Sarlat : le comité réaffirme son soutien au personnel hospitalier

PLUS QUE JAMAIS, AGISSONS !

À la suite de divers articles ou propos parus dans la presse au sujet de l’hôpital de Sarlat, notre Comité de défense de l’hôpital public et de sa maternité réaffirme avec force son indéfectible soutien aux personnels hospitaliers, qui se dévouent sans compter leur temps ni ménager leur santé, pour les malades atteints ou non du Covid19.
Ce que révèle cruellement et tragiquement la crise du Covid 19, ce sont les politiques de gestion comptable et technocratique, conçues non pour le soin mais pour la rentabilité et la marchandisation de la santé.
Ces choix politiques, mis en place dès 1979, ont été poursuivis et jamais remis en cause par les gouvernements successifs jusqu’à aujourd’hui avec l’application du plan Buzyn-Macron « Ma santé 2022 ».

La création de notre comité local résulte de la dénonciation de ces politiques néfastes et sa raison d’être notre attachement à un véritable service public de santé et de proximité.

Les graves problèmes rencontrés actuellement pour faire face à la pandémie du Covid 19 sont le résultat de ces politiques.

Malgré les déclarations du Président Macron : « J’ai entendu votre colère face à des conditions de travail parfois devenues impossibles : des salaires compressés, des rythmes effrénés, des difficultés matérielles », la destruction du service public de santé continue. Pour répondre au manque de personnels, des services sont fermés « provisoirement » : au Blanc fermeture « provisoire » de la chirurgie ; à Lavelanet et Concarneau fermeture « provisoire » des urgences …

Cependant, la crise du Covid 19 a révélé qu’il était possible de faire prévaloir le soin sur la gestion strictement financière.

En reprenant la main, les personnels soignants ont démontré leur efficacité, leur capacité à contenir l’épidémie et à retrouver, enfin, le sens de leur métier. En s’autogérant, en développant le travail d’équipe, ils ont ouvert la voie à une autre organisation possible de l’hôpital qui répond aux besoins de santé des populations.

C’est cette voie que nous devons suivre et pour laquelle nous devons nous mobiliser afin d’empêcher tout retour en arrière.

En applaudissant chaque soir, la population plébiscite le rôle des soignants. Il est désormais urgent de transformer ce soutien en actions concrètes pour définir ensemble tant le financement que le système de santé publique dont nous avons besoin désormais.

Compte tenu de cette situation, notre comité continuera d’être vigilant et se propose aussi de faire vivre localement cette démarche qui peut prendre la forme :

— d’assemblées décentralisées de rencontre entre les personnels, les usagers, les élus, les associations…

— d’ateliers pour élaborer des propositions concrètes.

L’objectif de ce travail, sortir d’une logique d’opposition, de revendications pour passer à une co-élaboration nous permettant de construire le service de santé publique du XXIe siècle.

Vos propositions sont les bienvenues, n’hésitez pas à prendre contact avec notre association.

le texte en pdf

Un chef de service de l’hôpital de Sarlat a du se battre pour obtenir des masques : l’article de France bleu Périgord du 4 mai

L’article sur les blogs de Médiapart

Sarlat : les préconisations de 2012

Récupérées très longtemps après par le comité !

Les préconisations du professeur Favre en décembre 2012

Le Centre Hospitalier de Sarlat seul établissement de son territoire justifie sa présence pour des soins MCO, Anesthésie et la prise en charge des urgences.

Les activités urgences, chirurgie, anesthésie, obstétrique sont interdépendantes.

Les urgences ne peuvent fonctionner sans chirurgie, l’obstétrique ne peut fonctionner sans la chirurgie et l’anesthésie, la chirurgie ne peut fonctionner sans l’anesthésie.

L’équilibre financier de l’établissement ne peut s’envisager qu’avec le renforcement des activités génératrices de T2A.

La diminution du déficit passe par la diminution voire la suppression du recours massif aux remplaçants ou intérimaires, par une politique de recrutement qui doit privilégier le recrutement de praticiens temps plein et en vérifiant que les activités réglementaires des temps partiels sont respectées.

La révision de certains contrats non réglementaires, permettra de diminuer certaines dépenses et effacera le sentiment d’injustice ressenti par certains praticiens.

 Les plateaux techniques : Bloc opératoires, services d’hospitalisation, services médicotechniques sont aux normes pour accueillir et augmenter des activités de MCO. Ils fonctionnent par ailleurs avec un personnel compétent et motivé.

L’analyse de la qualité des prises en charge chirurgicales et anesthésiques n’a pas montré de comportements pouvant entraîner une perte de chance pour les malades.

Cependant une organisation des activités chirurgicales doit être mise en place :

– Fonctionnement en équipe des 2 chirurgiens viscéraux avec rédaction avec l’aide d’un tiers extérieur d’ « un règlement intérieur » devant être respecté notamment sur les absences, le fonctionnement du service de chirurgie, les complémentarités

– Organisation d’un partenariat avec des services recours (CHU) choisis par les 2 chirurgiens viscéraux.

– Définition d’une liste de gestes chirurgicaux autorisés dans l’établissement, en fonction de leur complexité (ex: pas de chirurgie du rectum sous péritonéal, pas de chirurgie du pancréas) et de l’état des malades (classification ASA).

– Réouverture dès que possible de l’unité de soins continus dont la fermeture va entraîner une perte de chance pour certains malades médicaux et ou chirurgicaux.

– Ouverture de nouvelles plages opératoire au niveau du bloc opératoire qui peut les absorber avec un renforcement de l’équipe d’anesthésie.

Cette réorganisation, outre l’effet immédiat sur l’ambiance de l’établissement, permettra d’afficher une volonté de fonctionnement apaisé et sera le meilleur garant pour le recrutement de nouveaux praticiens, condition nécessaire au redressement de l’établissement.

Le 10 décembre 2012