Bulletin semaine 42

Plusieurs initiatives de convergence ont eu lieu ces derniers jours, autour de la problématique des urgences mais également pour la sauvegarde de l’hôpital public, les deux étant complémentaires. Organisations syndicales, collectifs, organisations de défense de l’hôpital public, adresse au Président de la République d’usagers, de professionnels, de personnalités… Bref, il semble que l’alerte que la Coordination Nationale lance depuis plus de deux ans, avec d’autres, rencontre aujourd’hui un large écho. Cela montre aussi, hélas, que la situation s’est beaucoup dégradée et qu’il est plus que temps d’y mettre un grand coup de frein et d’imposer, dès le vote du PLFFS 2020 les moyens d’une politique de santé qui réponde aux besoins de toutes et tous partout.

Continuons à diffuser notre appel partout, à en faire la base de larges rassemblements dans tous les territoires.

La Coordination Nationale apporte son soutien à la manifestation du 15 octobre en lien avec les pompiers.

L’édito et le bulletin

Sisteron : 16ème mobilisation lundi 14 octobre

Encore 150 personnes se sont mobilisées devant les urgences de Sisteron puis dans toute la ville le lundi 7 octobre. Le passage sous le tunnel de la ville a été un des moments forts de la soirée. Plusieurs participants ont proposé de faire un zoom sur l’absence de nombreux élus comme sur l’absence de réponse du préfet du 04, au travers d’un tract « Perdu de vue » (voir ci-joint).

De nombreuses interventions ont souligné la manipulation constante de ceux qui sont censés représenter le peuple comme de ceux qui sont censés assurer la continuité du service public dans les zones rurales. On l’a encore vu ces derniers jours où ils ont ressorti du tiroir un vieux projet qui est la mutualisation (ou plutôt devrait on dire fusion) des SAMU 04 et 05, dans un souci d’économies et de réduction de l’offre de soins dans le territoire. Et le comble c’est qu’ils osent dire que la fusion des SAMU 04 et 05 serait une solution au manque de médecin à Sisteron et à Digne. Alors qu’un exemple récent en Bourgogne montre bien que c’est tout le contraire qui se produit puisqu’il en résulte une perte d’attractivité du territoire et que c’est un échec total. Quelle escroquerie intellectuelle ! Les pompiers et les médecins urgentistes contactés sont scandalisés par ce projet de mutualisation comme par la politique de santé mise en place. Tous les hôpitaux sont concernés. Sisteron, Digne, Manosque… : même combat ! Nous appelons à un élargissement de la résistance contre ce démantèlement programmée !

La Une de La Provence de mardi ne s’y trompe pas « L’ARS sous pression ». Ensuite en page 2, le journal revient sur la lutte à Sisteron (voir ci-joint). Par contre, l’ARS muette depuis le début de la lutte au début de l’été, est interrogé en page 3. Je n’ai pas joint la page 3 car elle n’a aucun intérêt. Toute la page est consacrée à la réponse de l’ARS 04 qui semble très en difficulté dans l’argumentaire. Effet, depuis quelques semaines le département du 04 a connu : la fermeture provisoire des urgences de nuit à Sisteron, le déclassement de l’hôpital de Banon (qui n’est plus un hôpital mais qui est désormais un EHPAD), la fermeture de la cuisine de l’hôpital de Forcalquier, la dégradation des conditions de travail dans les hôpitaux et EHPAD, la fragilisation de nombreux services hospitaliers (qui tiennent seulement sur un fil), une accélération de la mobilité des personnels etc…

Et face à tout cela, le seul argument de l’ARS c’est de dire qu’ils travaillent à la mise en place de maisons de santé dans le territoire. Est-ce que l’objectif de l’ARS c’est de faire du 04 un département où il ne reste plus que des maisons de santé et des EHPAD ? Est-ce que l’objectif de l’ARS c’est de fermer tous les services d’urgences, les maternités, les services de chirurgie, de réanimation… du département? La question est de plus en plus légitime au regard de la politique menée actuellement. C’est pourquoi il faut continuer à se mobiliser.

Au moment où l’ARS PACA et 04 sont de plus en plus sous pression face aux attaques actuelles sur la santé dans le 04, l’AMUF 04 (Association des Médecins Urgentistes de France) entre en jeu et leur nouveau délégué départemental sera présent lundi soir sur Sisteron.

Lundi 14 octobre nous serons encore là à 18h30 à Sisteron mais nous réfléchissons également à des actions plus percutantes. Une action d’envergure sera annoncée à cette occasion. Les attaques se durcissent, notre détermination doit prendre le même chemin !

Pour visionner la vidéo de Jacques Mantz, qui suit la mobilisation à Sisteron depuis le début, cliquer sur ce lien : https://www.youtube.com/watch?v=rixpKXzsbj8

Pour visionner la vidéo de DICI TV sur le projet de mutualisation des SAMU 04 et 05, cliquer sur le lien suivant : https://vimeo.com/364804356

Tours : Présentation du film réalisé par le collectif santé 37

LE FILM « CLOCHEVILLE À VENDRE », UN OUTIL DE DÉBAT SUR L’HÔPITAL

En 2017 le CHRU de Tours a entrepris une restructuration entraînant la fermeture à terme de 3 établissements sur 5 dont L’HÔPITAL PÉDIATRIQUE GATIEN DE CLOCHEVILLE.

Le collectif 37 Notre santé en danger n’a pas tenu pour acquise la suppression d’un tel établissement à rayonnement régional, compte-tenu du service rendu à la population dans ce bassin de vie pour la prise en charge des enfants avec de multiples avantages dont une maison des parents.

Le film relate l’importance de cette structure et les luttes qui jalonnent les différentes étapes de la restructuration en cours.

Ces fermetures de structures hospitalières ont lieu partout en France.

Elles suscitent des luttes et ce film peut être un support pour engager une réflexion sur les transformations de l’hôpital public et l’évolution de la prise en charge de la santé en France.

 

Saint Agrève : mouvement de grève à l’hôpital de St Agrève et intervention du comité local sur la base de l’appel national

Le personnel de l’Hôpital de Moze était à nouveau réuni hier pour dénoncer la nouvelle réorganisation de travail qui a été mise en place depuis cet été et qui accélère encore la dégradation de leur conditions de travail et les conditions d’accueil des patients.

J’ai confirmé le soutien de la Coordination Nationale à leur mouvement et tous ceux en cours sur le territoire répondant au mouvement unitaire  «  Ensemble pour défendre notre système de santé et D’action Sociale »

J’ai rappelé que les réponses aux besoins des populations et la prise en compte des problématiques rencontrées par les personnels médicaux , non médicaux passent nécessairement par une augmentation du budget de la Sécurité sociale et donc une revalorisation de l’ONDAM à 5% et non 2,1% comme le propose le gouvernement.

C’est tout le sens de » l’appel »  en cours , sur lequel j’ai insisté, lancé  par la Coordination Nationale pour favoriser les mobilisations dans nos départements afin d’exiger que cela se traduise dans la loi de financement de la Sécurité Sociale qui sera votée fin Octobre.

Voici le résumé de mon intervention au nom de la CN.

Infos semaine 40

En grève depuis mars dernier, les services d’urgence montrent la voie aujourd’hui. Ce mouvement démontre que, même dans un contexte contraint, la lutte paie.

Les mobilisations en cours appellent à l’élargissement et à la convergence des salarié.e.s des différents secteurs d’activités dans la Santé et l’Action Sociale qui portent des revendications partagées qui doivent être gagnées pour tous.

Sous effectifs, manque de lits, salaires : on constate une multiplication des conflits et des luttes menées dans les établissements de Santé qui touchent tous les secteurs d’activités.

L’édito et le bulletin

Privas : Communiqué du comité

L’agence régionale de santé a dévoilé son projet pour l’hôpital de Privas le 25 septembre 2019 – réactions et commentaires de l’association des usagers.

 

Il y va de la responsabilité d’une association de ne pas souffler sur les braises et de saluer les bonnes intentions.

Cependant elle se doit de questionner et ne saurait rester indifférente face à certains propos rapportés dans l’article du Dauphiné libéré du jeudi 26 septembre 2019 et à certains projets très imprécis et aléatoires.

Tout d’abord sur le fait d’espérer la rémission  d’une faillite financière, humaine et sanitaire.

Ceci fait poser question :

1 S’agit-il du pardon des fautes accomplies par les dirigeants successifs de l’hôpital et de l’Agence Régionale de Santé qui ont participé à cette situation par une mauvaise gestion financière et humaine et par un manque d’anticipation pour le recrutement nécessaire de professionnels spécialisés ?

2 Ou alors est-ce une atténuation momentanée d’un mal en suivant des prescriptions ou  des préconisations qui ne garantiront pas la guérison malgré des injections financières qui d’ailleurs seront limitées dans la durée ?

Ensuite sur l’intention de consolider la chirurgie s’agira-t-il de chirurgie ambulatoire exclusivement ? Sans hospitalisation  possible en service de chirurgie: qu’adviendra t-il du dit service ?

Qu’adviendra-t-il de la chirurgie du week-end et de nuit ?

Qui bénéficiera  d’une hospitalisation de jour en médecine ?

Qu’en sera-t-il des consultations médicales en collaboration avec Aubenas et Montélimar ?

Cela veut-il dire qu’il n’y aura pas de consultations à temps plein à Privas ?

De nombreux professionnels devraient rejoindre l’équipe de gériatres « recrutés » :

Cela nous renvoie à la crainte du président du département de  l’Ardèche Laurent Ughetto de voir réduire l’hôpital à la seule gérontologie.

 

On nous annonce la reconstruction de l’EPHAD de Privas , sa réorganisation  avec 80 places et 60 lits de longue durée.

L’EPHAD Rivoly de La Voulte sur Rhône gérée aussi par le CHVA rassemblera les soins de suite et de réadaptation(SSR)  actuellement à Privas et d’autres crées par L’Armée du Salut .

S’agira-t-il d’un partenariat public privé ?

Comment le CHVA va t’il  faire face aux obligations de rentabilité  et pallier à terme  la perte de la perfusion financière  annoncée en réduisant  son nombre de prestations ?

 

Sur la création d’un centre de périnatalité quelques précisions s’imposent :

Il n’y aura à Privas qu’un avant et après l’accouchement, autrement dit des consultations uniquement.

On nous dit que les futures mamans iront accoucher à Aubenas ou à Montélimar dont on sait  les maternités surchargées. Que se passera-t-il  si on ne peut  les accueillir ?

Accoucher aux urgences est ce plus et mieux sécurisé que dans une maternité ?

 

Il est dit que les femmes proches du terme pourront être  accueillies en « hôtel hospitalier » prés de Montélimar ou d’Aubenas : TRES BIEN !!!

-Qui va payer la construction de ces « hôtels » ?

– A quelle distance de l’hôpital seront ils construits ?

-Comment seront ils  gérés et par qui ?

-Quelle sera la prise en charge du séjour? Aucune ? Sécurité sociale? Complémentaire?

-Quelle en sera la durée possible ?

 

3 Quant à l’hélicoptère de Valence qui pourra venir chercher une parturiente privadoise en cas d’urgence :

  • Qui va décider de l’urgence ?
  • Comment déterminer le temps d’attente de hélicoptère ?
  • Quel en sera le coût et la prise en charge ?

 

Enfin lorsqu’on nous dit qu’à Die cela fonctionne bien malgré des accidents et des difficultés recensés et que l’on rajoute que des naissances sur la route il y en a partout même à Lyon, comment ose t’on  s’en glorifier ?

 Est-ce normal  qu’une telle chose arrive ?

De plus mettre sur le même plan ce qui est accidentel à Lyon, alors que la maternité existe et ce qui se produit ailleurs, par défaut de structure d’accueil lié à une fermeture de service est lamentable ; mais ce n’est pas pour l’argent c’est pour la sécurité que l’on ferme la maternité nous dit-on !!!

A Die, comme ailleurs, la mort d’un bébé, un accouchement au bord de route est-ce quantité négligeable et permet de dire que tout se passe bien?

Cela doit-il passer en pertes et profits ?

 

Quant à la maison de santé pluri- professionnelle en projet ; ouverte ou construite avec l’assentiment de l’ARS et de MME Le Préfet, elle relève d’un partenariat  publique privé.

-Qui  en paiera  la construction, si c’est la solution retenue, et quel sera son fonctionnement ?

Les spécialistes de cette maison de santé exerceront à l’hôpital et en libéral.

-Y aura-t-il des dépassements d’honoraires ?

 

Une question s’impose:

Que sera t’il offert aux médecins spécialistes pour qu’ils viennent s’installer à la maison de santé alors qu’aucun (soi-disant) ne s’est montré intéressé par un poste à l’hôpital.

L’hôpital n’est plus certifié par la haute autorité de santé  nous dit le directeur de l’ARS ce qui signifie que l’hôpital doit se mettre aux normes dans certaines procédures relevant de la sécurité.

Avertissement de l’ARS : l’hôpital a 12 mois pour effectuer une REMONTADA !!!

      Sinon quoi ???

Le CHVA a un an pour redresser la barre insiste le directeur de l’ARS

    Sinon quoi ?

 Hélas aucune réponse  à ces questions n’est apportée dans l’article du journal; mais restons confiants et disons : chiche !!!!!

Enfin pour conclure sur le constat désobligeant publié  dans le Dauphiné nous porterons un regard objectif et réaliste sur un fait particulier :

Lorsqu’un travail de sape, et de discrédit est pratiqué depuis des années à tous les niveaux de responsabilité, la résignation n’a rien de surprenant ; par contre elle est inquiétante à 5 mois des municipales.

L’emploi répété du mot « sacrifice » par un élu a contribué à cette résignation.

De plus aucun de ceux  qui se sont battus pour le maintien de la maternité et de tous les services du CHVA n’a fait preuve d’irresponsabilité au contraire.

C’est  avec la volonté de répondre aux besoins de la population et de défendre le service publique de santé, chaque jour plus menacé qu’ils se sont engagés en totale responsabilité.

Pour cela les syndicats et les personnels du  CHVA et des EPHAD qui s’y sont appliqués.

Sans oublier les citoyens qui les ont soutenus, doivent  être remerciés et encouragés.

 

LE BUREAU DE L ‘ASSOCIATION DES USAGERS POUR LA DEFENSE DE L ‘HOPITAL DE PRIVAS

Privas – Lettre ouverte – 25 09 19