COSS 33 

 

Coordination    Santé  -  Solidarité   en   Gironde     

                   6 Rue de Balaclava 33800 Bordeaux Tél. : 06.14.55.54.78

 

TOUCHE PAS  A MON HOSTO ! TOUCHE PAS A MA SANTE !

   ACCES AUX SOINS DE QUALITE POUR TOUS,  PARTOUT ! 

Motion remise, lors du rassemblement public du vendredi 24 octobre 2008, devant l’Agence Régionale de l’Hospitalisation  - 103 bis, rue Belleville  Bordeaux,

à Mr Alain Garcia, Directeur :

 

Notre système de santé solidaire est plus juste , plus efficace, moins cher que celui du chacun pour soi (type USA )

vers lequel le libéralisme souhaite nous entraîner.

 

Nous assistons malheureusement à un grignotage croissant de cette santé solidaire qui s’opère de façon multiple :

-          diminution programmée par la réforme d’août 2004 du périmètre de soins remboursables avec développement des forfaits , franchises,  déremboursements partiels ou totaux de médicaments, incitation à l’automédication, dépassements d’honoraires de plus en plus présents... ;

-     augmentation du tarif des complémentaires santé qui va être accélérée par la prochaine loi de

       financement de la sécurité sociale;

-     asphyxie organisée des établissements hospitaliers publics ;

-          démantèlement des structures publiques de santé de proximité ( plus  de 170 menacés au niveau national).

 

Dans le même temps , le secteur des cliniques privées à but lucratif se développe et se restructure sous l’emprise des fonds d’investissements internationaux , exigeant des taux de rentabilité financière entre 15 et 20 %.

 

L’avant projet de loi «  Hôpital Patient Santé Territoire » qui doit être adoptée début 2009 nous semble dangereux

à plusieurs niveaux :

- il accélère le transfert des activités « rentables » de l’hôpital public vers le secteur privé ;

- il développe l'activité libérale des médecins au sein de l'hôpital public avec paiement à l’acte et mise en place de statut de droit privé ;

- il laisse intacte la question du financement de l'hôpital public, lieu indispensable pour la prise en charge des pathologies lourdes et complexes et pour l'accès aux soins de tous ;

- il n’agit pas sur les actuelles inégalités financières et territoriales d’accès aux soins ; bien au contraire, il les renforce, car la fermeture de services d’hôpitaux publics obligera les patients à consulter en cliniques privées sans garantie de tarifs opposables ;

- il ne donne pas les moyens d’une autre organisation des soins qui permettrait la création de véritables « maisons

de santé de proximité » coordonnées avec les soins plus spécialisés et  l'hôpital public.

Un échelon régional de coordination de la politique de santé, tel que les Agences Régionales de Santé, aurait pu être intéressant dans le cadre d’un fonctionnement réellement démocratique des institutions. Cela supposerait aussi la volonté politique d’étudier et repérer les causes environnementales des maladies, de mettre en place des politiques publiques permettant d’y remédier, et de réduire ainsi les inégalités sociales et territoriales de santé… mais actuellement rien n’est prévu en ce sens.

 

La COSS 33, regroupant 32 associations , mutuelles et syndicats se mobilise donc ce jour pour soutenir l’initiative nationale de Luçon .

Celle ci fait suite à celles qui ont permis en juin 2008 de repousser les attaques visant les personnes en ALD (Affection Longue Durée ) : il était alors question  de moins les rembourser pour l’ensemble des médicaments à vignette bleue. Elle est dans le prolongement de la mobilisation de Carhaix qui a réussi à faire reconnaître que les hôpitaux des petites villes sont une des composantes indispensables pour une offre de soins de qualité sur tout le territoire.

 

Au moment où des milliards d’Euros sont mobilisés pour le sauvetage des banques , il paraîtrait indécent  que nos

dirigeants ne dégagent pas les fonds nécessaires à notre protection sociale, incluant le maintien et l’amélioration de notre santé solidaire....

La nécessité d’un « Grenelle de la Santé » se précise …nos propositions alternatives  y trouveraient toute leur place.