Le Comité des Usagers de l'Hôpital de Douarnenez a appris par la presse
le lancement d'une étude sur la coopération entre le Centre Hospitalier
Intercommunal (CHIC) de Quimper et la clinique Saint Michel-Sainte
Anne, dans le but d'effectuer au CHIC tous les accouchements ayant
lieu dans les deux établissements, avec transfert de la maternité
privée dans les locaux de l'hôpital public.
Le Comité estime que procéder à 3000 accouchements par an au CHIC
risque d'entraîner des conditions inhumaines d'accouchement tant pour
les parturientes que pour le personnel. Où sera la sécurité
invoquée pour justifier la fermeture des " petites " maternités (dont
celles de Douarnenez et de Pont l'Abbé) effectuant moins de 300 accouchements
par an ?
Déjà l'été dernier une femme a accouché seule au CHIC, l'ensemble
des équipes étant occupé par d'autres naissances. Le Comité rappelle
également que la mortalité péri-natale, après une baisse régulière,
a augmenté en 2000 et 2001 ; la fermeture des petites maternités y
est sans doute pour quelque chose.
Où sera la liberté de choix individuel des parents, si ce n'est dans
le mode de paiement des actes, quand les accouchements hypermédicalisés
dans les " usines à bébés ", comme le deviendra le CHIC, sont programmés
et déclenchés à date et heure prévues à l'avance, en n'étant plus
un acte naturel qui, dans 90 % des cas, se passe sans problème ? Sans
compter que les mères sont ramenées très rapidement chez elle ou dans
un centre de périnatalité.
Comment s'étonner qu'il y ait aujourd'hui de plus en plus de problèmes
de psychiatrie périnatale ? Le Comité, dans un courrier à la Directrice
de l'Agence Régionale de l'Hospitalisation en date du 16 juillet 2003,
faisait état du risque de fermeture de la maternité de la clinique
de Quimper, de l'éventualité de 3000 accouchements par an au CHIC
et demandait la réouverture de la maternité de Douarnenez. Maintenant
que la clinique n'entend plus, sans que la raison en soit vraiment
donnée, effectuer d'accouchements, le Comité demande à nouveau la
réouverture de la maternité à Douarnenez.
Le Comité ne peut accepter de voir un syndicat justifier la création
en fait d'une " usine à bébés " au CHIC
de Quimper par la pénurie de praticiens et de personnels médicaux.
Il appartient à un syndicat de demander de meilleurs moyens de fonctionnement
et non de justifier une concentration aberrante. Le Comité ne peut
accepter de voir la pénurie utilisée comme justification de la remise
en cause du service public hospitalier allant dans le sens du projet
Hôpital 2007 : création d'un groupement de coopération sanitaire avec
la clinique qui risque de ne pas concerner à terme que les accouchements,
activité peu lucrative souvent laissée aux hôpitaux publics ; dans
le même temps un bloc opératoire nouveau est prévu à la clinique,
avec le transfert prévisible d'opérations, beaucoup plus lucratives,
du secteur public au secteur privé.
Pour le Comité des Usagers de l'Hôpital de Douarnenez, le Président, Jean Le Goff (Tél. 02.98.74.25.30).