"Presque toutes les fusions ont été tristement négatives pour les personnes et les territoires !!! On ne souhaite pas cela pour Carhaix !" La coordination
A lire ci-dessous, communiqué de Sud santé Finistère et presse
Jean Paul Sénéchal <jp.senechal@gmail.com
CARHAIX
R. FERRAND. « REGARDER L’OFFRE DE SOINS DANS SA GLOBALITÉ
»
Deux jours après la décision prise par le personnel de l’hôpital d’accepter
la fusion avec Brest, Richard Ferrand, conseiller général, évoque l’avenir du
centre hospitalier.
Vote du CA : « Leur choix est notre choix ». « Par son
vote, le personnel de notre centre hospitalier a clairement décidé d’ouvrir un
nouveau chapitre de la vie de l’hôpital, se félicite Richard Ferrand. Ce qui
s’est exprimé hier soir (jeudi soir, Ndlr) est notre nouvelle feuille de route à
tous ». Pour l’élu, la décision que prendra le conseil d’administration le 22
janvier ne fait aucun doute. « On ne peut jamais être sûrs de rien. Mais il me
paraît naturel de penser que ce vote, ajouté aux positions prises par le comité
de défense et par celui des usagers, ne nous ait définitivement indiqués, à nous
administrateurs, le chemin à suivre. Il va de soi que leur choix est notre choix
».
Du pain sur la planche. Reste à savoir comment la fusion va s’organiser.
Pour cela, Richard Ferrand préconise le travail.
« On va avoir besoin de
tout le monde et il va falloir qu’on se retrousse tous les manches pour recréer
une dynamique de confiance et d’attractivité de l’hôpital », estime l’élu. Un
travail pour lequel il souhaite d’ailleurs inclure tout le monde. « Je souhaite
qu’il n’y ait plus d’arrière-pensées ni de polémiques. Et quand je dis cela,
j’inclus aussi le maire de Carhaix qui aura un rôle tout à fait important à
jouer ».
« Brest jouera le jeu ». Concernant l’attitude des membres du CHU
brestois, le conseiller général ne doute pas non plus de l’implication dont ils
sauront faire preuve. « Pour avoir rencontré MM. Le Drian et Cuillandre, je peux
vous assurer qu’ils resteront mobilisés à nos côtés pour que la suite apportée
aux personnels soit à la hauteur de nos attentes. Le CHU que nous allons devenir
- car oui, nous allons devenir un CHU : qui l’aurait cru il y a encore quelques
semaines ? -, doit se mobiliser pour amener à Carhaix ce dont Carhaix a besoin
».
« Ne pas fusionner, c’était perdre bien plus que deux services ». Enfin,
Richard Ferrand refuse catégoriquement d’accréditer la thèse des anti-fusion,
qui consiste à voir en cette alliance la mort à terme des services de maternité
et de chirurgie. « Le projet que nous défendons reste celui du COB : "Naître et
se soigner à Carhaix". Et pour moi, ne pas fusionner, c’était non seulement
perdre la maternité et la chirurgie, mais bien d’autres encore. Je ne suis pas
sûr que la fusion garantisse la pérennité de ces deux services, mais je suis sûr
que la non-fusion les condamnait. Mais il ne faut pas non plus résumer les
besoins sanitaires de notre région à deux services et regarder l’offre de soin
dans sa globalité ».
Richard
Ferrand souhaite voir tout le monde travailler ensemble de manière à ce que
l’hôpital de Carhaix retrouve « confiance et attractivité ».
CARHAIX
RÉACTIONS. UN VOTE QUI NE LAISSE PERSONNE INDIFFÉRENT
Le vote des
personnels du centre hospitalier n’en finit plus de susciter des réactions, qui
affluent de tous bords.
Véronique Raher-Hériaud (conseillère régionale) : «
Le personnel de l’hôpital de Carhaix s’est exprimé en faveur de la fusion. C’est
un choix sage et raisonnable, conforme aux travaux menés par le Conseil
régional, qui permet de pérenniser le service public, d’ouvrir des perspectives
de développement pour l’hôpital de Carhaix tout en assurant de meilleures
conditions d’accès aux soins. Maintenant il nous faut avancer, c’est la voie que
nous montre le personnel. Aujourd’hui, beaucoup reste à faire dans le cadre de
l’élaboration du projet médical du centre Ouest Bretagne. Nous nous y
emploierons pour que, dans les semaines et les mois qui viennent, de nouveaux
services viennent conforter l’offre et la qualité de soins et de santé sur notre
territoire. Cette cause est la seule qui doive désormais nous mobiliser ».
Matthieu Guillemot (porte-parole LCR-NPA) : « On espère que l’avenir
nous fera mentir et que ce jeudi ne restera pas un jeudi noir pour l’hôpital de
Carhaix. Mais nous restons persuadés que la fusion sans garantie de maintien des
services de chirurgie et de maternité reste la plus mauvaise option. D’un point
de vue politique, la coalition du "oui" devra répondre dans quelque temps de la
fermeture annoncée du service de maternité, Richard Ferrand et Christian Ménard
en tête. Nous regrettons aussi que le processus démocratique ne soit pas allé
jusqu’au bout et que toutes les personnes qui se sont battues pour le maintien
des services n’aient pas été invitées à donner leur mot. Nous avons aussi une
pensée particulière pour les six manifestants qui comparaîtront devant le
tribunal de Quimper le 12 février et qui, au passage, n’ont pas non plus été
consultés ».