Communiqué de la Coordination Nationale : Urgence pour notre santé et notre protection sociale !

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Urgence pour notre santé et notre protection sociale !

Pour le ministre de la santé et de la prévention, l’été s’est finalement pas mal passé ! Mais ont-ils réalisé, lui mais aussi le gouvernement et le Président de la République, la gravité de la situation ? La crise du système de santé, ce ne sont pas seulement les difficultés dans les services d’urgences pendant la période des congés payés, c’est un service hospitalier qui se délite, ce sont des déserts médicaux qui s’étendent, des délais de rendez-vous qui s’allongent et de plus en plus d’usagers désemparés qui ne savent plus à qui s’adresser et où se rendre.

L’absence d’une vraie politique de santé publique est sans doute faite pour obliger la population à se tourner vers l’hospitalisation privée avec ses dépassements d’honoraires et les plateformes de téléconsultation : c’est un choix qui profite à la finance, pas à la qualité des soins !

Et c’est un choix délibéré qui met aussi en difficulté la Sécurité Sociale, par le choix systématique des exemptions de cotisations patronales et en traitant la question du pouvoir d’achat par des primes ou des chèques plutôt que par des augmentations de salaires qui génèreraient des cotisations sociales.

La Coordination Nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité rappelle ses propositions : garder les professionnels de santé par des revalorisations salariales et une amélioration des conditions de travail, en former de nouveaux en nombre, créer un service public de soins de premier recours, arrêter les fermetures de lits et de services, mieux répartir les professionnels, mettre en œuvre une vraie démocratie, pour les personnels comme pour les usagers. Ces propositions sont détaillées dans son plan d’urgence.

En cette période où les difficultés sociales s’accumulent, le service public et la Sécurité sociale doivent rester prioritaires : ils ont démontré leur efficacité comme amortisseur des crises.

La Coordination Nationale, avec sa traditionnelle et ferme volonté unitaire et pluraliste, appelle ses comités et la population à participer à toutes les mobilisations pour la santé, le 22 et/ou le 27, en fonction des situations locales, aux initiatives du 28 septembre pour le droit à l’avortement et aux manifestations du 29 septembre pour les salaires et le pouvoir d’achat.

Elle s’associe à l’appel « Face à l’urgence sociale et écologique, construire une large convergence ». Elle est co-fondatrice de l’appel un « Nouvel Élan pour nos services publics » qui débouchera sur une rencontre et une manifestation nationale à Lure en mai 2023.

 

Montargeois : 3000 signatures contre le forfait patient urgence

Le Collectif du Centre hospitalier d’Amilly s’est rendu en  délégation le 11 février dernier à l’Agence Régionale de Santé Centre-Val de Loire pour rencontrer le directeur et lui remettre les 3 000 signatures recueillies dans une quinzaine de communes du Montargois pour s’opposer au forfait patient urgence qui pénalise les plus précaires et les familles aux revenus modestes. Derrière une volonté de « simplification » affichée par le gouvernement, il s’agit en réalité pour lui de limiter le flux des consultations dans les services d’Urgences, en situation d’extrême tension, de faire des économies sur le dos des patients et usagers et de transférer les restes à charge sur les mutuelles privées avec pour conséquence, une hausse continue des cotisations (entre 4% et 12% en moyenne cette année).
Concrètement, cela signifie pour près de quatre millions de personnes non couvertes par une complémentaire santé ou dépourvues de protection sociale, un reste à charge de 19,61 euros (il avait été annoncé à 18 euros, lors du vote du PLFSS 2021) pour une simple consultation non suivie d’une hospitalisation.
Nous devions régler auparavant une part correspondant au ticket modérateur, soit 9 euros environ, c’est-à-dire la moitié du montant qui nous est désormais réclamé.
Qui plus est, cette somme est maintenant directement exigible au sortir des Urgences. pas de soins sans porte-monnaie, voilà la philosophie du président MACRON !
Nous avons rappelé à Monsieur HABERT directeur de l’ARS que la population de la région Centre-Val de Loire ne parvenait plus à accéder aux soins.
La  démographie médicale de notre région a la plus faible densité nationale (13ème région métropolitaine) en nombre de médecins pour 100 000 habitants, pour la médecine générale comme pour les spécialités. La démographie est aussi très  vieillissante, et ça va encore empirer ! Enfin, les médecins sont inégalement répartis : l’Indre-et-Loire conserve une majorité de médecins qu’elle forme au CHU de Tours, alors que l’Indre est le 95ème – et dernier – département de France métropolitaine.
Mais cette situation concerne en réalité l’ensemble de nos territoires : les zones rurales comme  les bassins de villes moyennes et les grandes métropoles.
Les patients et usagers ne bénéficient plus de la prévention ni des soins nécessaires, quand plus d’un quart des Loirétains n’a pas ou n’a plus de médecin traitant.
C’est pourquoi, nous avons solennellement  demandé à Madame la préfète du Loiret et de la région Centre de décider d’un moratoire d’application du forfait patient urgence dans l’ensemble des hôpitaux de la région Centre-Val de Loire tant que la population sera empêchée de consulter et de se voir proposer un médecin référent.
Il s’agit également pour l’Etat  de prendre les dispositions permettant de rétablir les permanences de garde médicale, les soirs et weekends puisque aucune solution ne s’offre aux Loirétains.
Le Collectif de soutien du CHAM  » Notre hôpital, notre santé on y tient  » poursuit sa mobilisation sur l’Est du Loiret pour faire valoir le droit fondamental à être soigné et à vivre en bonne santé. Cette lutte est rendue nécessaire, plus que jamais, alors que nos hôpitaux de proximité restent menacés ou sont fermés du jour au lendemain. C’est le cas du service de médecine de l’hôpital de Neuville-aux-Bois pour lequel l’Agence Régionale  de Santé se veut rassurante, en indiquant qu’il s’agit d’une mesure de fermeture temporaire de six mois du fait d’un manque d’effectif infirmiers. Mais nous savons bien ce qu’il en est, malheureusement. Par un effet dramatique  de jeux de dominos, nos établissements publics de santé sont regroupés, fusionnés, sans qu’il n’y ait aucune volonté politique de préserver et réparer la casse.
Arrêtons de subir, le temps est à la mobilisation citoyenne !