Des membres du Collectif montargois « Notre santé, notre hôpital on y tient » et de l’Association pour la Défense, le maintien et l’Amélioration de la Maternité et l’Hôpital de Remiremont (ADEMAT) faisaient partie du groupe de voyage solidaire Cuba Linda en visite à l’Institut cubain d’Amitié avec les Peuples, le 19 mars dernier, à Santiago de Cuba.
Ce fût l’occasion de remettre près d’une trentaine de kilos de médicaments et matériels médicaux collectés. Les 11 millions de Cubains en manquent terriblement du fait du blocus imposé par les Etats-Unis, aggravé par 242 nouvelles sanctions décidées par Donald Trump dès sa prise de fonction.
Nous avons été accueillis par des responsables du ministère de la Santé Publique, les docteurs Sucel Vaillant Orozco, Luis Alberto Mancebo Bosch, Yasmani Gerard Queinones, Rolando Brido Caldorin et Henrry Blanco Portuondo. Pendant près de deux heures, nous avons pu échanger sur leur système de santé cubain qui est l’une des principales préoccupations de l ‘État cubain. Chacune des 15 provinces dispose d’un hôpital, et d’un maillage territorial composé de polycliniques. Il existe un cabinet médical dans presque toutes les communes, y compris dans les bourgs agricoles les plus reculés. Cuba compte un médecin de famille pour 259 habitants. La prévention y est très développée et s’intègre dans un modèle d’éducation et de solidarité communautaire, particulièrement pour les affections graves comme le diabète. De nombreuses universités de médecine dispensent une formation sur 5 ans, avec des stages au plus près de la population dans les hôpitaux, polycliniques et cabinets médicaux. Le docteur Sucel Vaillant Orozco a développé les principes généraux centrés sur la prise en charge globale du patient, la prise en compte de son environnement social et familial, la relation humaine comme base de toute action thérapeutique.
Cuba développe une pharmacopée scientifique mais aussi naturelle grâce aux plantes endémiques. Le manque de médicaments reste la principe difficulté du fait du blocus imposé depuis 1962, empêchant leurs importations et leurs fabrications.
Les brigades médicales cubaines interviennent dans plus de 70 pays. Le secrétaire d’État étasunien Marco Rubio vient d’annoncer une nouvelle mesure dans le cadre de sa politique anti-cubaine. Il s’en prend cette fois à la coopération médicale cubaine. Cuba avait démontré, une fois de plus, sa solidarité dans le cadre de l’épidémie de COVID (58 brigades ont apporté leur soutien dans 42 pays d’Europe, d’Amérique, d’Afrique, d’Asie et d’Océanie). Plusieurs régions européennes ont fait appel à cette coopération médicale (c’est le cas par exemple de l’Italie) et pour la venue en renfort de médecins cubains (comme en France dans les Côtes d’Armor et dans d’autres départements). Malgré tout, les États-Unis vont étendre leur politique de restriction des visas liée à Cuba, qui inclura désormais la suspension des visas associés aux accords de coopération médicale internationale.
Nous avons transmis l’amitié de notre Coordination et de nos comités dont les luttes convergent dans une même volonté de faire de la santé un bien commun, en dehors du système néolibéral et financiarisé.
Le Docteur Sucel Vaillant Orozco et ses collègues nous ont chaleureusement remerciés pour notre collecte. Nous leur avons répondu que c’était nous en réalité qui les remercions pour développer un modèle unique de soins auquel aspirent les populations du monde entier. Leur solidarité internationale est exemplaire.
Bravo à vous soignants cubains qui agissez depuis 65 ans, dans des conditions très difficiles, pour satisfaire les besoins en santé de la population.

