Sud Santé sociaux du Finistère

Communiqué de presse du 21/12/08


Madame Vadillo, parlant au nom de la Région, défend avec force la fusion. Mais ce faisant, elle ne mesure pas les conséquences d'une telle position pour l'avenir sanitaire de la population de Carhaix. L'idée de fusion n'est pas nouvelle. Quand on examine ce qui s'est passé en France, aucune des fusions déjà achevées n'a permis à l'hôpital le plus petit de survivre à l'épreuve. Partout, services de chirurgie et maternité ont disparu. Il ne faut pas croire que Carhaix sera l'exception.

L'objectif du combat de tous est bien, nous l'espérons, le maintien de la maternité et de la chirurgie au CH de Carhaix. Ce maintien est indispensable pour continuer d'assurer un accès égal au soin dans le Poher, comme ailleurs dans le Finistère. C'est une question de solidarité. Madame Vadillo dénonce une "autarcie" de Carhaix pour mieux faire passer le message de la fusion. Elle montre là une bien mauvaise connaissance des réalités de terrain. L'hôpital de Carhaix, par convention, travaille déjà, dans plusieurs spécialités médicales, avec les hôpitaux du Finistère, et depuis longtemps. Ce n'est pas un signe d'autarcie, bien au contraire.

La coopération est la forme de réseau qu'il faut approfondir. D'autres solutions complémentaires peuvent être utilisées pour pallier au manque de médecin :des créations de postes de médecins à temps partagés entre le CH de Carhaix et le CHU, pour les rendre plus attractifs.

Il ne faut avoir aucune illusion : le gouvernement accepte la fusion parce qu'ainsi il ne portera pas la responsabilité politique de la fermeture. Il la fera peser sur les promoteurs de ce projet. Et pour mieux attirer les défenseurs de la fusion, il propose du miel avec la ciguë : l'effacement du déficit. Si on devait fermer tous les hôpitaux qui connaissent un déficit, seuls deux seraient maintenus en Bretagne. Et avec qui fusionner alors : le CHU est lui-même déficitaire. Il ne faut pas faire payer la politique gouvernementale en matière de santé à la population du Poher.

Après, il sera trop tard pour regretter. Tout ira très vite. Le directeur du CHU de Brest a convoqué les syndicats des personnels à une réunion d'information sur la fusion. Il a été alors très clair : seuls subsisteraient des consultations avancées en chirurgie et un centre de périnatalité après la fusion. Nous n'osons pas imaginer que ce soit ce que souhaite Madame Vadillo. Alors, il faut tous se battre dans un même sens pour le maintien de la maternité et de la chirurgie, en refusant cette fusion.