Communiqué de presse de la Coordination Nationale : des fermetures inacceptables !

Le Président de la République a annoncé ne fermer aucun hôpital ! En réalité il en vide certains, en ferme d’autres, ainsi que des maternités.
Depuis un mois, les mauvaises nouvelles se multiplient : la fermeture définitive des maternités de Bar Le Duc, de Thann, d’Altkirch, celles temporaires mais sans garantie de réouverture de Dinan et de Privas, la fermeture des urgences de nuit à Sisteron, des suppressions de lignes de SMUR et même une fermeture totale temporaire à Lens. Où demain ?

Le dossier de presse de l’ARS Grand Est annonçant les fermetures des maternités alsaciennes est caricatural, s’appuyant sur une tribune d' »experts », personnalités certes assurément très compétentes dans leur domaine spécialisé, mais sans doute très éloignés des besoins des femmes enceintes et de leurs familles, des besoins globaux, qui seraient mieux connus par une concertation démocratique, incluant les professionnels de proximité et les populations. La gradation des soins sert précisément à prévoir ce qui sort du physiologique, pour permettre d’y rester dans les 85% de grossesses qui ne présentent pas de complications.

Le manque de professionnels de santé, en particulier de médecins, est aggravé par la politique actuelle. L’hôpital public ne fidélise plus ses personnels et les fait fuir, vers le privé ou vers une totale réorientation professionnelle. L’absence de véritable réponse de la Ministre de la Santé à la grève des personnels des urgences, qui gagne de plus en plus d’hôpitaux malgré la période estivale, traduit le désengagement du gouvernement pour l’hôpital public. C’est une stratégie assumée pour favoriser le secteur privé et les profits de ses actionnaires au détriment du service public, au détriment de la sécurité sociale et laissant de côté toute une partie de la population, en difficulté pour accéder aux soins, pour des raisons géographiques ou financières. Qui va payer les hôtels annoncés pour permettre aux femmes enceintes de passer les derniers jours de leur grossesse à proximité d’une maternité ou les dépassements d’honoraires lorsqu’il n’y aura plus d’autre choix que le privé pour les soins ?

Alors que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient de faire savoir qu’il était impératif de réduire le trafic routier, la ministre de la santé met les femmes enceintes, les malades et leurs familles sur les routes !

Cela est insupportable ! Notre pays n’en peut plus, et les gilets jaunes l’ont largement exprimé, de ces politiques où l’on réduit chaque jour davantage les dépenses publiques pour enrichir quelques uns. L’hôpital public est notre bien commun, financé par NOS cotisations, sa proximité la garante de la sécurité pour les populations. La Coordination Nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité apporte son soutien à tous ses comités dans l’action pour défendre et développer le service public hospitalier, à tous les élu.e.s, à tous les citoyen.ne.s, à tous les personnels hospitaliers qui revendiquent une politique de santé répondant aux besoins des populations. Ici et là, les mobilisations permettent de faire reculer la casse organisée, comme à Remiremont ou à Gérardmer. Tous ensemble, nous arriverons à être entendus !

Le communiqué en pdf

Communiqué de la Coordination Nationale : Merci aux personnels des urgences ! Soutenons leur lutte !

Merci aux personnels des urgences ! Soutenons leur lutte !

La Coordination Nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité appelle ses comités, leurs militant.e.s et tous les citoyen.ne.s à soutenir le mouvement de protestation des personnels des services d’urgences.

En allouant 70 millions aux services d’urgences, la ministre de la santé montre à quel point elle n’a pas compris ou pas voulu comprendre la gravité de la situation de ces services  : les personnels n’en peuvent plus des attentes interminables, des malades sur des brancards, faute de lits, bref de la mauvaise qualité de la prise en charge des personnes qu’ils accueillent, avec à chaque instant la crainte que le retard aux soins n’ait des conséquences graves. Comme l’ensemble des personnels des hôpitaux, des EHPAD, qui sont aussi en train d’engager des mouvements de grève, ils ne supportent plus les politiques d’austérité budgétaire qui mettent la rentabilité avant la santé et restreignent les dépenses publiques, mettant en cause tous les services publics.

Certes tous les patients se rendant aux urgences n’y vont pas pour des pathologies graves, mais c’est souvent leur seul recours du fait de la désertification médicale et ce n’est pas à eux de juger de la gravité éventuelle. C’est au service public de répondre à toutes les demandes, dans de bonnes conditions, partout sur le territoire national. La ministre de la santé prétend améliorer la situation des urgences en agissant sur les prises en charge en ville, mais les urgences n’attendent pas les hypothétiques effets  de la loi en cours de débat au parlement, effets d’autant plus hypothétiques que sans régulation de l’installation des médecins généralistes, sans développement d’un service public de soins primaires, sans envisager un devoir à servir des jeunes médecins en zones déficitaires, ce projet de loi n’améliorera pas grand chose !

C’est tout de suite qu’il faut répondre aux besoins des services d’urgences : le collectif interurgences, les organisations syndicales ont fait connaître leurs revendications. Elles sont légitimes pour que la spirale de la désorganisation des services d’urgences ne tourne pas à la catastrophe sanitaire pendant l’été. Les personnels des urgences doivent être écoutés, respectés, mieux payés et plus nombreux. Il faut un moratoire sur toutes les fermetures de services, suppression de lits, restructurations. Il faut ré-ouvrir des lits et des services d’aval.

Le Coordination Nationale appelle à signer et à faire signer massivement la pétition initiée par le collectif interurgences : https://www.change.org/p/soutien-aux-services-d-accueil-des-urgences et à participer aux différentes actions.

Ce sont des centaines de milliers de voix qui doivent dire : Madame Buzyn, écoutez les revendications des personnels des urgences.

Le Communiqué

DROIT DE RÉPONSE À CES MÉDECINS QUI DEMANDENT LA FERMETURE DES MATERNITÉS DE PROXIMITÉ

Dans une tribune du « Parisien-Aujourd’hui la France », des médecins spécialistes, Gynécologues obstétriciens, Pédiatres, Anesthésistes-réanimateurs justifient la fermeture de maternités, au nom de la sécurité des femmes et des nouveau-nés.
Ils viennent fort opportunément renforcer le discours de la Ministre de la Santé à Sciences-Po, déclarant que ces maternités « n’intéressaient plus les professionnels en raison de leur faible attractivité ».
A quoi vous êtes-vous engagés, Mesdames et Messieurs lorsque vous avez signé le serment d’Hippocrate ?
Avez-vous conscience de ce qu’impliquent pour les femmes et leurs familles la fermeture des maternités ?
A Bernay, à Die, à Thann, à Altkirch, à Guingamp, au Blanc, à Creil, à Saint Claude, n’avez-vous pas entendu leurs inquiétudes d’avoir des kilomètres à parcourir dans des conditions parfois difficiles pour mettre un enfant au monde ?
Est-ce vraiment la sécurité des femmes et des nouveau-nés que vous entendez défendre ou le souhait d’un exercice professionnel « confortable » où les femmes se plieront à votre omniscient savoir, savoir qui devrait pourtant être à leur service.
Vous évoquez fort justement une démographie médicale défavorable : que n’avez-vous rédigé des tribunes pour demander la fin du numerus clausus quand il en était encore temps.
Vos « solutions » proposées pourraient presque passer pour des provocations :
♦ Améliorer l’état des routes, certes, les habitants du Diois, du Jura ou du plateau ardéchois en sont convaincus mais la géographie est ce qu’elle est
♦ Solliciter SAMU et SMUR là encore, idée géniale, à condition d’avoir des équipes d’urgentistes suffisantes, réalité qui vous a sans doute échappé au moment où des services sont en passe d’être supprimés.
♦ Enfin, les hélicoptères ces anges de la santé qui décollent par tous les temps, se posent n’importe où et ne coûtent presque rien !
Enfin et c’est sans doute ce qui fâche le plus dans votre tribune, c’est votre « refus de la démagogie », s’appuyant sur l’idée que certaines maternités ne seraient maintenues que suite à l’avis des politiques et non des soignants et notamment pour
préserver des emplois locaux.
Certes, des élus se sont mobilisés et continuent à le faire pour maintenir des maternités de proximité mais ils ne font en cela qu’appuyer la volonté de leurs concitoyen-ne-s, celles et ceux que vous semblez ne plus voir depuis trop longtemps.
Celles et ceux qui seront au Blanc les 22 et 23 mars pour les Etats généraux des maternités, pour dire non aux fermetures, pour faire entendre les voix des femmes et faire respecter leur choix de faire naître leurs enfants à proximité de chez elles.

Le communiqué

LÉGITIME COLÈRE ! Communiqué de la Coordination Nationale.

L’actualité sociale est marquée par la révolte de nombreux habitants rassemblés sur l’étincelle des augmentations de taxes qui, face au blocage de la situation, expriment très souvent leur refus d’injustices et d’abandons organisés par le modèle dominant.
On ferme les services publics de proximité, dont les urgences et les SMUR, les maternités, les services de chirurgie, les labos…, on réduit les transports publics (suppressions de lignes ferroviaires, de guichets, du fret, des trains de nuit…) et donc on pousse les habitants à utiliser encore plus les voitures : risques accrus, perte de temps, coûts économiques et écologiques… et en plus ils paient de plus en plus de contraventions et de taxes…
Nos comités partagent la révolte contre l’étranglement des territoires par les intérêts financiers, les politiques de concentration et le démantèlement des services publics, créant de l’injustice, abandonnant des millions d’habitants qui perdent les moyens d’accéder rapidement aux services de soins et médecins.
De plus, ces restructurations et concentrations affectent les coûts financiers et environnementaux des transports de toutes sortes : secours, ambulances, hélicoptères, déplacements des familles…
Les exonérations des cotisations patronales fragilisent la Sécurité Sociale. Le choix des augmentations de taxes, au lieu des prélèvements fiscaux indexés sur les richesses, aboutit à l’appauvrissement d’une grande majorité.
Le mouvement des « gilets jaunes » porte en fait principalement sur le niveau de vie, les bas salaires… Beaucoup d’entre eux, par exemple, ne peuvent plus se payer de complémentaire santé.
Nos comités demandent :
– Le maintien des hôpitaux, maternités et EHPAD publics et les moyens de leur fonctionnement
– Le maintien d’un bon réseau de transports publics à faible coût
– La redistribution des 14 milliards d’excédents de la Sécurité Sociale en 2018 pour les hôpitaux, maternités, EHPAD publics, pour la politique familiales et les retraites.
– La prise en charge de la santé à 100% par la Sécurité Sociale, de la prévention à la perte d’autonomie en passant par le soin.

Le communiqué en pdf

Communiqué de la Coordination Nationale du 14 juin 2018 : Urgences, un décret assassin.

Le gouvernement vient de modifier par décret l’organisation des urgences.

Ce décret prévoit de maintenir, dans certains services d’urgence, la présence 24h/24 d’un seul médecin urgentiste pour assurer « l’accueil urgences » dans les murs et les sorties SMUR ; pendant la durée des départs en SMUR, il sera fait appel à un médecin d’astreinte, qui ne sera pas forcément un urgentiste, pour venir assurer la continuité du service dans un délai non précisé clairement par le décret.

Le Communiqué

Communiqué de la coordination Nationale du 11 mai 2018

15 mai, Marche Blanche des Hôpitaux en lutte
22 mai, journée de grève des fonctionnaires
26 mai, Convergence des luttes
23 juin, Initiative Nationale de la Coordination Nationale

Des mobilisations grandissantes pour les services publics du XXIème siècle

Les mobilisations pour la défense des services publics et notamment hospitaliers sont en cours ou en devenir.
Face aux attaques sans précédent contre les hôpitaux, la SNCF, la fonction publique, les personnels, les élus, les usagers refusent de laisser faire.
Dans le secteur hospitalier, à Clamecy, Decize, Gray, Saint Claude, en Bretagne, à Ruffec, Creil, dans toute la France des mobilisations convergentes résistent à cette politique régressive et quelquefois en remportant des succès comme en Bourgogne Franche-Comté ou dans le Grand Est.
Partout ailleurs des mobilisations massives sont en cours à la SNCF, dans les universités, dans la fonction publique d’une façon générale.
Loin d’être dépassé, le service public est une idée d’avenir pour renforcer les solidarités et la cohérence territoriale dans le pays, répondre aux défis sociaux de notre temps.
Chaque lutte réaffirme la place essentielle des services publics dans notre société.
Ces luttes traduisent le malaise, les insatisfactions, les souffrances des personnels, de la population et l’écart entre les besoins et les décisions gouvernementales .
La Coordination Nationale soutient ces mouvements et appelle ses comités à être présents dans ces mobilisations pour :
 des services publics de santé de proximité
 une politique de santé élaborée démocratiquement
 la fin des fermetures de services et de lits dans les hôpitaux
 une véritable politique de protection sociale
 des solutions efficaces et pérennes pour solutionner les déserts médicaux, ruraux , dans les quartiers et hospitaliers
 la remise en cause du numérus clausus et la régulation des installations des professionnels de santé.Le communiqué

L’hôpital d’Oloron Sainte Marie doit garder sa maternité

La Coordination Nationale (association d’usagers de la santé agréée au plan national) apporte tout son soutien aux usagers, aux personnels et aux élus d’Oloron Sainte Marie qui se battent pour garder leur Maternité.
Elle invite la population à participer en masse le 30 septembre à la manifestation, afin de montrer sa détermination, élément qui pèsera dans la balance lors de l’entrevue au Ministère le 11 octobre.
La Maternité répond aux besoins du bassin de soins, avec un potentiel de près de 700 naissances.
Des candidatures fiables de gynécologues et de pédiatres existent : ils doivent être recrutés.La fermeture de la maternité d’Oloron obligerait les femmes à faire des trajets de plus de trois quarts d’heure à près de deux heures pour le suivi de leur grossesse et pour l’accouchement, en devant se rendre à Pau.
Le territoire sur lequel se situe la maternité d’Oloron Saint Marie est enclavé, avec des routes difficiles : faut-il prendre le risque de mettre en danger la vie des femmes et des bébés ?
Plusieurs travaux (voir références ci-dessous) ont montré une augmentation du risque d’accouchements inopinés en dehors d’une maternité quand le délai de transport est supérieur à 45 minutes par ailleurs, au-delà de 30 minutes les risques sont accrus pour l’enfant.
Madame la Ministre, vous ne pouvez pas prendre la responsabilité de risquer la vie de femmes et d’enfants : la Maternité d’Oloron Sainte Marie doit continuer à fonctionner.
Références:
Etude en copartenariat : INSERM-UPMC Université Paris 6-Département géographie Université Paris 8
“Out of hospital births and the supply of maternity units in France “
Beatrice Blondel, Nicolas Drewniak, Hugo Pilkington, Jennifer Zeitlin
ADELF-EMOIS 2012
« Territoires de vie, santé périnatale et adéquation des services de santé : influence des temps d’accès à la maternité la plus proche sur les résultats de santé périnatale en Bourgogne. »
Lure le 28 septembre 2017