Madame Vadillo,
parlant au nom de la Région, défend avec force la fusion. Mais ce faisant, elle
ne mesure pas les conséquences d'une telle position pour l'avenir sanitaire de
la population de Carhaix. L'idée de fusion n'est pas nouvelle. Quand on examine
ce qui s'est passé en France, aucune des fusions déjà achevées n'a permis à
l'hôpital le plus petit de survivre à l'épreuve. Partout, services de chirurgie
et maternité ont disparu. Il ne faut pas croire que Carhaix sera
l'exception.
L'objectif du combat de tous est bien, nous l'espérons, le
maintien de la maternité et de la chirurgie au CH de Carhaix. Ce maintien est
indispensable pour continuer d'assurer un accès égal au soin dans le Poher,
comme ailleurs dans le Finistère. C'est une question de solidarité. Madame
Vadillo dénonce une "autarcie" de Carhaix pour mieux faire passer le message de
la fusion. Elle montre là une bien mauvaise connaissance des réalités de
terrain. L'hôpital de Carhaix, par convention, travaille déjà, dans plusieurs
spécialités médicales, avec les hôpitaux du Finistère, et depuis longtemps. Ce
n'est pas un signe d'autarcie, bien au contraire.
La coopération est la
forme de réseau qu'il faut approfondir. D'autres solutions complémentaires
peuvent être utilisées pour pallier au manque de médecin :des créations de
postes de médecins à temps partagés entre le CH de Carhaix et le CHU, pour les
rendre plus attractifs.
Il ne faut avoir aucune illusion : le
gouvernement accepte la fusion parce qu'ainsi il ne portera pas la
responsabilité politique de la fermeture. Il la fera peser sur les promoteurs de
ce projet. Et pour mieux attirer les défenseurs de la fusion, il propose du miel
avec la ciguë : l'effacement du déficit. Si on devait fermer tous les hôpitaux
qui connaissent un déficit, seuls deux seraient maintenus en Bretagne. Et avec
qui fusionner alors : le CHU est lui-même déficitaire. Il ne faut pas faire
payer la politique gouvernementale en matière de santé à la population du
Poher.
Après, il sera trop tard pour regretter. Tout ira très vite. Le
directeur du CHU de Brest a convoqué les syndicats des personnels à une réunion
d'information sur la fusion. Il a été alors très clair : seuls subsisteraient
des consultations avancées en chirurgie et un centre de périnatalité après la
fusion. Nous n'osons pas imaginer que ce soit ce que souhaite Madame Vadillo.
Alors, il faut tous se battre dans un même sens pour le maintien de la maternité
et de la chirurgie, en refusant cette fusion.