h. à l’entrée de l’Hôpital Laennec  sur le thème :

Quel avenir pour notre Hôpital ?

DIGNE-LES-BAINS 04


Depuis 12 mois de crise sanitaire, le personnel des hôpitaux et EHPAD est épuisé, en souffrance.

L'ARS PACA en profite pour élaborer un projet de fusion entre l'hôpital de Riez et les EHPAD de Puimoisson et Valensol

Le tract 

 

TOURS 37

Le Laboratoire SERVIER condamné dans le procès du Médiator

Le communiqué du comité

 

Journée Nationale de mobilisation pour le social et le médico-social

L’appel unitaire

En visite au CHRU le premier ministre et le ministre de la Santé ont annoncé mettre 165 millions d'€ sur la table en validant le plan de restructuration mais celui-ci s'accompagne d’une fermeture de 38 lits et des postes correspondants, s'ajoutant aux 120 qui l'ont déjà été depuis 2018.

Le communiqué du comitél

 

RUFFEC

Journée-santé-du-7-avril-2021

A l’occasion de la Journée européenne contre la commercialisation du soin le comité réclame « Des moyens pérennes pour l’hôpital, les ehpads, la psychiatrie ... pour la santé dans sa globalité.

Le communiqué du comité

 

Autres infos locales :

 

CLICHY 93

 

Soignants, syndicalistes, représentants politiques, citoyens et salariés en lutte se sont rassemblés, jeudi, devant l’hôpital parisien pour exiger l’arrêt du projet de fusion. Un plan qui entraînerait la suppression de 400 lits par rapport à la capacité actuelle des deux structures et engendrerait 1 000 postes de soignants en moins.

L’article du Figaro

L’intervention de Christophe PRUDHOMME

 

Dossiers :

 

LES SOIGNANTS : Ni héros, ni salauds, ni perdreaux

Il y a un an le gouvernement utilisait honteusement l’image des soignants (-es), glorifiant les héros pour nous transformer en guerriers (-ères) sans armure et galvaniser les foules derrière nous. 
Aujourd’hui ils et elles sont traités (-es) d’irresponsables quasi criminels (-les) qui retarderaient un “retour à la normale” pour toute la population !

Le communiqué de sudsantesociaux

 

PSYCHIATRIE

Le Président de la République visite un établissement public de santé mentale, le Centre Hospitalier Alpes-Isère, à l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation à l’autisme.

L’article de Francebleu

La CGT invite les soignants à l’accueillir calmement et dignement. 

Image 4

 

PRATIQUES SOIGNANTES
et 
DIGNITE DES PERSONNES HOSPITALISEES SANS CONSENTEMENT


Les commissions départementales des soins psychiatriques (CDSP) scrutent chaque année à travers les dossiers des patients et leurs visites d’établissements psychiatriques, la façon dont les pratiques soignantes respectent la dignité et les droits de personnes hospitalisées sans leur consentement.

L’UNAFAM (Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques) a collecté, fin 2020, auprès de ses délégations, les rapports annuels disponibles produits en 2017, 2018 et 2019 par ces commissions en vue de les étudier.

Le rapport d’étude

 

COVID

 



Après l’allocution du Président de la République Médiapart recueille des réactions de soignants.

L’interview de Sophie Crozier, membre du comité scientifique et du comité national d’éthique

Et sur leur blog les sages-femmes réagissent

Tribune-dune-sage-femme-meprisee

SANOFI face à la crise COVID. Que s’est-il passé ?

L’émission de France-Culture



Après les masques, les tests, les vaccins : 
Que sont devenus les 10 000 respirateurs commandés par le gouvernement ?

L’article de Francetvinfo


Les directeurs médicaux de crise qui gèrent l'urgence dans les 39 hôpitaux de l'AP-HP expliquent avec transparence les choix qui s'imposent à eux.

Article du Jdd du 27 mars

 

VACCINS ET BREVETS

 



Levée des brevets sur les vaccins COVID :
Question au gouvernement et réponse 

A l’Assemblée Nationale

Intervention de Pierre DHARREVILLE Gauche démocratique et républicaine

A l’international

78 organisations de la société civile dans toute l’Europe, appellent d’urgence nos gouvernements et les institutions de l’UE à mettre en œuvre une réponse basée sur une solidarité mondiale

La lettre ouverte

 

Culture et santé :

Covid – Vaccins – Propriété intellectuelle – Industrie pharmaceutique 

Trois présentations pour introduire aux discussions :

Fabienne Orsi : Vaccins : des brevets aux patients 
Nathalie Coutinet : L'industrie pharmaceutique dans la crise
Benjamin Coriat : Faire de la santé publique un bien commun : pourquoi comment


Visio-conférence des Economistes atterrés


Soigner encore – Clip CIH Rennes/CHU Nice

 

« Toutes les infos sur le site de la Coordination Nationale »



http://coordination-defense-sante.org/

 

Pavé mis à jour le 2 Mai 2019

Images + infos semaine + pdf

  • Semaine: 13
  • Dates: du 29 mars au 04 avril 2021

cid:part11.8C3DFBA4.85B6AFB6@orange.fr

Ressources internes

@ Lettres précédentes
@ Lettres 2020
@ Lettres 2019