Suppressions des moyens de santé

IRE 2018 template: Google Sheets to interactive table

Suppressions - Destructions - Réductions d'hôpitaux et de services, surtout publics

Première publication juin 2009 - Mis à jour 30/01/2021

ATTENTION - Données fournies par nos comités et contacts.

Nous attendons vos compléments ou modifications, des erreurs et oublis sont évidemment possibles, merci à toutes et tous

  • Établissements de santé entre 2007 et 2008 (DGOS) :
    - public : perte de 8 Centres hospitaliers (519 à 511) et 9 hôpitaux locaux (343 à 334)
    - privé lucratif : perte de 8 établissements (1055 à 1047)
    - privé non lucratif : perte de 38 établissements (792 à 754)

Pour la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques du ministère de la Santé (Drees), en 2018, quelques indices : "Sous l'effet des réorganisations et des restructurations, le nombre d'entités géographiques de statut public ou privé a continué de reculer en 2017." L'évolution est "plus marquée" pour les hôpitaux : 1.363 en 2017 contre 1.458 sites en 2013 (-7%). Significative pour les établissements privés à but non lucratif : 680 en 2017 contre 712 sites en 2013 (-4%). Moins importante pour les cliniques à but lucratif : 1.001 en 2017 contre 1.022 entités en 2013 (-2%)".

  • Chirurgie : suppressions de 299 services sur 568 restructurations entre 1997 & 2008 (DGOS)
  • CIVG : Entre 2000-2006 : pertes de 90 CIVG
  • Maternités : Depuis 1975 pour les maternités chute de 60% : de 1379 à 584 début 2008 ; 519 en début 2016 ; environ 500 au début 2018.
    Pour d'autres sources (DRESS) : passage de 1747 maternités en 1972 - 1128 en 1981 - 535 en 2010 soit chute de 69% !
    Entre 2003 et 2010, le nombre de maternités est passé de 618 à 535 (Blondel et al 2005), 14 fermetures en moyenne/an contre 28 entre 1998 et 2003
    Entre 1997 et 2008, fermeture de 196 services d'obstétriques sur 568 restructurations (DGOS).

DRESS : pour les maternités, le bilan 2018 des établissements de santé objective leur raréfaction : 1 369 en 1975, 814 en 1996, 498 en 2016 (une division par deux en vingt ans !). Et celle du nombre de lits d'obstétrique, "quasiment divisé par deux depuis trente ans", alors que la natalité "est restée dynamique au cours de toute la période, avec 710 000 à 800 000 naissances par an".

  • Maternités 2 : Rapport IGAS 2012 - «Le nombre de maternités est passé de 1 369 en 1975 à 1 010 en 1985, 814 en 1996, 779 en 1997, 576 en 2007, 554 en 2008, soit une baisse pratiquement linéaire pendant 30 ans, alors même que le nombre de naissances ré-augmentait. Parallèlement le nombre de lits d’obstétrique a été divisé par deux. Le taux d’utilisation des lits de maternité a donc fortement augmenté, passant de 22 accouchements /lit/an en 1975 à 46/lits/an fin 2008. Selon l’étude NFT/DEXIA, près de 180 opérations de recomposition ont eu lieu en obstétrique entre 1995 et 2005. Elles se sont soldées par 126 fermetures de services de maternité et par une quarantaine de regroupements».
  • Maternités 3 : essor des accouchements extrahospitaliers non programmés : 6 733 sont identifiés entre 2012-2014 soit 3 pour 1 000 accouchements (APMnews, 15 mars 2019). Du fait des concentrations de maternités, il n'y a plus que 28% des accouchements en 2016 qui ont lieu dans la ville de résidence de la mère. (https://www.insee.fr/fr/statistiques/3047024).
  • Pharmacies : environ 22 000 en début 2018 -prévision de 10 000 fermetures (Cour des Comptes septembre 2017).
  • Lits : multiples fermetures et pourtant maintien apparent de la France en bonne position ?

- Le maximum de lits est atteint en 1980, la baisse ne s'est jamais arrêtée depuis, soit près de 5 000 lits supprimés par an en moyenne sur les 30 dernières années

1980 : 11.1 Lits /1000 hab, pour 55 254 000 habitants

2013 : 6.5 lits/ 1000 hab, pour 65 564 000 habitants

- Fermeture massive de 83 000 lits de médecine, de chirurgie et d’obstétrique dans les établissements publics et privés entre 1992 et 2003.

- Les lits de longue durée (USLD) se sont effondrés passant de 80 000 en 2003 à 32 000 en 2011 (soit moins 40%), avec donc transfert vers les lits médicalisés de EHPAD. Leur baisse commence vers 2001-2002
Cf. https://www.irdes.fr/EspaceEnseignement/ChiffresGraphiques/Cadrage/Hopital/Lits.htm

- selon Le casse du siècle, entre 2003 et 2016, 13% des lits d'hospitalisation complète ont été supprimés (64 000 au total) mais, à contrario, le nombre de "lits" d'hospitalisation de moins de 24 heures a progressé dans le même temps de 49 000 à 75 000 (+ 53%).

- D‘après les chiffres de la DREES le secteur public en total de lits entre 2003 et 2016 aurait perdu 52 863 lits :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/pano-etab-sante-2016.pdf

https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/xlsx/es2018_fiche_01_categorie_es_v5.xlsx

https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/es2003.pdf

Offre de lits en 2016 :

-total de 404 248

-Public 250 104

-privé non lucratif 56 994

-Lucratif 97 150

-Dont MCO ?

Offre de lits en 2003 :

-total de 457 111

-Public 299 102

-Privé lucratif et non lucratif 158 009

-Dont aigus ?

- Selon le rapport de novembre 2017 de l'OCDE la France serait au 11° r en 2015 pour le nombre de lits par habitants alors qu'elle était au 6° en 2000. Selon ce rapport en 15 ans, le nombre de lits aurait baissé de 15 % à l'hôpital, alors que la population a augmenté de 10 %. "Tous les types de lits sont concernés par cette baisse", développent les auteurs du rapport, notamment en service de psychiatrie (-8 %), de soins aigus (-12,5 %) mais surtout en ce qui concerne les soins de longue durée (-60 %).

  • Urgences : transformation accélérée des urgences en Centres d'Accueil de soins non programmés, moyen de les fermer la nuit et de les priver d'urgentistes.

Entre 1995 et 2016, 95 services d'urgences publics ou privés non lucratifs ont été fermés.

Contact pour mises à jour et modifications : Michel.Antony@wanadoo.fr

Concarneau : Compte rendu de la réunion du 21 Janvier 2020

Les membres du comité de défense de l’hôpital de Concarneau, réunis le 21 janvier 2020 sont choqués par le non-respect de l’équité territoriale en matière d’accès aux soins.

Vous connaissez très bien l’état et la situation de l’hôpital de Concarneau qui se dégrade de jour en jour et qui ne répond plus aux obligations d’un hôpital de proximité et ce uniquement par des raisons d’économies budgétaires.

IL ne dispose plus de sa ligne de SMUR la nuit et parfois le jour, celle-ci étant recentrée sur Quimper. Il y a depuis juin 2018 3 lignes de SMUR la nuit pour un territoire qui s’étend de la presqu’île de Crozon à Pont-Aven, donc tout le sud Finistère, entrainant une réelle perte de chance pour la population.

L’hôpital de Concarneau dessert un bassin de soins de 50 000 habitants sur 9 communes, population qui double pendant la période estivale. Le site de Concarneau doit répondre aux besoins de cette population avec :

  • Un service d’urgences et un SMUR 24h/24, des consultations de spécialités en nombre suffisant, un laboratoire, un service de radiologie avec un scanner, en plus de l’IRM qui devait arriver en 2020 mais ne sera probablement là qu’en 2021, des lits de médecine permettant les hospitalisations nécessaires, notamment suite à passage aux urgences.

Nous condamnons avec force cette situation qui devient réellement dangereuse, d’autant qu’il semble que nos urgences de jour se verraient bientôt transformées en consultations non programmée assurées par des médecins généralistes !

Au 21° siècle un pays comme la France qui ne répond plus aux besoins de la population en matière de santé, s’apparente de plus en plus à un pays en voie de développement, avec des conséquences graves dont vous serez l’un des principaux responsables.

Veuillez croire, Monsieur le directeur, en notre détermination à exiger que l’hôpital de Concarneau réponde aux besoins de sa population.

Réunion du 21 Janvier 2020

Les vœux du Collectif citoyen pour le maintien de la maternité et de l’hôpital de Guingamp

Les vœux du Collectif citoyen pour le maintien de la maternité et de l’hôpital de Guingamp

Fin décembre, nous adressions une lettre au Père Noël pour lui demander d’insuffler un peu de bon sens dans l’esprit de nos « décideurs ». Depuis, le poste d’auxiliaire de puériculture a bien été sacrifié sur l’autel du déficit.

Pourtant tout n’est pas si sombre.

Ne boudons pas les bonnes nouvelles : 2019 nous a apporté le label « hôpital ami des bébés », les naissances se sont maintenues, et l’on apprend qu’un recrutement de pédiatre est en bonne voie pour la fin 2020 !

Alors, sauvés ? Le rituel des vœux de bonne année a été l’occasion d’entendre beaucoup de paroles encourageantes, souvent bien tournées, mais qui demandent une explication de texte, surtout à l’aube d’une nouvelle année électorale.

La directrice par intérim de l’hôpital a inauguré les prises de parole en affirmant qu’elle n’avait « pas d’immenses inquiétudes pour la poursuite de l’activité après juillet ». Voilà qui est très… prudent.

Le nouveau directeur, pour sa part, n’a «  pas de position arrêtée sur ce sujet »… Il précise : « La fermeture d’un service, c’est toujours une source d’inquiétude pour la population. Ce qui est important, c’est la qualité de prise en charge des femmes enceintes. Il n’est pas question de supprimer cette offre de soins. Plusieurs dispositifs existent pour la maintenir ». Des propos destinés à rassurer ? C’est raté. Chacun comprend-il que le risque est encore de se voir imposer un centre de périnatalité ? L’expérience de nos voisins paimpolais devrait nous servir de leçon…

Venait ensuite le tour du député, dont la position sur la question est connue de chacun. Mais aujourd’hui, il se dit « très optimiste »… pour les 2 ans à venir. Il partage sa « ferme conviction » que la maternité serait « maintenue jusqu’à la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron » . Et après ?…

Une mise au point nous semble nécessaire. Normalement, un renouvellement d’autorisation est valable pour une durée de 7 années. Délai indispensable à la sérénité de tous : les femmes, les familles, les bébés, l’équipe. C’est une question de respect pour celles et ceux qui font vivre ce service et pour la population.

Un sursis négocié sur un coin de table tous les 2 ans entre personnes autorisées, ce n’est pas sérieux !

Nous avons peut-être écrit au Père Noël, mais nous ne sommes pas des lapins de 3 semaines. Nous avons tous beaucoup mieux à faire que de nous battre pour conserver des services publics financés par nos impôts. Le jour où tout ira bien, où l’activité de la maternité et celle de l’hôpital dans son ensemble ne dépendront plus de décisions budgétaires déconnectées du terrain, le collectif pourra se dissoudre et ce sera une excellente nouvelle. On en est encore loin. Mais la mobilisation paie, elle a déjà payé : sans elle, nous n’aurions plus de maternité depuis 1 an déjà.

Souhaitons donc une chose pour 2020. Souhaitons-nous à tous de sortir du brouillard où nous ont plongés des décideurs qui nous croyaient endormis par leurs belles paroles.

Bloavezh mat d’an holl. Belle année à tous !

Et beaucoup de bébés à la maternité de Guingamp !

Les Voeux du collectif 

LE MALAISE S’AMPLIFIE DANS LES HÔPITAUX ARDENNAIS… ENCORE ET ENCORE !

  LE MALAISE S’AMPLIFIE DANS LES HÔPITAUX ARDENNAIS… ENCORE ET ENCORE !

 

Un article paru dans le presse locale cette semaine a attiré notre

attention: les traditionnels vœux ont été massivement boycottés par les personnels de l’hôpital de Sedan cette année !

Cela traduit effectivement un malaise grandissant alors même, s’étonne la Direction de l’hôpital, que le nombre de patients augmente dans les services encore maintenus à Sedan, en gériatrie, soins de réadaptation notamment, et que des lits supplémentaires ont été ouverts…

Même la maternité affiche pour l’année une progression non négligeable : 40 accouchements de plus que l’année précédente, et on dépasse le chiffre « fatidique » (décidé par qui ?) des 600 accouchements annuels à réaliser pour assurer la viabilité de ce service  !

Y aurait-il encore des besoins réels de services de proximité sur ce secteur hospitalier qui concerne, rappelons-le, plus de 80 000 habitants ?

Motus et bouche cousue sur la fin de la cardiologie publique à Sedan.

Motus et bouche cousue aussi dans les déclarations de la Direction sur la progression du nombre de postes de personnels créés…

Et pour cause, puisque l’objectif du « plan de performance » et la « fusion » imposés par l’ARS et la Ministre de la Santé n’ont pour but que la réalisation d’économies principalement réalisées sur le dos des personnels !

Ils s’inquiéteraient cependant du «mauvais fonctionnement des services médicaux qui ne sont pas à la hauteur des attentes à cause des difficultés de recrutements ».

Une manière de se défausser, en prévenant que la pérennité des services n’est pas assurée même quand ils progressent ?

Allons, ne soyons pas « mauvaise langue »… !

Mais nous réaffirmons avec force que tout cela était prévisible dans un contexte de budgets insuffisants et d’économies drastiques votés à l’Assemblée Nationale depuis plus d’une décennie !

Nous le répétons une fois encore : le plan « Ma santé 2020 »ne résoudra pas les problèmes puisqu’il poursuit ces mêmes objectifs !

Et la fusion des 4 établissements du groupement non plus puisqu’on nous annonce dans cet article que le déficit se poursuit malgré les bons chiffres réalisés !

Pourtant, la fusion devait régler la question du déficit, c’est ce que nous avaient annoncé l’ARS et  la direction de l’hôpital en guise de « solution miracle » !

Le constat affligeant aujourd’hui est celui de graves complications pour les personnels qui exercent leur métier dans la souffrance quotidienne, mais aussi pour les patients dont le parcours de soins devient le parcours du combattant quand ils doivent se charger de trouver leurs rendez-vous à Charleville ou au CHU de Reims eux-mêmes en difficulté par manque de personnels et de moyens… et in fine bien souvent sont renvoyés vers la clinique privée de Bezannes qui fait ses « choux gras » pour des soins avec dépassements d’honoraires qui étaient auparavant assurés dans l’établissement public sedanais.

LA « PROXIMITÉ »DÉFINIE PAR NOS GOUVERNANTS N’EST DÉCIDÉMENT PAS LA PROXIMITÉ SOUHAITÉE PAR LES AGENTS ET LES PATIENTS. ET LA NOTION DE SERVICE PUBLIC NON PLUS !

Le Communiqué