"Presque toutes les fusions ont été tristement négatives pour les personnes et les territoires !!! On ne souhaite pas cela pour Carhaix !" La coordination

A lire ci-dessous, communiqué de Sud santé Finistère et presse

 Communiqué sud Santé Sociaux Finistère du 18 janvier 2009

Les personnels de l'hôpital de Carhaix se sont exprimés majoritairement lors d'un vote sur une question courte : pour ou contre la fusion avec le CHU de Brest. Tous les commentaires ou presque approuvent ce vote.

Sur 595 personnels hospitaliers, 252 ont approuvé explicitement l'idée d'une fusion.

Comment un tel vote peut-il s'expliquer : pour le syndicat Sud deux éléments ont joué dans le sens de ce vote.

- la question posée était une question sur l'idée d'une fusion, pas sur le projet exact de la fusion. Une majorité du peuple a rejeté le traité constitutionnel. Il en aurait été autrement si on avait voulu savoir qui était pour ou contre le principe d'une construction européenne. C'est ici pareil : les personnels sont inquiets de leur avenir et espèrent qu'un rapprochement avec une grosse structure sauvera l'hôpital et les emplois.

- les personnels de l'hôpital vivent depuis des mois dans l'incertitude et le stress. Ce vote signifie aussi que les hospitaliers sont fatigués de ne pas savoir de quoi demain sera fait.

Le syndicat Sud n'a pas voulu donner de consigne de vote sur le principe de la fusion. Un référendum ne peut se faire que sur le projet de texte de fusion pour que chacun prenne connaissance des conséquences positives ou négatives de la fusion. Ceux qui ont organisé le vote ont pris une lourde responsabilité. Ils ne doivent pas pour autant se croire mandater pour approuver un texte de fusion. Il faudra qu'ils soient logiques avec eux-mêmes et soumettent ce document au vote de tous.

Le véritable référendum sera celui qu'il faudra organiser pour demander au personnel et à la population de se prononcer sur les termes exacts de la fusion.

C'est sur le projet précis que les représentants du personnel et de la population voteront au conseil d'administration et non pas sur un principe.

Nous ne croyons pas aux miracles : toutes les fusions jusqu'à aujourd'hui se sont faites dans le cadre de la loi et toutes ont abouti à l'absorption du petit par le gros avec des transferts d'activité médicales, administratives et techniques. C'est ce qui risque d'arriver à Carhaix avec une fusion sans principes. La santé de la population et l'emploi en seront les principales victimes.

La loi "Bachelot" sur les hôpitaux est discutée dans les prochaines semaines. Cette loi organise la disparition des hôpitaux de proximité et leur transformation en moyens séjours et lits de soins de suite. L'heure est à la mobilisation contre cette loi alors que les hôpitaux publics du département sont en sur-occupation permanente.

Ne nous tirons pas une balle dans le pied, il faut continuer à nous battre pour le maintien d'une maternité et d'une chirurgie dans le Poher.

Jean Paul Sénéchal <jp.senechal@gmail.com

CARHAIX   
R. FERRAND. « REGARDER L’OFFRE DE SOINS DANS SA GLOBALITÉ »
Deux jours après la décision prise par le personnel de l’hôpital d’accepter la fusion avec Brest, Richard Ferrand, conseiller général, évoque l’avenir du centre hospitalier.
Vote du CA : « Leur choix est notre choix ». « Par son vote, le personnel de notre centre hospitalier a clairement décidé d’ouvrir un nouveau chapitre de la vie de l’hôpital, se félicite Richard Ferrand. Ce qui s’est exprimé hier soir (jeudi soir, Ndlr) est notre nouvelle feuille de route à tous ». Pour l’élu, la décision que prendra le conseil d’administration le 22 janvier ne fait aucun doute. « On ne peut jamais être sûrs de rien. Mais il me paraît naturel de penser que ce vote, ajouté aux positions prises par le comité de défense et par celui des usagers, ne nous ait définitivement indiqués, à nous administrateurs, le chemin à suivre. Il va de soi que leur choix est notre choix ».
Du pain sur la planche. Reste à savoir comment la fusion va s’organiser. Pour cela, Richard Ferrand préconise le travail.

« On va avoir besoin de tout le monde et il va falloir qu’on se retrousse tous les manches pour recréer une dynamique de confiance et d’attractivité de l’hôpital », estime l’élu. Un travail pour lequel il souhaite d’ailleurs inclure tout le monde. « Je souhaite qu’il n’y ait plus d’arrière-pensées ni de polémiques. Et quand je dis cela, j’inclus aussi le maire de Carhaix qui aura un rôle tout à fait important à jouer ».
« Brest jouera le jeu ». Concernant l’attitude des membres du CHU brestois, le conseiller général ne doute pas non plus de l’implication dont ils sauront faire preuve. « Pour avoir rencontré MM. Le Drian et Cuillandre, je peux vous assurer qu’ils resteront mobilisés à nos côtés pour que la suite apportée aux personnels soit à la hauteur de nos attentes. Le CHU que nous allons devenir - car oui, nous allons devenir un CHU : qui l’aurait cru il y a encore quelques semaines ? -, doit se mobiliser pour amener à Carhaix ce dont Carhaix a besoin ».
« Ne pas fusionner, c’était perdre bien plus que deux services ». Enfin, Richard Ferrand refuse catégoriquement d’accréditer la thèse des anti-fusion, qui consiste à voir en cette alliance la mort à terme des services de maternité et de chirurgie. « Le projet que nous défendons reste celui du COB : "Naître et se soigner à Carhaix". Et pour moi, ne pas fusionner, c’était non seulement perdre la maternité et la chirurgie, mais bien d’autres encore. Je ne suis pas sûr que la fusion garantisse la pérennité de ces deux services, mais je suis sûr que la non-fusion les condamnait. Mais il ne faut pas non plus résumer les besoins sanitaires de notre région à deux services et regarder l’offre de soin dans sa globalité ».
 


Richard Ferrand souhaite voir tout le monde travailler ensemble de manière à ce que l’hôpital de Carhaix retrouve « confiance et attractivité ».


CARHAIX   
RÉACTIONS. UN VOTE QUI NE LAISSE PERSONNE INDIFFÉRENT

Le vote des personnels du centre hospitalier n’en finit plus de susciter des réactions, qui affluent de tous bords.
Véronique Raher-Hériaud (conseillère régionale) : « Le personnel de l’hôpital de Carhaix s’est exprimé en faveur de la fusion. C’est un choix sage et raisonnable, conforme aux travaux menés par le Conseil régional, qui permet de pérenniser le service public, d’ouvrir des perspectives de développement pour l’hôpital de Carhaix tout en assurant de meilleures conditions d’accès aux soins. Maintenant il nous faut avancer, c’est la voie que nous montre le personnel. Aujourd’hui, beaucoup reste à faire dans le cadre de l’élaboration du projet médical du centre Ouest Bretagne. Nous nous y emploierons pour que, dans les semaines et les mois qui viennent, de nouveaux services viennent conforter l’offre et la qualité de soins et de santé sur notre territoire. Cette cause est la seule qui doive désormais nous mobiliser ».

Matthieu Guillemot (porte-parole LCR-NPA) : « On espère que l’avenir nous fera mentir et que ce jeudi ne restera pas un jeudi noir pour l’hôpital de Carhaix. Mais nous restons persuadés que la fusion sans garantie de maintien des services de chirurgie et de maternité reste la plus mauvaise option. D’un point de vue politique, la coalition du "oui" devra répondre dans quelque temps de la fermeture annoncée du service de maternité, Richard Ferrand et Christian Ménard en tête. Nous regrettons aussi que le processus démocratique ne soit pas allé jusqu’au bout et que toutes les personnes qui se sont battues pour le maintien des services n’aient pas été invitées à donner leur mot. Nous avons aussi une pensée particulière pour les six manifestants qui comparaîtront devant le tribunal de Quimper le 12 février et qui, au passage, n’ont pas non plus été consultés ».

 

Carhaix. Le personnel de l’hôpital vote la fusion

En s’exprimant très largement (64.94 %) en faveur de la fusion avec le CHU de Brest, les personnels de l’hôpital de Carhaix ont très probablement mis, hier, un terme à plus de seize mois de lutte. En effet, plus rien ne devrait pouvoir empêcher le conseil d’administration de l’hôpital d’entériner, le 22 janvier, le projet de fusion avec le centre hospitalier brestois, qualifié de « seule solution envisageable » par la majorité des élus et des spécialistes de la santé.
« Une bonne nouvelle »
Tête de file des opposants à la fusion et maire de Carhaix, Christian Troadec n’a pas tardé à reconnaître sa défaite. « La victoire du "oui" est extrêmement nette. Nous ne pouvons faire autre chose que d’en prendre acte ». Autre conséquence de ce résultat, la consultation populaire envisagée par la municipalité centre-bretonne ne sera pas organisée. « La coalition en faveur de la fusion est trop forte », a expliqué le premier magistrat carhaisien. « Même si la fusion n’est pas la panacée, je considère que ce résultat est une bonne nouvelle », a, pour sa part, commenté Jean-Yvon Roudaut, président du comité de défense de l’hôpital. « A nous maintenant de travailler avec les Brestois pour que l’hôpital de Carhaix évolue dans le bon sens ».