Après 52 jours de grève à l’hôpital de Trinité, à la Martinique, les syndicats suspendent le mouvement mais restent mobilisés pour que les décisions prises soient appliquées par la direction et l’ARS

TRACT BILAN DE LA GREVE JUIL 2018-1

Bourgogne Franche Comté : les décisions de la rencontre régionale

NOTRE SANTÉ NOUS APPARTIENT.

Les choix restrictifs de l’État et des ses agences (ARS) et les projets régionaux de santé (PRS) ne répondent pas aux besoins des personnes et des territoires et n’empêchent pas la catastrophe sanitaire qui vient, au contraire !

Lors de sa Rencontre régionale d’Arc les Gray le 21 mars, la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité a réuni une dizaine de comités de Bourgogne Franche Comté et a évoqué le cas d’une trentaine de localités (fiche récapitulative des problèmes de santé ci-jointe). La désertification médicale forte dans notre région, et particulièrement dans les départements de l’Yonne, de la Nièvre, du Jura et de la Haute Saône, a été pointée du doigt. Hormis la proximité des deux CHU de Dijon et Besançon, toute la région manque de médecins généralistes et spécialistes.

Parmi d’autres décisions de regroupement et d’actions :

1- volonté de rencontrer l’ARS avec une délégation commune des comités et d’élus qui les soutiennent

2- volonté de rencontrer la Région de BFC avec une délégation commune des comités et d’élus qui les soutiennent

3- URGENT : appel à toutes les collectivités, associations, syndicats… à refuser le Plan Régional de Santé (PRS) au nom de 3 raisons majeures:

– Il ne met pas au premier plan le  Respect de l’égalité des personnes et des territoires pour une santé de qualité et de proximité. Nos besoins doivent primer face aux considérations administratives et financières et à la gestion de la pénurie en personnels.
Il continue à détruire nos structures sanitaires en fermant ou  réduisant des services (6 urgences par exemple en BFC !) : nous demandons l’Arrêt de toutes les fermetures de services et le renforcement des sites hospitaliers de proximité, pour mieux répondre aux besoins des populations. La proximité est pour nous un gage de qualité, de sécurité,d’économie et de choix écologique (limitation des déplacements) et la garantie d’une santé plus humaine car plus proche des personnes.
Il ne fait pratiquement rien pour Revoir la démographie médicale et pour contrer la désertification car il ne met pas en cause le numerus clausus et la liberté d’installation pour placer les professionnels là où il y a des besoins en postes vacants dans les hôpitaux ou dans les territoires.

Comme partout en France les PRS,même s’ils présentent des aspects positifs ou intéressants, ne répondent pas aux vrais besoins de la santé des populations et des territoires.

4- URGENT : appel à tous les membres des Conseils de Surveillance de contester la mauvaise politique sanitaire et les mauvais choix concernant leurs établissements en boycottant l’institution ou en s’en servant pour populariser nos demandes. Certes ces Conseils depuis la loi Bachelot ne disposent plus de vrais pouvoirs décisionnels, mais si on bloque leur tenue, nous avons en nos mains un bel outil de dénonciation médiatique. Nos amis de l’hôpital de Gray, en ne réunissant pas leur Conseil de surveillance, gênent considérablement l’institution et surtout font mieux passer leur message. Bravo à eux.

résultats questionnaire : Brest octobre 2017

Résultats de l’enquête menée sur l’Hôpital Public à Brest
à partir d’un questionnaire

La méthode :

Il s’agit d’un questionnaire assez complet, peut-être trop complexe, de plus d’une vingtaine de questions qui demandait un temps assez long pour être rempli. Sa diffusion a été de plusieurs centaines, une centaine de questionnaires remplis ont été collectés malgré nos moyens limités. Ils abordent les thèmes de l’égalité d’accès à la santé, de la proximité, des personnels de santé, de la démocratie ainsi que les pathologies liées au vieillissement et à la perte d’autonomie.
Outre que cette enquête de terrain a favorisé de nombreuses discussions soit à l’entrée de l’hôpital, soit sur les marchés, ou dans la rue avec les usagers de la Santé, elle a permis de recueillir des témoignages. Si le panel limité n’en fait pas un sondage à valeur scientifique, il n’en permet pas moins de dégager de grandes tendances présentes dans la population sur les questions de santé qui apparaissent parmi les principales préoccupations de nos concitoyen.ne.s

1 – Égalité d’accès à la santé

1.1 : Remboursement à 100% de tous les frais médicaux  : 82 % sont plutôt d’accord.

1.2 : Suppression du forfait hospitalier : 69 % sont plutôt d’accord.

1.3 : Il est normal que les patients participent financièrement aux frais de santé : seulement 20 % sont plutôt d’accord.

1.4 : On ne peut pas « offrir à tous » des traitements très coûteux : 75 % ne sont plutôt pas d’accord.

1.5 : Il faut bien tenir compte des coûts : 33% sont plutôt d’accord, contre 51 % plutôt en désaccord.
1.6 : L’État doit contrôler le prix des médicaments et du matériel médical : 87 % sont plutôt d’accord.

2 – Proximité : La loi Touraine organise les soins dans le cadre des GHT

2.1 : Pour tous les soins qui ne nécessitent pas une compétence ou
un équipement exceptionnel

Je préfère un établissement proche de chez moi : 82 % sont plutôt d’accord.
Je préfère me rendre au CHU (Brest) : 48 % sont plutôt d’accord, 21 % plutôt en désaccord.
2.2 : Il est normal de regrouper les spécialités dans un grand centre hospitalier : 52 % sont plutôt d’accord et 29 % plutôt en désaccord.

2.3 : On ne devrait pas imposer de longs déplacements

– Au malade : 89 % sont plutôt d’accord.
– A la famille : 80 % sont plutôt d’accord.

3 – Les personnels de santé

3.1 : Leurs conditions de travail sont dégradées : 92 % sont plutôt d’accord

3.2 : La qualité des soins dépend aussi des conditions de travail des personnels : 100 % sont plutôt d’accord.

3.3 : Leur travail n’est pas assez reconnu : 95 % sont plutôt d’accord.

3.4 : Le statut public est une garantie pour les patients : 85 % sont plutôt d’accord

4 – Santé et Démocratie

4.1 : la loi Bachelot diminuait le rôle des élus locaux, la loi Touraine va encore plus loin avec les GHT.
Il faudrait renforcer leur rôle : 48 % sont plutôt d’accord mais 34 % ne savent pas.

4.2 : Les personnels hospitaliers sont en 1ère ligne pour évaluer les services, Ils devraient pouvoir intervenir dans les choix de fonctionnement : 92 % sont plutôt d’accord.

4.3 La voix des patients et des familles doit être davantage entendue : 89 % sont plutôt d’accord.

5 – Les Pathologies liées au vieillissement et à la perte d’autonomie sont des problèmes médicaux.

5.1 : Tous les frais médicaux (y compris appareillage) doivent être pris en charge par la Sécurité Sociale : 92 % sont plutôt d’accord.

5.2 : les autres frais relèvent de la solidarité nationale. Il est anormal qu’ils pèsent sur le patrimoine, les enfants,
voire les petits-enfants : 70 % sont plutôt d’accord, 19 % plutôt en désaccord, le reste ne sait pas.
5.3 : Le secteur de santé public doit jouer son rôle dans ce domaine : 96 % sont plutôt d’accord.

Conclusion :

Certaines questions n’étaient pas évidentes ou un peu complexes sur les GHT par exemple.
Si l’on s’en tient aux réponses qui ont obtenu plus de 80%, cela dessine un choix de société avec une place bien particulière de la Santé :

Une Santé où les frais médicaux sont remboursés à 100 %,
Une Santé avec un État qui contrôle le prix des médicaments et du matériel médical,
Une santé qui privilégie la proximité et refuse les longs déplacements aux malades et à leur familles,
Une Santé avec de meilleures conditions de travail pour un personnel reconnu, est un gage de meilleure qualité des soins, le statut public une garantie pour les patients,
Une Santé dans laquelle les voix des personnels hospitaliers, des patients et de leurs famille soient davantage entendues,
Une Santé dans laquelle les pathologies liées au vieillissement et à la perte d’autonomie relève du secteur de santé public et d’une prise en charge par la Sécurité Sociale.

Notre association, le Collectif Brestois de défense de l’Hôpital Public entend s’appuyer sur ces résultats pour poursuivre son travail afin de faire converger les intérêts communs des usagers comme des travailleurs de la Santé.

Collectif Brestois de défense de l’Hôpital Public
Espace Associatif de Pen Ar Creach, 6 rue de Pen Ar Creach 29200 Brest
collectifhopitalbrest @ gmail.com

Les communiqués de 2008

9 février 2008 : Soutien au comité de BELLEY qui exige une réelle démocratie sanitaire
2 mars 2008 : Le directeur du CH de Clamecy retenu par les manifestants
26 mars 2008 : Clamecy – Défense de l’accès aux soins pour tous
31 mars 2008 : Clamecy – Chirurgie – Menace de fermeture imminente
20 mai 2008 : Défense des maternité -Appel national à manifester devant les BLUETS
22 mai 2008 : Bilan du rassemblement national du 20 mai devant les BLUETS

Communiqué du 22 avril 2016 : Démocratie ou démagogie ?

Si la loi de modernisation de notre système de santé s’est construite dans la plus grande opacité, notamment pour ce qui concerne la rédaction de son article 107 portant création des groupements hospitaliers de territoire, depuis son vote le 17
décembre dernier, des comités fleurissent à l’initiative du Ministère.
Pour la CN ces structures sanitaires de concertation bafouent la démocratie et contribuent à réduire le poids essentiel des
principaux intéressés, les usagers-citoyens, les élus locaux et les personnels de santé.